Article de revue

L'Alliance française à Moroni : guichet unique pour la création

Pages 105 à 117

Citer cet article


  • Elbadawi, S.
(2011). L'Alliance française à Moroni : guichet unique pour la création. Africultures, 83(1), 105-117. https://doi.org/10.3917/afcul.083.0105.

  • Elbadawi, Soeuf.
« L'Alliance française à Moroni : guichet unique pour la création ». Africultures, 2011/1 n° 83, 2011. p.105-117. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-africultures-2011-1-page-105?lang=fr.

  • ELBADAWI, Soeuf,
2011. L'Alliance française à Moroni : guichet unique pour la création. Africultures, 2011/1 n° 83, p.105-117. DOI : 10.3917/afcul.083.0105. URL : https://shs.cairn.info/revue-africultures-2011-1-page-105?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/afcul.083.0105


Notes

  • [1]
    Mayotte, la quatrième île de l’archipel, est considérée comme « comorienne » par la communauté internationale, mais revendiquée « française » depuis 1975. L’île refoule désormais ceux qui se revendiquent de la partie non-française, à l’exception de ceux qui détiennent le sésame, un passeport français, une carte de séjour ou un visa d’entrée. Chaque année, la valse des expulsions s’organise de manière à amplifier les chiffres. Pour 2010, la préfecture de Mayotte envisageait d’expulser près de 25 000 Comoriens, considérés comme autant de « clandestins » sur un territoire que les Nations Unis considèrent comme leur. En octobre 2010, le préfet annonçait le chiffre de 20 700 reconduites déjà affichées au compteur. À force, Mayotte passe pour le champion français de la reconduite, sauf qu’il s’agit de gens expulsés sur un territoire que le droit international leur concède.
  • [2]
    « wabuwa wabaya » dixit un fou connu de la ville, qui en fait un bon mot très repris par les détracteurs du milieu culturel.
  • [3]
    Cf. article 8692 sur africultures.com (http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=8692), article p. 2 du quotidien en ligne Al-Watwan (http://www.alwatwan.net/pdf/02062009.pdf) et éditorial de la revue Mouvement sur le web (http://www.mouvement.fr/site.php?rub=2&id=042ffe091e7a178c)
  • [4]
    Cf. article alwatwan.net (http://www.alwatwan.net/pdf/03062009.pdf)

Incontournable pour les artistes depuis vingt ans, l’Alliance française à Moroni est seule à pouvoir accueillir des projets exigeants sur un territoire où n’existe aucune politique nationale dédiée à la création. Une situation exceptionnelle qui génère son lot d’ambiguïtés, dès lors qu’il s’agit d’évoquer la relation complexe qu’entretiennent ce pays et son ancienne puissance tutélaire. À la longue, cette maison vire vers l’interventionnisme culturel. Un exemple parmi d’autres.
Aucun autre lieu ne dispose des moyens de cette Alliance aux Comores. Située au nord de la capitale, dans un quartier populaire, Sanfili, également appelé « Hankunu » (« là où l’herbe pousse »), l’Alliance franco-comorienne de Moroni se présente sous la forme d’une grande bâtisse blanche, accueillant une bibliothèque, la plus riche en fond francophone du pays, des cours de langue, des conférences, des expositions et du spectacle vivant. L’Alliance, relevant du droit local depuis sa création en 1963, bien que réaffirmant sans cesse son identité française, fait office de centre culturel. Dirigée par un expatrié, avec la complicité d’un comité composé de gens du pays, l’institution ne répond en principe qu’aux injonctions de ses tutelles parisiennes.
La présence comorienne à son comité n’a longtemps satisfait, il est vrai, qu’au principe de politesse, admis dans les relations entre un pays déclaré souverain et son ancienne puissance colonisatrice. Les directeurs se succédant à sa tête ont toujours su rappeler aux artistes comoriens qu’au-delà d’u…


Date de mise en ligne : 22/12/2013

https://doi.org/10.3917/afcul.083.0105

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