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Aperçus sur les loisirs populaires dans les quartiers modestes d’Istanbul. L’œil de l’écrivain Osman Cemal Kaygılı

Pages 63 à 74

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  • Karabag, O.
(2022). Aperçus sur les loisirs populaires dans les quartiers modestes d’Istanbul. L’œil de l’écrivain Osman Cemal Kaygılı. Aden, 19(1), 63-74. https://doi.org/10.3917/aden.019.0063.

  • Karabag, Olcay.
« Aperçus sur les loisirs populaires dans les quartiers modestes d’Istanbul. L’œil de l’écrivain Osman Cemal Kaygılı ». Aden, 2022/1 N° 19, 2022. p.63-74. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-aden-2022-1-page-63?lang=fr.

  • KARABAG, Olcay,
2022. Aperçus sur les loisirs populaires dans les quartiers modestes d’Istanbul. L’œil de l’écrivain Osman Cemal Kaygılı. Aden, 2022/1 N° 19, p.63-74. DOI : 10.3917/aden.019.0063. URL : https://shs.cairn.info/revue-aden-2022-1-page-63?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/aden.019.0063


Notes

  • [1]
    Signifiant « réorganisation » en arabe, ce terme désigne les réformes du XIXe siècle dans l’Empire Ottoman. Ce programme de réforme civile, décrété par le sultan Abdülmecid (1839-1861) en 1839, visait à restaurer la structure sociale ottomane avec un nouveau concept de justice et d’égalité, et à mettre au premier plan la « citoyenneté ottomane ».
  • [2]
    « cafés traditionnels ».
  • [3]
    İlbeyi Özer, Osmanlı’dan Cumhuriyet’e Yaşam ve Moda, Truva, 2006, p. 201.
  • [4]
    La réforme vestimentaire fut destinée à adapter les costumes et les vêtements de la population aux vêtements contemporains. Par exemple, porter le fez était interdit pour les hommes.
  • [5]
    Elle en compte aujourd’hui 15 millions.
  • [6]
    Cf. Barış Alp Özden, « İstanbul’un Şenlikli Tarihine Bir Yolculuk [Un voyage vers l’histoire festive d’İstanbul] », Istanbul, Toplumsal Tarih, juin 2020, p.62.
  • [7]
    L’armistice de Moudros (30 octobre 1918) mit fin à la guerre sur le front d’Orient, entre les Puissances alliées et l’Empire Ottoman. Istanbul fut alors occupé par les troupes britanniques, italiennes et françaises.
  • [8]
    La Turquie Kémaliste (1934-1948) est une revue trimestrielle publiée en langue française, anglaise et allemande mais la plupart des textes sont en français. Elle est publiée pour faire de la propagande pour la République de Turquie. Elle comporte de nombreuses photos, censées montrer le nouveau visage de la Turquie Républicaine.
  • [9]
    Suadiye est un quartier sur la rive asiatique d’Istanbul.
  • [10]
    Ce qui équivaudrait à une cinquantaine d’euros.
  • [11]
    Cf. Gökhan Akçura, « Bir foto öykü : İstanbul’un ilk plajları [Une histoire par l’image : les premières plages d’İstanbul] », Istanbul, Ist dergi, juin 2021.
  • [12]
    L’écrivain et journaliste Fikret Adil (1901-1973) a relaté les activités culturelles de Beyoğlu dans ses textes publiés dans les années Trente et Quarante.
  • [13]
    Cf. Gökhan Akçura, « Bir foto öykü : İstanbul’un ilk plajları », art. cit.
  • [14]
    L’écrivain et avocat Çelik Gülersoy (1930-2003) est connu pour ses livres sur Istanbul.
  • [15]
    « Une ville toute vide. De même pour le quartier de Küçüksu. Quelques rares personnes qui passent. Le cadre naturel est encore intact, dans toute sa richesse. Ici et là, des gens apparaissent. Leurs visages sont sains et récurés. Ils sont bien habillés, soignés. De braves gens de la classe moyenne, dans une Turquie républicaine peu peuplée, des habitants de la grande Istanbul, qui sont heureux et regardent l’avenir avec confiance. Chaque fois que je regarde cette photo, elle me captive et me ramène à l’Istanbul vierge d’avant la Seconde Guerre mondiale, aux rives du Bosphore vides et heureuses » (Çelik Gülersoy, « Küçüksu Çayırı [La prairie Küçüksu] », cité in Ünver Oral, Yazi ve Resimlerde Beykoz, Istanbul, Veli Yayinlari, 2007, p. 26). Traduction de l’auteure de cet article.
