Sénégal : l'enjeu du numérique
- Par Olivier Barlet
Pages 192 à 200
Citer cet article
- BARLET, Olivier,
- Barlet, Olivier.
- Barlet, O.
https://doi.org/10.3917/afcul.059.0192
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- Barlet, Olivier.
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https://doi.org/10.3917/afcul.059.0192
Dans un Sénégal où le cinéma est sinistré, se saisissant des atouts de la révolution numérique, des gens se battent pour proposer des alternatives à l’invasion permanente d’images extérieures. Rencontres avec des hommes et des femmes remarquables.
Dakar, jeudi 4 décembre 2003, 10 heures du matin, près du point E à la galerie-café Artefat, agréable lieu d’exposition d’art contemporain, pour une séance de presse de la dernière production de Cheick Tidiane Ndiaye : « Raconte un peu ». Dommage que peu se soient déplacés : cette émission pour la télévision (reportage + débat) qui donne la parole à des gens qui ont quelque chose à dire sur un sujet touchant la vie de tous s’ouvre cette fois à quatre séropositifs, hommes et femmes. Deux ont demandé à ce que leur visage soit brouillé mais deux parlent à visage découvert, regard caméra. L’émotion est au rendez-vous : ces témoignages sont bouleversants, et révèlent les rejets d’une société qui accable les sidéens, ne voyant en eux que la dégradation des mœurs. A l’écran, des êtres humains, des victimes qui se redressent pour parler.
De telles images ont une force pédagogique indéniable, ouvrent à la tolérance, posent les questions qui dérangent… Les sujets ne manquent pas, qui passionnent le public : emploi, femmes, enfants des rues, problèmes de couples, nouveaux phénomènes religieux, albinos etc. Une alternative aux regards exogènes : « Tous les docus sont faits par des Européens qui nous disent : "regardez qui vous êtes !" », lance Cheick Tidiane…