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Article de revue

Faire la ville en commun, faire recherche en habitant

Pages 188 à 197

Citer cet article


(2018). Faire la ville en commun, faire recherche en habitant. Agencements, 1(1), 188-197. https://doi.org/10.3917/agen.001.0188.

« Faire la ville en commun, faire recherche en habitant ». Agencements, 2018/1 N° 1, 2018. p.188-197. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-agencements-2018-1-page-188?lang=fr.

2018. Faire la ville en commun, faire recherche en habitant. Agencements, 2018/1 N° 1, p.188-197. DOI : 10.3917/agen.001.0188. URL : https://shs.cairn.info/revue-agencements-2018-1-page-188?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/agen.001.0188


Notes

  • [1]
    Anne Querrien, L’école mutuelle : une pédagogie trop efficace ?
  • [2]
    Patrick Boumard, Les savants de l’intérieur.

Un dispositif de recherche-action dans la ville de Saint-Denis et dans des territoires du Nord de Paris

1 Cette proposition de recherche a été lauréate de l’Appel à projets recherche 2018 interne à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis et bénéficiera d’un financement de 2500 euros pendant trois années. Elle associe Christophe Blanchard (maître de conférences en sciences de l’éducation, Experice – Université Paris 13), Martine Bodineau (docteure en sciences de l’éducation, Experice – Université Paris 8), Luiza Helena Dalpiaz (chercheuse titulaire en sciences de l’éducation, Universidade do Oeste de Santa Catarina, Brésil), Étienne Delprat (docteur en Art et Sciences de l’art, collectif ya+k), Pascal Nicolas-Le Strat (professeur en sciences de l’éducation, Experice – Université Paris 8), Louis Staritzky (doctorant, Experice – Université Paris 8).

2 Notre proposition concerne le développement à l’échelle de trois années d’un dispositif de recherche-action à Saint-Denis et, progressivement, dans d’autres territoires du Nord de Paris. Plusieurs membres de notre équipe sont déjà fortement impliqué-es dans des recherches, des interventions et des expérimentations dans ces territoires, menées en collaboration avec des collectifs citoyens, en particulier dans le cadre du réseau des Fabriques de sociologie 93, créé avec le soutien de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord. Nous souhaitons franchir une étape dans notre dynamique de travail en l’inscrivant dans la durée et en développant les outils méthodologiques nécessaires.

3 La recherche-action représente un « instrument » démocratique indispensable pour ces territoires populaires confrontés à des questions sociales et politiques d’ampleur. Elle correspond aussi à une attente politique forte chez des habitants et des citoyens mobilisé-es qui n’acceptent plus que les décisions urbaines se prennent « sans eux ». Nous concevons ce dispositif de recherche-action comme un soutien aux dynamiques de capacitation qui se font jour dans les quartiers populaires.

4 Selon le principe d’une école mutuelle [1], nous souhaitons créer un espace de co-élaboration entre acteurs et chercheurs au sein duquel ceux qui ont « fait expérience » ont la possibilité de l’élaborer et de la transmettre, les expériences pouvant alors s’enrichir réciproquement et s’étayer méthodologiquement et théoriquement. Ce type d’« espace mutuel », co-conçu entre acteur-es et chercheur-es, pourra être développé au croisement de plusieurs initiatives collectives, et constituer progressivement une réelle ressource démocratique pour le territoire concerné. Il renforcera l’expertise de ces « savants de l’intérieur » que sont les différents collectifs citoyens [2], trop souvent oubliés par les décideurs publics ou consultés sur un mode très artificiel.

5 Notre premier « terrain » sera le centre-ville de Saint-Denis, un territoire où plusieurs membres de l’équipe ont déjà noué de solides coopérations de recherche. Notre dispositif pourra être engagé également dans d’autres territoires du Nord de Paris. Un premier contact a été pris avec la ville de Gennevilliers à propos de la capacité à « faire commun » dans une ville populaire. Un des membres de l’équipe développe une intervention depuis plusieurs années dans un quartier populaire de Bagnolet.

