Les émotions dans la relation pédagogique : présence, parole, silence
- Par David Le Breton
Pages 127 à 133
Citer cet article
- LE BRETON, David,
- Le Breton, David.
- Le Breton, D.
https://doi.org/10.3917/admed.176.0127
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Daniel Pennac évoque dans Chagrin d’école (2007) la qualité de présence d’une enseignante qui l’invite à rencontrer ses élèves à propos de ses romans. « Elle est immédiatement perceptible, la présence du professeur qui habite pleinement sa classe. Les élèves la ressentent dès la première minute de l’année. […] le professeur vient d’entrer, il est absolument là, cela s’est vu à sa manière de regarder, de saluer ses élèves, de s’asseoir, de prendre possession du bureau. Il ne s’est pas éparpillé par crainte de ses réactions […], il est présent, il distingue chaque visage, la classe existe aussitôt sous ses yeux » (2007, p. 134). L’auteur se souvient de la pertinence des questions posées par les élèves, du mouvement de la parole dans une harmonie mutuelle : « Quand l’enthousiasme emportait leurs voix au-dessus du niveau de décibels supportable, leur professeur m’interrogeait elle-même, deux octaves plus bas, et la classe entière se rangeait à cette ligne mélodique. » (p. 135). Elle explique plus tard à Daniel Pennac « ne jamais parler plus fort qu’eux, c’est le truc. […] Quand je suis avec eux ou dans leurs copies, je ne suis pas ailleurs » (p. 135). La relation pédagogique mobilise en permanence l’affectivité des élèves et des enseignants, d’autant qu’elle se déroule en vase clos, mais elle est plus ou moins propice à la transmission.
À cet égard, au-delà de la réflexion sur la fin et les moyens de l’enseignement, une autre recherche s’impose, « une pédagogie de la pédagogi…
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