Les femmes et la Commune de Paris
- Par Claire Turillon
Pages 77 à 91
Citer cet article
- TURILLON, Claire,
- Turillon, Claire.
- Turillon, C.
https://doi.org/10.3917/adog.008.0077
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- Turillon, C.
- Turillon, Claire.
- TURILLON, Claire,
https://doi.org/10.3917/adog.008.0077
Il y a 150 ans, le 28 mai 1871 signe la défaite de la Commune de Paris,
après une guerre civile impitoyable, débutée le 18 mars 1871 par une
révolution sociale et politique, et se termine par une répression d’une
incroyable sauvagerie. À la veille de la Commune, les femmes ont déjà
compris qu’elles devaient d’abord compter sur elles-mêmes pour améliorer leurs conditions de vie, s’imposer sur le terrain politique ou
social, et sortir de l’antique dichotomie qui depuis des siècles les
divise en courtisanes ou ménagères.
Dans la deuxième moitié du Second Empire, la mécanisation et
l’industrialisation intensifient l’exode rural. Les femmes représentent
33 % de la population active et leur sort est loin d’être enviable. Elles
se concentrent principalement dans les manufactures du vêtement, à
domicile, en ateliers ou en usines ; mais ce secteur n’est pas exclusif,
puisqu’on en trouve dans les mines ou le terrassement pour la
construction du chemin de fer.
Le travail à domicile demeure encore la forme la plus répandue,
permettant une exploitation jusqu’aux limites de l’épuisement. Dans
certaines professions, les fournitures restent à leur charge (c’est le cas
des modistes ou des brodeuses). Les femmes travaillent jusqu’à 13 ou
14 heures par jour, pour des salaires quotidiens très faibles et très
disparates, de 40 centimes à 4 francs, toujours moitié moindres que
ceux des hommes. Elles sont méprisées, bafouées par leur patron, leurs
chefs et même leurs compagnons de travail…
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