À propos du refoulement à l'adolescence
- Par Guy Scharmann
Pages 271 à 280
Citer cet article
- SCHARMANN, Guy,
- Scharmann, Guy.
- Scharmann, G.
https://doi.org/10.3917/ado.076.0271
Citer cet article
- Scharmann, G.
- Scharmann, Guy.
- SCHARMANN, Guy,
https://doi.org/10.3917/ado.076.0271
Notes
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[1]
De Mijolla, 2002, p. 1410.
-
[2]
Gutton, 2003, p. 225.
-
[3]
Toutes les citations de J. André sont extraites de son article introductif au livre La psychanalyse de l’adolescent existe-t-elle ? (André, Chabert, 2010).
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[4]
Il s’agit de la fameuse patiente de Freud, paradigme de l’après-coup (Freud, 1895).
-
[5]
Cahn, 1998, pp. 51-52.
-
[6]
Toute cette théorisation est celle de R. Roussillon, telle qu’il l’a développée dans de nombreux ouvrages, notamment Paradoxes et situations limites en psychanalyse (1991) et Plaisir et répétition (2001).
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[7]
Cet objet/sujet parental de transfert est ce personnage dont nous parle Ph. Gutton, que l’adolescent chanceux rencontre ; un personnage loin et proche des parents (éducateur, sportif, religieux, professeur, etc.) qui pourra être décisif dans le processus d’adolescence, en étant à la fois un soutien narcissique, un modèle identificatoire et un agent subjectivant… que le psychothérapeute/psychanalyste incarnera parfois faute d’avoir été rencontré par l’adolescent.
-
[8]
Phillips, 2008, p. 136 et p. 140.
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[9]
La « bienveillance » peut se concevoir comme la capacité à investir la capacité de changement d’un patient.
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[10]
J’ai lu quelque part cet aphorisme de F. Perrier : « Il faut un patient et un collègue pour être psychanalyste. »
-
[11]
La question se pose-t-elle vraiment, d’ailleurs ?
1L’enjeu pour la psychanalyse du débat ouvert par le colloque puis le livre La psychanalyse de l’adolescence existe-t-elle ? (André, Chabert, 2010) dépasse largement la seule question d’une psychanalyse à l’adolescence. Si la psychanalyse de l’adolescent ne peut être un modèle pour l’ensemble de la psychanalyse, elle me semble devoir inspirer toutes les cures des graves pathologies de la subjectivation, tous les cas où le refoulement ne jouera qu’un rôle secondaire dans la problématique du sujet, dans l’expression symptomatique de sa souffrance ou de sa pathologie. Quelle est la fonction du refoulement à l’adolescence, quelle place tient-il singulièrement dans la cure d’adolescents et dans les cures des patients non névrotiques ? Ce sont ces questions auxquelles je vais tenter de donner quelques éléments de réponses.
2« Le refoulement est l’opération par laquelle le sujet repousse et maintient à distance du conscient des représentations (pensées, images, souvenirs) considérées comme désagréables car inconciliables avec le moi » [1].
3Pour qu’il y ait refoulement, il faut donc qu’il y ait un sujet et des représentations à refouler. Certes, tous les êtres humains refoulent ; le plus aliéné des schizophrènes fait des lapsus et des actes manqués mais ceux-ci ne nous apprennent rien sur leur psychose. Dans nombre de cas, des autistes aux états limites, en passant par les troubles traumatiques précoces de l’attachement, à l’instar de nombreux adolescents, le refoulement n’est pas à l’origine de la souffrance ou de la pathologie, mais plutôt, ce qui pose question est la possibilité même de refouler. Pour qu’il y ait refoulement il faut qu’il y ait quelque chose à refouler, que le travail de représentation ait pu être fait, que l’appareil psychique, en tant qu’appareil de transformation, ait pu « transformer ». La représentation est le travail psychique premier et fondamental pour tout sujet mais, et c’est précisément là où l’adolescent en difficulté convoquera le psychanalyste, ce qu’il doit représenter est radicalement nouveau pour lui et de cette radicalité viendra l’ampleur et la difficulté de la tâche de représentation. Les travaux de Ph. Gutton ont montré que l’adolescence est avant tout ce processus qui consiste à faire des éprouvés pubertaires un matériel psychique « refoulable » : « Le devenir ordinaire de l’archaïque [génital] est son élaboration, c’est-à-dire sa mise en représentation de choses et de mots. J’ai décrit cette procédure primaire en termes de scènes pubertaires, puis adolescens : passage des sens (sensorialité) aux sens (signifiance) » [2]. Le radical nouveau de la sexualité génitale, cette deuxième phase de la sexualité humaine, mobilise les capacités de subjectivation du sujet adolescent d’une manière particulièrement cruciale, et ces capacités feront un adolescent ordinaire ou une adolescence en souffrance, et dans certains cas, un adolescent « malade ». Dès lors, la tâche pratique du psychanalyste d’adolescent sera, avant tout, la relance ou la facilitation du processus de subjectivation où le refoulement tient une place décisive dans la mise en sens mais secondaire par rapport à la mise en représentation, qui est en elle-même, une mise en sens et une appropriation subjective de l’éprouvé brut pubertaire. Je tenterai dans ces lignes, de décrire les grands principes, de mon point de vue de praticien, d’une psychanalyse possible de l’adolescence, ce qui constituera ma réponse, en quelque sorte, à l’article de J. André, « L’heure de la psychanalyse » [3].