6 Sur le plan de la recherche, cette expérimentation « grandeur nature », sur plusieurs années, contribuera à approfondir les outils conceptuels et méthodologiques des recherches situées et impliquées, développées en coopération. Elle permettra aussi de mettre au point des outils numériques collaboratifs adaptés à une démarche de recherche en sciences sociales.

Un contexte : l’introduction dans le laboratoire Experice d’une nouvelle thématique structurante : « Territoires en expérience »

7 Dans le cadre de l’évaluation HCERES, le laboratoire EXPERICE (Sous co-tutelle Paris 13 et Paris 8, le laboratoire est évalué en vague D) a retenu une nouvelle thématique structurante « Territoires en expérience ». Commune aux deux équipes, elle est coordonnée par Pascal Nicolas-Le Strat, professeur, responsable de l’équipe Experice Paris 8, et Christophe Blanchard, maître de conférences, Experice Paris 13.

8 Deux objectifs ont motivé l’introduction de cette nouvelle thématique. Il s’agit d’étudier les territoires à partir de l’expérience que les habitants et citoyens en développent et à partir des initiatives collectives qu’ils prennent pour contribuer à leur fabrication. Le territoire est donc principalement abordé comme un espace d’expérimentation et d’apprentissage, propice au développement et à l’émancipation d’une « capacitation » citoyenne. Cette approche s’inscrit dans les orientations épistémologiques et méthodologiques du laboratoire Experice qui met au centre de son projet scientifique l’étude des dimensions éducatives et formatives des pratiques sociales (cf. Le colloque international « Pratiques sociales et apprentissages » organisé en juin 2017). À l’occasion de l’introduction de cette nouvelle thématique structurante, le laboratoire souhaite renforcer sa présence de recherche dans des territoires du Nord de Paris, en particulier à Saint-Denis, en valorisant des dynamiques de recherche-action et en développant des interventions collectives associant des chercheur-es d’horizons disciplinaires différents.

9 Notre réponse à l’Appel à projet 2018, de type C (Projet collectif de recherche exploratoire, priorité étant donnée à ceux mettant en valeur leur caractère innovant), s’inscrit donc dans l’ouverture de cette nouvelle orientation de recherche au sein du laboratoire Experice. Elle profite d’acquis importants du laboratoire sur le plan des pratiques d’intervention (analyse institutionnelle, socianalyse, recherche impliquée et située), des recherches coproduites avec les personnes concernées, des éducations émancipatrices (éducation populaire politique) et des approches décoloniales (en particulier dans le rapport aux quartiers populaires).

10 Tout au long de l’avancée du projet, nous sensibiliserons les décideurs publics à l’intérêt d’« équiper » les territoires avec des dispositifs de recherche-action, dans une visée de capacitation citoyenne. Nous travaillerons à la transférabilité de l’expérience.

Des antériorités d’intervention à Saint-Denis et dans des territoires du Nord de Paris

11 De solides jalons ont déjà été posés, en particulier à Saint-Denis, qui devraient faciliter le développement de ce dispositif de recherche-action. L’équipe réunie autour de ce projet a déjà travaillé ensemble dans le cadre d’un atelier labellisé Campus Condorcet (appel à projets 2017) et d’un séminaire soutenu par la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord (appels à projets 2016 et 2017).

12 La première initiative « Fabriquer la ville “en-commun”. Des collectifs d’artistes et/ou d’architectes en recherche de nouvelles écritures urbaines » (atelier Campus Condorcet) a permis d’associer des créateurs (artistes, architectes) et des chercheurs en sciences sociales autour d’une réflexion commune : comment expérimenter une nouvelle écriture de la ville contemporaine à partir des expériences émergentes de « communs urbains » ? Nous nous sommes attachés à documenter ces expériences afin de favoriser leur mise en discussion.

