« Les nouvelles d'aujourd'hui sont les guerres de demain »
Entretien avec Grace Ndiritu
- Par Jessica Oublié
Pages 154 à 157
Citer cet article
- OUBLIÉ, Jessica,
- Oublié, Jessica.
- Oublié, J.
https://doi.org/10.3917/afcul.071.0154
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- Oublié, J.
- Oublié, Jessica.
- OUBLIÉ, Jessica,
https://doi.org/10.3917/afcul.071.0154
Notes
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« Today’s news is tomorrow’s war ». Cette affirmation conclue l’œuvre vidéo de Grace Ndiritu « Desert Storm » (« Tempête du désert) réalisée en 2004.
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[1]
Grâce Ndiritu est née en 1976 à Birmingham. Dans tous ses films, elle essaye de transcender son propre point de vue eurocentré et de confronter le spectateur à ses préjugés en tentant de représenter la manière dont le point de vue des non-occidentaux est perçu. Grâce Ndiritu est représentée par la galerie madrilène Vacio9 et par la galerie londonienne Chisenhale Gallery : www.vacio9.com et www.chisenhale.org.uk.
Récemment (du 28 mars au 3 sept. 2007), « Absolut Native », « Desert Storm » et « Time » ont été présentées dans le cadre de l’exposition
« Même Heure, même endroit » à l’Abbaye de Maubuisson, à Saint-Ouen l’Aumône dans le Val d’Oise. -
[2]
Série de concerts qui a eu lieu en juillet 2005 dans les pays membres du G8. Le Live 8 coïncide avec le 20ème anniversaire du Live Aid. Cette campagne visait à faire pression sur les dirigeants des pays les plus riches pour qu’ils effacent la dette publique des pays les plus pauvres et augmentent leurs aides humanitaire et économique.
Révélé lors de la Biennale de Venise en 2005, aujourd’hui exposé internationalement, le travail de Grace Ndiritu mêle publicité, documentaire, média et musique dans le cadre d’un art de la performance vidéo. Son œuvre, intitulée « Time » (2004), s’ouvre sur une image fictive d’une couverture du magazine britannique du même nom. « Dans le monde d’aujourd’hui, la guerre est une construction autant médiatique que politique », affirme l’artiste. Rencontre.Vous êtes née à Birmingham et vivez actuellement à Londres. Vos parents sont d’origine kenyane. Comment votre travail est-il reçu en Grande Bretagne ?
J’ai étudié à la « Winchester School of Art » de Londres et à « De Ateliers » à Amsterdam. Depuis 2004, j’expose dans de nombreuses galeries londoniennes et vient de terminer une résidence aux studios Delfina de Londres. En 2005, j’ai participé à la 51e biennale de Venise. Pour autant, une partie de mon identité est confrontée aux stéréotypes négatifs que les médias perpétuent à propos des noirs en général. Certaines personnes au Royaume Uni ont déjà tenté de me classer parmi les artistes noirs britanniques. Mais je me bats pour faire respecter mon individualité. Pourquoi ne peuvent-elles m’accepter comme je suis, c’est-à-dire une artiste, un être humain ? C’est parfois insultant. J’appartiens à la classe ouvrière, mais par bonheur j’ai grandi dans un foyer ouvert au débat politique, aux différents styles de vie et de religion. Depuis mon plus jeune âge, je suis confrontée aux idées reçues sur les ghettos…
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