Le débat littéraire serait-il une impossibilité en Afrique ?
- Par Samy Tchak
- et Taïna Tervonen
Pages 128 à 129
Citer cet article
- TCHAK, Samy
- et TERVONEN, Taïna,
- Tchak, Samy.
- et al.
- Tchak, S.
- et Tervonen, T.
https://doi.org/10.3917/afcul.057.0128
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- Tchak, S.
- et Tervonen, T.
- Tchak, Samy.
- et al.
- TCHAK, Samy
- et TERVONEN, Taïna,
https://doi.org/10.3917/afcul.057.0128
Auteur togolais publié chez L’Harmattan pour ses essais et Gallimard pour ses romans, Samy Tchak pose un regard extrêmement critique sur l’édition africaine.Quel avantage à publier chez un éditeur français, un “grand éditeur” de surcroît ?
Ce qui se passe là n’aurait pas pu se passer ailleurs. Ce n’est pas chez L’Harmattan que j’aurais pu faire un livre qui se vend à 3 000 exemplaires et qui pourrait intéresser des éditeurs à l’étranger, quelle que soit sa qualité ou sa médiocrité d’ailleurs. Quand on est dans une maison qui a une distribution efficace, on a au moins la satisfaction de savoir que le livre est partout.Tes livres se retrouvent-ils également dans les librairies en Afrique ?
Non. Un auteur africain qui pense retrouver ses livres en Afrique, c’est qu’il ne sait pas ce qu’est un livre, qu’il ne connaît pas le marché du livre et qu’il ne connaît pas l’Afrique. Il n’y a que peu de librairies en Afrique, et qui ne vendent pratiquement que des fournitures scolaires ou des poches. Les livres publiés ici n’ont aucune vie possible en Afrique.Tu ne te fais donc pas d’illusion ?
Dans ma tête, ça ne compte même pas. Ce n’est même pas un regret ou une envie, c’est une chose que j’ai comprise très tôt. Quand on parle de culture, surtout en termes de littérature, pour moi l’Afrique ne compte pas. Je ne suis pas un militant mais un réaliste. Pour accéder à la sphère de l’écriture, on doit être un exilé et un exilé bien dans sa tête qui comprend qu’il vient d’un espace culturellement médiocre ou impuissant…
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