4J. André : « L’adolescence est une heure propice aux effets d’après-coup, c’est-à-dire à ces conjonctions d’une signification ; d’une mise en sens, et d’un moment traumatique […]. Le plus souvent l’adolescent traite ces moments comme le fait Emma [4], par le refoulement et la production de symptôme […].Pour écarter avec tant de force la transformation pubertaire, il faut bien que la psyché l’ait préalablement signifiée, interprétée, et que cet interprétation en fasse quelque chose d’absolument inacceptable […]. Le refoulement n’est pas l’indice d’une incompréhension, plutôt le signe d’une compréhension, d’une signification excessive […]. Sans jamais en démordre, Freud a toujours définit la tâche pratique (de la psychanalyse) comme visant la levée du refoulement […]. L’adolescence ne peut être à la fois l’heure du refoulement (après-coup) et l’heure de la levée. »
5Autrement dit, pour J. André : la tâche pratique de la psychanalyse est la levée du refoulement, l’adolescence étant l’heure du refoulement il ne peut donc y avoir de psychanalyse à l’adolescence… mais, dès lors, existe-t-il une psychanalyse hors de la levée du refoulement ? La question est d’importance à l’heure où la référence à la psychanalyse est si contestée, dans tous les lieux où le psychanalyste rencontre un patient autre que le névrosé adulte. La psychanalyse de l’adolescence doit, à mon sens, inspirer la psychanalyse des patients non névrosés car le travail ordinaire d’adolescence est un temps aigu et crucial de subjectivation, qui n’est pas sans rappeler le travail psychique que les graves pathologies de la subjectivation n’ont pas su effectuer. Certes, beaucoup d’adolescents refoulent, parfois rejettent les représentations nouvelles telles que la génitalisation de la pulsion les génère. M. Laufer ou R. Cahn ont décrit nombre d’exemples de ce que Ph. Gutton a appelé la psychose pubertaire où justement le refoulement paraît incompétent, inopérant ou impossible tant la représentation est inacceptable, où le sujet adolescent a plus recours au rejet, à la forclusion, au déni qu’au refoulement proprement dit. Dans ces occurrences, comme le souligne J. André, « la psyché a bien interprété la transformation pubertaire » mais le rejet de cette transformation est d’une autre nature que le refoulement, au point que le retour du rejet (par l’acte, la somatisation, etc.) ne sera pas assumé par le sujet, ressenti alors comme venant de l’hors psyché. Si la plupart des adolescents réussissent peu ou prou la subjectivation du « pubertaire » sans recourir à ces « défenses ultimes », tous les adolescents seront confrontés à la tâche délicate de subjectiver le radical nouveau de la pulsion génitale.
L’adolescent ordinaire
6L’adolescence est une tâche extra-ordinaire dans la vie de l’être humain même si la plupart du temps les adolescents la franchissent sans difficulté majeure.
7L’adolescent ordinaire est, schématiquement, un adolescent qui aura des capacités de subjectivation suffisamment bonnes, un environnement suffisamment fiable et souple pour offrir des repères et des occasions de créativité qui accompagneront l’adolescent dans la création de l’être nouveau qu’il devient.
