Faire du musée un lieu de présentation des arts de résistance
Pages 196 à 199
Citer cet article
- SCHWARZ-BART, Jacques,
- Schwarz-Bart, Jacques.
- Schwarz-Bart, J.
https://doi.org/10.3917/afcul.091.0196
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- Schwarz-Bart, J.
- Schwarz-Bart, Jacques.
- SCHWARZ-BART, Jacques,
https://doi.org/10.3917/afcul.091.0196
Saxophoniste, compositeur, arrangeur, Jacques Schwarz-Bart explore les musiques nées de l’esclavage, et plus spécifiquement celles de résistance.
De l’esclavage ont surgi des formes d’expression qui marquent la vie moderne à l’échelle universelle : blues, gospel, jazz et puis rock et hip-hop aux États-Unis ; biguine, zouk et gwo ka dans les îles françaises ; calypso, reggae dans les îles anglaises ; samba, bossa nova, choro, maracatu au Brésil ; rumba, mambo, salsa et bata à Cuba. Exposer l’esclavage, c’est aussi présenter des figures de ces musiques sous forme de sommets ou de concerts de musiques nées dans les plantations, mais aussi sous forme d’exposition de différents styles musicaux avec des représentations plastiques, peintures, figurines habillées avec leurs instruments. Mais plus spécifiquement aujourd’hui, je voudrais mettre en avant les musiques que j’appelle les musiques de résistance. Ce sont les musiques qui n’étaient pas destinées aux maîtres mais aux esclaves eux-mêmes et qui étaient des actes de survie culturelle et spirituelle. Elles ont un contenu émotionnel poignant, souvent bouleversant, et souvent sous-tendu par une intention mystique qui crée un effet de dépassement de soi ou de transe. Le gwoka guadeloupéen, la musique vaudoue haïtienne, le bata cubain ou encore la musique gnawa au Maroc, sont des exemples saillants de musiques de résistance. Ces musiques ont été jugées maléfiques et dangereuses par les maîtres et les bons citoyens des sociétés esclavagistes et post-esclavagistes, en tant que témoignage de résistance et de courage face à l’oppression et à la négation de leur humanité…
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