  • [16]
    Dans la langue turque, le mot fıkara s’utilise pour les gens modestes.
  • [17]
    Ece Zerman, Nouvelles pratiques de représentation de soi de la fin de l’Empire ottoman à la république de Turquie : écrits du for privé, photographies, intérieurs, EHESS, Thèse de doctorat en histoire et civilisation, 2018.
  • [18]
    « Coins et recoins d’Istanbul ».
  • [19]
    Osman Cemal Kaygılı, Aygır Fatma [Fatma l’étalon], Istanbul, Semih Lütfi Kitabevi, 1938 ; Çingeneler [Les Gitans], Istanbul, Etiman Kitabevi, 1939.
  • [20]
    « Certains d’entre eux se rendent au cimetière juif du côté d’Eğrikapı, dénué d’arbres, sans ombre et désolé, appelé Mısırtarlası, et qui est depuis longtemps considéré comme le plus ancien lieu de promenade d’Istanbul. Mais il y en a d’autres qui ne s’asseyent pas ici, et d’autres qui ne condescendent pas à s’asseoir » (Osman Cemal Kaygılı, Köşe Bucak İstanbul, Istanbul, Selis Kitaplar, 2009, p. 132). Traduction de l’auteure de cet article.
  • [21]
    Aujourd’hui encore à Istanbul, il y a des cimetières où la population vient se reposer.
  • [22]
    Ces photos ont surtout été prises par Namık Görgüç (1895-1945) et Selahattin Giz (1914-1994).
  • [23]
    Cf. Uğur Göktaş, « Mesireler », in Dünden Bugüne İstanbul Ansiklopedisi (İlhan Tekeli, éd.), Cilt 5, Türkiye Ekonomik ve Toplumsal Tarih Vakfı, 1994, pp. 407-408.
  • [24]
    Cela signifie littéralement marcher sur la route en faisant des allers-retours.
  • [25]
    Cf. Osman Cemal Kaygılı, Köşe Bucak İstanbul, op.cit., pp. 228-230.
  • [26]
    Pendik est un arrondissement sur la rive asiatique d’Istanbul, situé sur la péninsule de Kocaeli.
  • [27]
    « Cuma Pazar günleri bu upuzun kumsal renkli bir plaj halini alır, oraya battaniyeler, örtüler, yatak çarşafları ile gelenler burada kendilerine bir çadır kurar ve sabahtan akşama kadar denize dalıp çıkıp bu çadırların içinde istirahat ederler » (ibid., p.15).
  • [28]
    Samatya est un quartier sur la rive européenne d’Istanbul.
  • [29]
    Kumkapı et Yenikapı sont des quartiers sur la rive européenne d’Istanbul.
  • [30]
    Ibid., pp. 92-98.
  • [31]
    Sait Faik Abasıyanık (1906-1954) est l’un des nouvellistes majeurs de la littérature turque. Ses ouvrages sont traduits en français, publiés aux éditions Bleu Autour : Semaver (« Le Samovar », 2011 [1936]), Lüzumsuz Adam (« L’homme inutile », 2007 [1948]), Alemdağ’da var bir yılan (« Un Serpent à Alemdağ », 2007 [1954]), Mahalle kahvesi (« Le café du coin », 2013 [1950]).
  • [32]
    « Une surface caillouteuse fine et longue s’étend entre la voie ferrée de Kumkapı-Yenikapı et le bord de mer. Deux égouts traversent cet amas de cailloux. Des centaines de jeunes, d’enfants, de vieillards, de marchands de pâtisseries, de vendeurs de limonade et de simit [petit pain au sésame], sur les ruines d’un quai recouvert de goudron. Des chatons morts, le ventre gonflé vers le ciel, entre les traverses du reste du quai goudronné. Os de tête de mouton, côte de cheval, je ne sais pas quelle mâchoire d’animal… » (Sait Faik Abasıyanık, Hikâyecinin Kaderi, Istanbul, YKY, 2005, p. 270). Traduction de l’auteure de cet article.
  • [33]
    De nos jours, la situation des plages publiques n’est pas très différente de ce que Kaygılı et Abasiyanik décrivent. Nager dans la mer à Istanbul n’est plus recommandé en raison de la pollution marine, mais cela n’empêche pas les gamins des classes populaires de s’adonner à ce loisir.
  • [34]