Les capacités de subjectivation
8Selon R. Cahn, la subjectivation « est un processus progressif de la vie à la mort […] particulièrement décisif à l’adolescence […] un processus de différenciation permettant à partir de l’exigence interne d’une pensée propre, l’appropriation du corps sexué […] une sorte de fonction sujet […] concernant les divers facteurs en cause dans la réalité psychique, une appropriation subjective » [5]. Elle nécessite un double travail : Un travail de symbolisation primaire et un travail de signature, la fonction auto (R. Roussillon), qui permet au sujet de singulariser ses représentations, de s’en sentir l’auteur [6]. Insistons sur le travail de symbolisation primaire. Le sujet doit transformer les éprouvés pubertaires (le « réel », le matériel brut, les traces mnésiques perceptives, l’archaïque génital… selon les auteurs), ce que le sujet éprouve de la génitalisation de sa sexualité avant que cet éprouvé ne soit symbolisé primairement en représentations de choses (images, fantasmes). Tout en symbolisant primairement, il s’approprie subjectivement cet éprouvé en le signant en quelque sorte, transformant l’éprouvé brut en représentations (de choses) subjectives. Le travail de rêve est un exemple particulier du travail de symbolisation primaire où le sujet fabrique à partir des restes diurnes, des images, un scénario, dont quelle que soit l’incongruité, le sujet en assumera la création lorsqu’il pourra en faire le récit. L’adolescent, lui, n’assume pas toujours cette nouveauté qu’il éprouvera dans un premier temps, comme étrangère. C’est pendant l’enfance pour une large part, avec le concours indispensable de l’environnement humain, que se seront construites les capacités de subjectivation. L’adolescent, lui aussi, a besoin d’un autre pour subjectiver, pour fabriquer du psychique.
L’environnement ordinaire de l’adolescent
9À partir du concept de l’utilisation de l’objet de D. W. Winnicott et de ses prolongements par R. Roussillon, il est possible de décrire les caractéristiques d’un environnement permettant à l’adolescent de faire ce travail de symbolisation primaire, fonction qui peut être dévolue au psychanalyste, nous y reviendrons.
10Avant de pouvoir être « utilisé », l’autre de l’adolescent devra être attaqué, atteint puis survivre (Winnicott, 1971). Quand bien même serions-nous ici dans le registre du fantasme, cet autre a besoin d’être incarné et de survivre réellement aux attaques liées au travail de symbolisation. Pour l’enfant, ce sont en général les parents qui sont dans la position d’être utilisés, d’être l’agent subjectivant pour reprendre l’expression de R. Cahn. À l’adolescence, le problème se complique pour les parents. L’inévitable désidéalisation des parents infantiles fait des parents d’adolescents la cible privilégiée de leur déconvenue adolescente. L’adolescent reproche à ses parents de ne plus pouvoir les voir tels que l’infantile les idéalisait. De plus, la réalisation possible des fantasmes œdipiens les rend tantôt trop séducteurs tantôt trop dangereux, compliquant dans tous les cas la relation parents-enfants. Dès lors, le rôle du parent devient ardu. Ce rôle consiste à se laisser attaquer, à être atteint c’est-à-dire à changer d’attitude par rapport à celle de parents d’enfants ; secondairement, le parent devra survivre aux attaques fantasmatiques de l’adolescent. Ce qui peut se traduire dans la réalité, par la capacité à rester fermes sur leurs valeurs et exprimer leur affection ; survivre c’est encore ne pas réprimer le changement en cours de leur enfant (un changement troublant au minimum le parent infantile, l’inquiétant s’il réveille chez lui un pubertaire traumatique). Le parent doit adopter une attitude à géométrie variable en quelque sorte, de la souplesse matinée de fermeté. Quoi qu’il en soit, l’adolescent, lui, ira avant tout chercher ailleurs que chez ses parents, l’autre de la symbolisation primaire. Les pairs, les copains, la bande, l’objet/sujet parental de transfert [7] lui permettront de figurer l’éprouvé pubertaire en lui fournissant des images identificatoires, du matériel à fantasmer voire le soutiendront dans sa quête de l’objet complémentaire sexuel.
11Si les capacités de subjectivation de l’adolescent se révèlent relativement faibles, en fonction en particulier de ce que furent les relations précoces à son environnement [qualité des assises narcissiques de Ph. Jeammet ou du « Deux en Un » de R. Cahn (1991, 1998)] et/ou si l’environnement se montre défaillant, alors l’adolescent risque de ne plus être ordinaire ; le processus d’adolescence sera contrarié voire empêché ; ce sont ces adolescents que nous rencontrons.