13 La deuxième « Faire la ville : le rôle des collectifs autonomes dans l’invention d’un nouvel en-commun » (MSH Paris Nord) a permis de co-élaborer un séminaire de recherche avec des « collectifs autonomes » (des initiatives citoyennes et habitantes lancées de manière indépendante) engagés sur les territoires de la Seine-Saint-Denis. Ces collectifs, eux aussi, fabriquent la ville. Leurs contributions ne sont pas suffisamment connues et reconnues. Ils sont porteurs d’un nouvel idéal du « commun » et défendent une conception de la ville plus égalitaire et démocratique – une ville qui s’expérimente et s’invente en commun. Ils explorent de nouvelles manières de penser et de vivre la ville, en se décalant par rapport aux institutions publiques et en explorant des langages, des imaginaires et des pratiques à distance ou en rupture par rapport aux normes habituelles de la décision publique et des politiques urbaines.

14 À la suite de ces deux initiatives, nous avons ouvert un site comme-une-ville.net qui contribue à « équiper » nos interventions en favorisant l’inter-connaissance des recherches et des expérimentations, et en contribuant à les documenter théoriquement et méthodologiquement.

15 Enfin, nos projets de recherche-action à Saint-Denis bénéficient de la solide expérience des Fabriques de sociologie 93, initiées en 2012 par Martine Bodineau (militante de quartier à Saint-Denis, docteure en sciences de l’éducation) et Pascal Nicolas-Le Strat, avec le soutien de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord. Deux autres membres de l’équipe s’y sont associé : Étienne Delprat (architecte, docteur en Art et Sciences de l’art) et Louis Staritzky (doctorant). Les Fabriques de sociologie représentent un espace d’échange entre praticiens-chercheurs, militants et professionnels. Au sein de ce réseau, nous avons documenté les manières de faire recherche en commun, à l’échelle de territoires, dans le cadre de projets ou au sein d’institutions. Cet effort d’actualisation de la recherche-action, d’ouverture aux enjeux de coopération avec les personnes concernées et de « capacitation » citoyenne a déjà produit un riche corpus, proposé en libre accès sur le site fabriquesdesociologie.net.

Une attente des collectifs citoyens de Saint-Denis. Des collaborations engagées

16 À l’occasion de premières collaborations engagées ces dernières années avec des collectifs de citoyens et d’habitants, en particulier dans le cadre des Fabriques de sociologie 93, nous avons constaté une forte attente envers les apports d’une recherche en sciences sociales et l’engagement des Universités présentes sur le territoire, en particulier bien sûr Paris 8. Les enjeux de cette collaboration entre chercheurs, habitants et militants associatifs prennent une acuité particulière dans le contexte de l’opération en cours de rénovation du centre-ville Basilique. Inscrite dans le cadre du NPNRU (nouveau programme national de rénovation urbaine), cette opération est portée par la Communauté d’agglomération Plaine Commune et la ville de Saint-Denis, en lien avec les bailleurs dont Plaine Commune Habitat.

17 Nous avons noué des premières relations de travail avec plusieurs lieux et collectifs :

  • le jardin partagé du collectif « Haguette ». Il a été ouvert sur un délaissé urbain, situé à deux pas de la Basilique, après la destruction de garages vétustes. Le collectif d’habitants revendique des espaces de respiration au sein d’un centre-ville très densément bâti – des espaces qui favorisent les rencontres et la convivialité et qui valorisent les initiatives autonomes des citoyens et la prise d’initiative politique « par le bas ». Une banderole apposée sur le mur du jardin affiche la volonté de : « Faire la ville en commun ».
  • le Centre social coopératif porté par l’association « Coopérence » (Manufacture Socio-éducative pour une transformation sociale et solidaire des territoires). Il s’agit de la première expérience en France d’un Centre social créé sous statut coopératif (une SCIC). Lors d’une délibération de son conseil municipal, au mois de décembre, la ville de Saint-Denis a officialisé son engagement dans le projet. Cette expérimentation locale propose d’associer aux missions classiques des centres sociaux (sociales, éducatives et culturelles) une dimension économique pour « permettre à une communauté d’habitants et de familles de se saisir des enjeux sociaux et économiques de leur territoire et d’y co-construire des réponses adaptées ».
  • l’espace d’expérimentation artistique sociale et urbaine « Maison Jaune », animé par l’artiste Julia Lopez Mesa. Située sur la dalle de l’îlot 8 de la « ZAC Basilique », la « Maison jaune » se définit comme « un lieu pour agir et devenir acteurs de la construction de son quartier ».
  • le « 60 Adada » se présente comme un laboratoire d’expérimentation artistique avec la volonté de concevoir ce projet « en prise avec le territoire, ses habitants, l’époque et ses enjeux ». Il occupe une ancienne boutique désaffectée au 60 rue Gabriel Péri, propriété de la Ville de Saint-Denis.

