Article de revue

Lettres d'émigrés. Africains d'ici et d'ailleurs 1960-1995

Page 155

Citer cet article


  • Elbadawi, S.
(2004). Lettres d'émigrés. Africains d'ici et d'ailleurs 1960-1995. Africultures, 61(4), 155-155. https://doi.org/10.3917/afcul.061.0155.

  • Elbadawi, Soeuf.
« Lettres d'émigrés. Africains d'ici et d'ailleurs 1960-1995 ». Africultures, 2004/4 n° 61, 2004. p.155-155. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-africultures-2004-4-page-155?lang=fr.

  • ELBADAWI, Soeuf,
2004. Lettres d'émigrés. Africains d'ici et d'ailleurs 1960-1995. Africultures, 2004/4 n° 61, p.155-155. DOI : 10.3917/afcul.061.0155. URL : https://shs.cairn.info/revue-africultures-2004-4-page-155?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/afcul.061.0155


On ne compte plus les travaux publiés sur la trajectoire des migrants africains en terre étrangère. Toute une littérature existe à ce sujet. Des analyses de sociologue, des études à caractère institutionnel, voire des pamphlets nourris d’indignations. Des œuvres à travers lesquelles la parole de l’immigré ou de l’émigrant est souvent revue et corrigée, sortie de son contexte immédiat et mise au service de codes ou d’une pratique du discours qui lui sont étrangers.
Avec ce livre - il en existe sans doute d’autres, dont on n’a pas eu connaissance - cette parole nous revient sous une forme inhabituelle, brute de décoffrage. Des lettres, des photos et une transcription de « cassettes-courriers ». Une correspondance rédigée sans fard, ni jeu de mots, dans une langue-prison, le français, qui semble toutefois nécessaire aux écrivants, dans leur volonté de garder le lien avec la terre quittée, avec la famille restée au pays d’origine surtout. Cette parole témoigne du quotidien fragilisé de ces immigrés au grand cœur. Ils racontent ainsi leurs angoisses, évitant, selon les époques, les questions qui fâchent, essayant de rassurer les parents au mieux, de régler des problèmes d’intendance à distance, de raconter le pays d’accueil et les conditions de vie, en omettant parfois de dire la vérité sur la galère sans fin de l’immigré.« Des missives sincères, des lettres qui donnent corps à l’éloignement », écrit Laurent Sadoux de Radio France international en quatrième de couverture. Auteurs de cet ouvrage édifiant, Manuel Charpy et Souley Hassane ont fait un travail minutieux, à la fois de collecte et d’accompagnement de cette parole offerte, par les concernés eux-mêmes, au nom d’un refus probablement de la mémoire biffée…


Date de mise en ligne : 19/07/2014

https://doi.org/10.3917/afcul.061.0155

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