Article de revue

« Faire entendre cette humanité »

Pages 134 à 141

Citer cet article


  • Entretien de Aidara, A.,
  • avec Bachelier, S.
(2018). « Faire entendre cette humanité » Africultures, 106(1), 134-141. https://doi.org/10.3917/afcul.106.0134.

  • Entretien de Aidara, Aminata.,
  • et al.
« “Faire entendre cette humanité” ». Africultures, 2018/1 N° 106, 2018. p.134-141. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-africultures-2018-1-page-134?lang=fr.

  • Entretien de AIDARA, Aminata,
  • avec BACHELIER, Sophie,
2018. « Faire entendre cette humanité » Africultures, 2018/1 N° 106, p.134-141. DOI : 10.3917/afcul.106.0134. URL : https://shs.cairn.info/revue-africultures-2018-1-page-134?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/afcul.106.0134


Notes

  • [1]
    United Nations High Commissioner for Refugees.
  • [2]
    Organisation mondiale de l’immigration.
  • [3]
    Film documentaire réalisé en 2014, qui retrace le parcours de survivants de camps de tortures situés, dans le nord-est du Sinaï, une région devenue le théâtre d’un gigantesque trafic d’êtres humains. Ces jeunes Érythréens, fuyant la dictature, y sont déportés et torturés, jusqu’au paiement d’une rançon exorbitante.

La photographe et réalisatrice Sophie Bachelier recueille les témoignages poignants de ceux qui bravent les frontières pour une vie meilleure, et de celles, épouses ou mères, restées seules au pays. Retour sur ses deux films documentaires, Choucha, une insondable indifférence, sorti en 2016, et Mbëkk Mi, le souffle de l’océan, sorti en 2013.Africultures : Quelle est la traduction exacte de Mbëkk Mi ?Sophie Bachelier : En wolof, « mbëkk mi » est devenue une expression populaire, qui désigne l’immigration clandestine. Mbëkk Mi, c’est la pirogue qui cogne les vagues de l’océan. C’est aussi la référence au bélier, qui avance tête baissée. D’une manière plus générale, cela signifie « affronter la vie ».Votre documentaire donne la voix aux mères et aux épouses des jeunes Sénégalais partis en pirogue, dans la force de l’âge, pour atteindre les côtes européennes. Comment est né ce projet ?
J’ai commencé à tourner en 2009-2010. Quelques années avant, en 2005, j’avais fait le montage d’un film – qui s’appelait Le Piège – d’un réalisateur et journaliste algérien, Djamel Benramdane, et de son acolyte, le photographe Kays Djilali. C’était des témoignages d’hommes et de femmes, qui se trouvaient coincés au Maghreb, avec l’impossibilité de remonter vers l’Europe, et l’impossibilité, pour qui le souhaitait, de retourner chez eux. Ils étaient coincés en Lybie, en Tunisie, au Maroc, partout au Maghreb. Ça a été un coup de poing. Je me suis dit que ce n’était pas possible que la situation soit si grave, et qu’on en soit si peu informés, à l’époque…


Date de mise en ligne : 15/06/2018

https://doi.org/10.3917/afcul.106.0134

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