19 Sur les réseaux sociaux : facebook : Haguette Jardin

20 En ligne : cscooperence.website.majeeko.com

21 Sur les réseaux sociaux : facebook : maison jaune - saint-denis

22 En ligne : 60adada.org

23 Des premiers échanges ont été engagés fin 2017 avec deux collectifs en constitution :

  • un collectif d’habitants riverains de la place des Tilleuls (rue de la République), qui propose de s’engager dans une réflexion sur l’espace public et un projet citoyen d’aménagement de la place. Ce collectif ouvre en particulier une réflexion politique sur la co-habitation des usages au sein des espaces publics.
  • le collectif des habitants de la ZAC, qui se crée à l’occasion de la rénovation urbaine de la ZAC Basilique, en lien avec des membres du Conseil citoyen du centre-ville. Ces habitants veulent faire valoir leur « savoir et expertise » d’usage afin que la rénovation ne se fasse pas « sans eux ».

Avec la recherche-action et au-delà : une « permanence de recherche ». Une démarche citoyenne et scientifique innovante

25 Nous pensons que les conditions sont réunies aujourd’hui à Saint-Denis pour développer, dans une filiation de recherche-action, une forme de « permanence de recherche », en affinité avec ce que Patrick Bouchain et Sophie Ricard nomment « permanence architecturale ». « La pratique de la permanence architecturale cherche à se familiariser avec les lieux. L’architecte tend à y devenir un habitant familier, ordinaire. Et la vision territoriale induite est toute autre : elle est celle d’un terrain en perpétuel mouvement, façonné par ses habitants, à petite ou grande échelle » [Édith Hallauer, « Habiter en construisant, construire en habitant : la “permanence architecturale”, outil de développement urbain ? »]. Dans la période d’émergence de la politique de la ville (années 80 et 90) des expériences similaires ont été tentées par des sociologues, en particulier une expérience à Marseille, que Michel Anselme restitue dans son ouvrage Du bruit à la parole – La scène politique des cités, qui a vu une équipe de chercheur-es rester au travail, en « résidence », dans un quartier pendant plusieurs mois en y ouvrant un lieu-atelier où les habitants pouvaient venir présenter et discuter la réhabilitation de leur logement. Ce type d’expérimentation s’est affaibli avec la forte institutionnalisation des politiques publiques. La revendication actuelle d’un « pouvoir d’agir citoyen » en rouvre la possibilité [Marie-Hélène Bacqué et Mohamed Mechmache, Ça ne se fera plus sans nous. Citoyenneté et pouvoir d’agir dans les quartiers populaires].

26 Notre approche s’inscrit résolument dans une conception de la recherche conduite en coopération, avec l’objectif de l’établir dans la durée au sein d’un territoire et, ainsi, de contribuer à son « équipement » démocratique. Cette « permanence » de la recherche nous semble indispensable pour co-produire véritablement avec les personnes concernées. Étienne Delprat et son collectif YA+K ont installé leur activité dans un quartier populaire de Bagnolet et y interviennent en collaboration avec un Centre social en créant, par exemple, un espace de jardinage et de socialité et en développant un lieu d’échange autour du bricolage et de la fabrication d’objets dans une culture du faire soi-même. Martine Bodineau et Pascal Nicolas-Le Strat vivent à Saint-Denis et articulent donc leur expérience de chercheur-e avec leur expérience d’habitant-e. Louis Staritzky, dans le cadre de sa recherche doctorale, mobilise aussi son territoire de vie comme terrain de recherche. « Faire recherche en habitant » concerne donc aussi les chercheurs. Ces formes d’implication du chercheur font partie des orientations épistémologiques et méthodologiques du laboratoire Experice. Elles ont été solidement théorisées à partir d’une longue pratique de l’intervention (les approches socianalytiques, par exemple).

