Familles de disparu.e.s en deuil et en lutte : aperçus des deux derniers moments de CommémorAction en Tunisie
Commémorer et agir contre les frontières meurtrières
Pages 87 à 91
Citer cet article
- BISIAUX, Sophie-Anne,
- COSTA, Martina
- et ZAGARIA, Valentina,
- Bisiaux, Sophie-Anne.,
- et al.
- Bisiaux, S.-A.,
- Costa, M.
- et Zagaria, V.
https://doi.org/10.3917/aem.006.0087
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- Bisiaux, S.-A.,
- Costa, M.
- et Zagaria, V.
- Bisiaux, Sophie-Anne.,
- et al.
- BISIAUX, Sophie-Anne,
- COSTA, Martina
- et ZAGARIA, Valentina,
https://doi.org/10.3917/aem.006.0087
Notes
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- (2)C’est dans l’esprit de rompre avec l’anonymat des chiffres et d’offrir de l’espace aux histoires et revendications des proches de disparu.e.s que le projet militant « Missing at the Borders » a été créé (https://missingattheborders.org/fr/), ainsi que le slogan « #say their names » qui a été lancé par le réseau Alarm Phone après le naufrage du 9 février 2020 (https://alarmphone.org/en/2021/02/09/commemoraction-91-people/) et repris depuis dans plusieurs manifestations.
- (3)
- (4)De fait, ces deux dernières années, de plus en plus de personnes d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale ont disparu au large des côtes tunisiennes. D’après les chiffres de l’association tunisienne FTDES (Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux), 581 personnes péri le long de la route tunisienne en 2022 et celle-ci est de plus en plus fréquentée par des personnes non-tunisiennes.
- (5)Chant spontané lors d’un moment de convivialité pendant la Grande CommémorAction de Zarzis, septembre 2022.
- (6)
- (7)
- (8)
- (9)
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- (11)« Migrer pour vivre, pas pour mourir ! » était un slogan important pendant cette manifestation.
- (12)
- (13)Les violences et manœuvres meurtrières de la Garde nationale maritime tunisienne envers les personnes migrantes ont été dénoncées par la société civile tunisienne et européenne en décembre. 2022: https://ftdes.net/politiques-meurtrieres-en-mediterranee-pour-que-cessent-ces-naufrages-consciemment-provoques-au-large-de-la-tunisie/
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« Avec notre terme CommémorAction, nous faisons une double promesse : celle de ne pas oublier celles et ceux qui ont perdu la vie et celle de lutter contre les frontières qui les ont tué.e.s. »
Au cours des trois dernières décennies, la facilitation de la mobilité pour les ressortissant.e.s des États membres de l’UE, avec la création de l’espace Schengen, s’est accompagnée d’une fermeture et d’une sécurisation progressive des frontières pour les personnes en provenance du Sud. Ce que beaucoup nomment « la militarisation des frontières » – qu’elles soient terrestres ou maritimes – a eu une conséquence prévisible : la mobilité sûre et régulière est devenue le privilège de quelques-un.e.s, tandis que les autres sont forcé.e.s d’emprunter des parcours migratoires de plus en plus dangereux. D’après les chiffres de l’Organisation mondiale pour les migrations (OIM), depuis 2014 plus de 25 000 personnes ont disparu en Méditerranée. Ces chiffres, on le sait, sous-estiment la réalité, ne tenant pas compte de tous les naufrages invisibles. Si compter est nécessaire pour mesurer l’ampleur de ce cimetière qu’est devenue la Méditerranée au cours des dernières années, ce que les chiffres taisent, c’est que derrière chaque numéro il existe un nom, un prénom, un être de chair, une histoire individuelle, une vie brisée et aussi une famille et des proches endeuillés.
Depuis plusieurs années, des actions commémoratives, qu’elles soient de petite ou de grande envergure, sont devenues des événements transfrontaliers et transnationaux réguliers, qui ont donné naissance à une communauté de personnes en deuil luttant contre la violence des frontières…
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