12Dans tous les cas, le psychanalyste devra, comme le dit D. W. Winnicott, travailler à ce que « “ la psyché et le soma [se fassent] l’un à l’autre ” […]. En référence au modèle winnicottien du développement, la psychanalyse devient la mise en connexion de parties dissociées du self, et non la transformation du refoulement pulsionnel » [8].
De quelques vicissitudes du processus de subjectivation
13- L’adolescent ne réussit pas la transformation de l’éprouvé pubertaire ou rejette radicalement sa représentation en déliant psychiquement ce matériel, vécu dès lors comme n’appartenant pas au sujet. Ce sont les cas lourds de rupture du processus de subjectivation où l’expression symptomatique exigera une modification du site psychothérapique, dans de nombreux cas une intervention institutionnelle car la non-représentation primaire s’exprime essentiellement dans l’agir, le corps, le comportement, le délire…
14- L’adolescent représente primairement mais n’assume pas cette représentation, ne se l’approprie pas subjectivement, refusant d’en être l’auteur (c’est l’autre qui va mal, l’environnement qui est inadéquat) ; souvent la symbolisation secondaire, qui lie les représentations de mots aux représentations de choses, est difficile ou empêchée. Ce sont des adolescents dépassés par ce qui leur arrive, qui peuvent difficilement en parler ; ils mettent à mal leur environnement, ont des comportements à risque ; ils sont en difficulté scolaire, familiale, consommateurs excessifs de haschisch ou d’alcool… là encore le site psychothérapique devra tenir compte de l’expression symptomatique (travail avec les familles, psychothérapie bifocale, éloignement du milieu habituel, etc.).
15- Toutes les variations de l’adolescence ordinaire, où le psychanalyste s’il est sollicité prendra en compte la spécificité de l’adolescence, en modifiant certaines de ses attitudes techniques, mais ce ne sera pas fondamentalement différent du travail avec le névrosé adulte.
16Quelques mots, à propos de la célèbre patiente de Freud, Emma. J’ai rencontré peu de cas d’adolescents ressemblant à « l’Emma » de Freud dans ma pratique. Emma, qui historiquement écrit J. André, lie l’après-coup à l’adolescence et qui semble du même coup être prototypique de l’adolescent. Or, peu d’adolescents me paraissent capables de produire un travail associatif langagier qui permettrait de lier les deux coups de l’après-coup, soit chez Emma le premier coup de l’enfance (avec le marchand) et le coup de l’après-coup proprement dit (post-pubertaire). La difficulté associative des adolescents est une donnée clinique banale. La plupart éprouvent de grandes difficultés à mettre des mots sur les choses. Mon hypothèse est que, c’est justement la figuration, la représentation de la chose (l’éprouvé pubertaire) qui est difficile quelquefois impossible et qui, dès lors, rompt la chaîne associative, nécessitant un travail de reconstruction, de création de sens plus que de levée du refoulement : un en deçà du refoulement, un avant de l’après-coup. Si le travail de symbolisation primaire se fait peu ou mal, il est évident que celui de symbolisation secondaire sera entravé. Le psychanalyste sera dans la position d’un agent subjectivant, devant aider le sujet à relancer les processus de symbolisations primaire et secondaire, comme celui d’appropriation subjective, de signature des représentations.
Le travail du psychanalyste d’adolescent : un agent subjectivant
17La déliaison psychique, conséquence de la rupture ou de l’impasse du processus de subjectivation, peut se « transférer » chez le psychanalyste/psychothérapeute. L’assèchement associatif, la « panne » de créativité, en écho à ce qui se joue dans la psyché adolescente, s’observent régulièrement chez le psychothérapeute d’adolescents, et d’une manière plus générale chez les psychothérapeutes des graves pathologies de la subjectivation (Penot, 1998). Tout l’art de la cure d’adolescent réside dans la manière de « travailler » ce transfert narcissique.