Une équipe pluridisciplinaire. Un dispositif de formation à la recherche et par la recherche. Des perspectives internationales. Principales publications en appui.

27 Le dispositif que nous proposons possède une forte dimension formative tant pour les citoyen-nes impliqué-es que pour les chercheur-es. Nous associerons à notre démarche des étudiant-es de Master en lien avec l’atelier CréaTIC « Ancrage dans le territoire » animé par Martine Bodineau et Pascal Nicolas-Le Strat. Cet atelier propose aux étudiants une expérience de recherche-action en lien avec des acteurs de la ville de Saint-Denis. Des doctorant-es intégreront le dispositif et pourront y développer un « terrain » pour leur thèse, comme le fait Louis Staritzky en s’associant au noyau constitutif du projet.

28 Ce dispositif valorise les expériences collectives et contribue à leur inter-connaissance au sein du territoire concerné mais aussi, plus largement, en favorisant des mises en réseau et des rencontres. Le renforcement du pouvoir d’agir des citoyens au sein des quartiers populaires, dans une visée d’émancipation, est une question qui émerge dans de nombreuses géopolitiques ; nous souhaitons confronter nos démarches en Seine-Saint-Denis avec d’autres expériences tentées dans d’autres contextes. La participation de Luiza Helena Dalpiaz (Universidade do Oeste de Santa Catarina, Brésil) au noyau constitutif de notre équipe contribuera à stimuler cette dynamique.

L’agenda de la recherche

29 Au cours de l’année 2018, nous envisageons trois rencontres associant les chercheur-es et les acteur-es des collectifs avec l’objectif de renforcer l’interconnaissance et l’inter-reconnaissance des expériences sur le territoire de la ville de Saint-Denis. Nous considérons que chaque expérience constitue un « site de problématisation » [Michel Callon, Pierre Lascoumes et Yannick Barthe, Agir dans un monde incertain (Essai sur la démocratie technique)] propice à l’élaboration des questions de recherche, à la formulation de savoirs communs et à l’approfondissement des méthodes et concepts utiles à une action émancipatrice.

30 Au cours de cette première année, nous nous associerons plus étroitement au travail de deux collectifs afin d’entrer concrètement avec eux dans une dynamique de recherche-action.

31 Pendant l’année 2019, nous poursuivrons et élargirons ces deux orientations. Nous installerons également des outils mutualisés. Nous souhaitons développer des outils numériques collaboratifs. Se pose aussi à nous la question de disposer d’un lieu physique pour implanter durablement nos interventions dans le territoire. Nous pouvons envisager d’intégrer les locaux d’un des collectifs ou de négocier avec la Collectivité locale la mise à disposition d’un espace. Avec Étienne Delprat, qui dispose d’une riche expérience de conception et de fabrication d’outils d’intervention mobiles, nous pouvons envisager d’aménager une caravane qui nous servirait alors d’appui technique et de repère symbolique pour agir au plus près des initiatives au sein du territoire.

32 Au cours de cette deuxième année, nous espérons ouvrir un chantier de recherche-action dans un autre quartier populaire de la Seine-Saint-Denis.

33 Nous prévoyons l’organisation de deux Journées d’étude nationales centrées sur des expériences de recherche-action et de recherches collaboratives. Ces journées associeront des équipes-projet et des habitant-es concerné-es.

34 L’année 2020 verra ces orientations se stabiliser, et nous continue rons à en tirer les enseignements et d’en valoriser les résultats. Nous prévoyons la publication d’un ouvrage collectif ; un éditeur, Les éditions du commun, se montre dès à présent intéressé et nous accompagnera sur le plan éditorial. Nous prévoyons deux Journées d’étude internationales, avec la participation d’habitant-es concerné-es. L’ouvrage collectif, les Journées d’étude nationales (2019) et les Journées d’étude internationales (2020) contribueront à la mise en discussion de ces pratiques de recherche-action, de recherches collaboratives et de capacitation citoyenne au sein de la communauté scientifique en interaction étroite avec les acteurs citoyens et les acteurs institutionnels concernés (Collectivités territoriales).


Date de mise en ligne : 03/10/2022

https://doi.org/10.3917/agen.001.0188