À fleur de peau
Twelve Bar Blues, de Patrick Neate et Latitudes à la dérive, de Jamal Mahjoub
- Par Taïna Tervonen
Pages 234 à 235
Citer cet article
- TERVONEN, Taïna,
- Tervonen, Taïna.
- Tervonen, T.
https://doi.org/10.3917/afcul.072.0234
Citer cet article
- Tervonen, T.
- Tervonen, Taïna.
- TERVONEN, Taïna,
https://doi.org/10.3917/afcul.072.0234
Dans les romans de Jamal Mahjoub et Patrick Neate, les héroïnes cherchent leurs origines au son du jazz.
La littérature et le jazz ont toujours fait bon ménage. On pense à Jazz de Toni Morrison, à Jazz et vin de palme d’Emmanuel Dongala, à Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer de Dany Laferrière. Le jazz, c’est comme un bon roman : ça commence nulle part, ça affectionne les détours, et ça ne se termine jamais vraiment, la musique continuant sa course dans la tête de l’auditeur.
Mais il y a toujours la première note, la première phrase, celle qui ouvre le bal et impose l’écoute : « Le temps n’était que de l’air. » C’est ainsi que Jamal Mahjoub invite le lecteur à découvrir l’histoire de Jade : la quarantaine, une fille adolescente, une carrière d’architecte plutôt brillante, un divorce consommé sans regrets. Et, surtout, zéro complexe sur les origines là où une autre trouverait matière à tourments : mère immigrée des Caraïbes, père allemand déjà marié à une Anglaise bien comme il faut. Pour Jade, tout ça n’est que du détail, sa personne ne peut se résumer ni à une couleur de peau, ni à une généalogie.
Ce n’est pas comme l’héroïne de l’Anglais Patrick Neate dans Twelve Bar Blues : Sylvia, « prostituée à la retraite et chanteuse de jazz », née à Londres de parents blancs, avec une peau couleur caramel. Caprice de la nature ou preuve d’adultère ? Cette peau ne cesse de lui rappeler qu’elle est dépositaire d’une histoire qu’elle ignore. Faute de réponses, elle a appris à s’en accommoder, tant bien que mal…