18Le contre-transfert, ici, tient une place prépondérante. Du contre-transfert et de la créativité du psychanalyste, dépendra la relance possible de la subjectivation chez l’adolescent, à partir de son discours en séance, mais aussi par le travail associatif du psychanalyste en identification de perception avec l’adolescent. Cela suppose une attitude beaucoup plus impliquée qu’avec l’adulte névrosé, où la subjectivité du psychanalyste est assumée. L’adolescent a besoin d’une rencontre qu’il vivra comme « vraie », pour se « repérer » dans la confusion identitaire que son adolescence lui fait vivre. Pour se sentir exister, se sentir réel, le sujet adolescent a besoin que l’objet ex-iste.
19Le psychanalyste proposera, sur le mode de l’éventualité, au conditionnel, une traduction, sa traduction de(s) l’empêchement(s) de l’adolescent… un autre point de vue dont ce dernier se saisira ou non.
20En référence à D. W. Winnicott, le psychanalyste « pratiquera » une sorte de squiggle verbal, ce que j’ ai nommé un travail de reprise (repriser) du trou laissé par la déliaison psychique, un tissage associatif commun de l’adolescent et du psychanalyste où sera plus déterminant l’utilisation du transfert que son interprétation…
21Il peut arriver que ce travail s’avère difficile tant peut être « insupportable » le transfert adolescent [9]. Mais lorsque le travail se complique (une règle générale de la pratique analytique), dès que le psychanalyste est en difficulté, il sort de sa solitude ! [10]. La psychothérapie bifocale, le psychodrame, le double mixte (Scharmann, 2003), l’institution, les multiples médiations mais aussi la supervision, les séminaires, les groupes de travail, etc. sont autant de manières d’introduire du tiers dans la relation avec le patient difficile. Chacun aura constaté combien le recours aux « collègues » peut être salutaire dans la relance de sa pensée, de sa créativité lorsque le transfert sidère les capacités associatives des deux protagonistes de la cure ou de ses variantes.
22Ces quelques lignes ne sont qu’une ébauche d’un travail qui méritera un développement et des illustrations cliniques ultérieurs. Elles se veulent être un aperçu de mon travail quotidien, depuis quelques décennies, auprès d’adolescents, et apporter ma participation à ce débat sur l’existence de la psychanalyse à l’adolescence [11].
23Une psychanalyse de l’adolescence existe, je l’ai rencontrée… L’adolescence peut être l’heure de la psychanalyse, à condition de se pencher sur l’avant de l’après-coup… pourvu que le psychanalyste arrive un peu en avance, en quelque sorte !
Bibliographie
- andré j. (2010). L’heure de la psychanalyse. In : J. André, C. Chabert (Éds.), La psychanalyse de l’adolescent existe-t-elle ? Paris : PUF, pp. 3-22.
- andré j., chabert c. Éds. (2010). La psychanalyse de l’adolescent existe-t-elle ? Paris : PUF.
- cahn r. (1991). Adolescence et folie. Paris : PUF.
- cahn r. (1998). L’adolescent dans la psychanalyse. Paris : PUF.
- de mijolla a. Éds. (2002). Dictionnaire de Psychanalyse. Paris : Calmann-Lévy.
- freud s. (1895). Esquisse d’une psychologie scientifique. In : La naissance de la psychanalyse. Paris : PUF, 1986, pp. 307-396.
- gutton ph. (2003). Esquissse d’une théorisation de la génitalité. Adolescence, 21 : 217-248. Repris In : Le pubertaire savant. Monographie, 2008, pp. 11-42.
- penot b. (1998). Le transfert de réel. In : A. Barbier, P. Decourt (Éds)., Transmission, transfert de pensée, interprétation. Puteaux : Monde Interne, pp. 137-145.
- phillips a. (2008). Winnicott ou le choix de la solitude. Paris : Éditions de l’Olivier.
- roussillon r. (1991). Paradoxes et situations limites en psychanalyse. Paris : PUF
- roussillon r. (2001). Plaisir et répétition. Paris : Dunod.
- scharmann g. (2003). Le double mixte. Un couple de psychothérapeutes face à un adolescent. In : F. Marty, Ph. Gutton, Ph. Givre, Le fait accompli. Rouen : Publications de l’Université de Rouen, pp. 135-148.
- winnicott d. w. (1971). L’utilisation de l’objet et le mode de relation à l’objet au travers des identifications. In : Jeu et réalité. L’espace potentiel. Paris : Gallimard, 1975, pp. 120-131.
Mots-clés éditeurs : Psychanalyse, Refoulement, Subjectivation
Date de mise en ligne : 25/07/2011
https://doi.org/10.3917/ado.076.0271