    Osman Cemal Kaygılı, Köşe Bucak İstanbul, op.cit., p. 146.
  • [35]
    Ibid., p. 145.
  • [36]
    C’est un café où les poètes folkloriques et les ménestrels se rassemblent et chantent ensemble.
  • [37]
    Un luth à manche long.
  • [38]
    « Biz gece kahveye çıkar, iskambil çevirir, tavla oynar, ara sıra yarım tertip külhanilik de yaparız ama, işimize dört elle sarılır, çalışırız, kimseye muhtaç olmadan gül gibi geçiniriz » (Osman Cemal Kaygılı, Köşe Bucak İstanbul, op.cit., p. 256). Traduction de l’auteure de cet article.
  • [39]
    C’est une ancienne place qui se trouvait à Azapkapı.
  • [40]
    « Eski Çeşme Meydanı’nın yeni çocukları, hayatı iyi anlamışlar ; yalnız oyunun, çalgının sökmeyeceğini, bir iş sahibi olmadan yaşanamayacağını takdir etmişler » (Osman Cemal Kaygılı, Köşe Bucak İstanbul, op. cit., p. 256). Traduction de l’auteure de cet article.
  • [41]
    Le Kanto est un spectacle joué par des femmes dans les théâtres et les lieux de divertissement. Il est surtout joué en Turquie par des femmes appartenant aux minorités arménienne, grecque et juive.
  • [42]
    Cette place se trouvait à Kumkapı.
  • [43]
    Osman Cemal Kaygılı, Köşe Bucak İstanbul, op. cit., p.101.
  • [44]
    Ibid., p. 136.
  • [45]
    Ibid., p. 201.
  • [46]
    C’est la période de jeûne pour les Grecs orthodoxes. Elle dure quarante jours, et pendant celle-ci, ils ne consomment pas d’aliments d’origine animale.
  • [47]
    Cf. Necdet Sakaoğlu et Nuri Akbayar, Binbir gün binbir gece : Osmanlı’dan günümüze İstanbul’da eğlence yaşamı, Istanbul, Denizbank, 1999, p.163.
  • [48]
    Osman Cemal Kaygılı, Köşe Bucak İstanbul, op.cit., p. 287.
  • [49]
    Sulukule est un quartier sur la rive européenne d’Istanbul, situé à l’intérieur des murailles byzantines de la ville. Cf. Ali Arayıcı, « Les oubliés de Turquie : les Tsiganes », Revue internationale des sciences sociales, vol. 193-194, no. 3- 4, 2007, p. 590.
  • [50]
    Gökhan Akçura, Ivır Zıvır Tarihi, Istanbul, Cep Kitapları, 1990, pp. 38-39.
  • [51]
    Balıkhane Nazırı Ali Rıza Bey (1842-1928), fonctionnaire de l’Empire Ottoman, est connu pour son ouvrage intitulé Onüçüncü Asr-ı Hicrî’de İstanbul Hayatı [La vie quotidienne à Istanbul au XIIIe siècle de l’hégire].
  • [52]
    « Il était une fois Istanbul » (Balıkhane Nazırı Ali Rıza Bey, Bir Zamanlar İstanbul, Istanbul, Tercüman, 1973.
  • [53]
    Ibid., p.299.
  • [54]
    Murat Toklukçu, “Ayıların Başına Gelenler” in Istdergi, n°7, août 2021.
  • [55]
    C’est le sujet de son autre livre : Osman Cemal Kaygılı, Çingeneler, Istanbul, Etiman Kitabevi, 1939.
  • [56]
    « Bol tahtakurulu, pireli ve bunaltıcı yaz gecelerini evlerinin damlarında mı geçireceklerdi ? » (Osman Cemal Kaygılı, Köşe Bucak İstanbul, op.cit., p. 243). Traduction de l’auteure de cet article.

La proclamation de la République turque le 29 octobre 1923 ouvre une nouvelle page pour la société urbaine. Depuis l’époque des Tanzimat au XIXe siècle, les loisirs ont continué leur évolution et ont gagné désormais de nouveaux endroits. Au cours de la progression de l’Occidentalisation, les lieux des activités sociales ont changé parallèlement aux modifications dans la société.
Par exemple, les kahvehane ont conservé leur place mais leur nombre a augmenté. Les pâtisseries et les cafés de style occidental, les cafés en plein d’air (avec terrasse ou jardin) sont devenus des lieux de divertissement et de socialisation ; les bars et les brasseries, quant à eux, sont venus s’ajouter à la vie nocturne. De plus, la culture des gazino occupe une place essentielle : ce mot, qui vient de l’italien casino, signifie maison de campagne. Les gazino, où la consommation d’alcool est autorisée, sont comme des music-halls. Ces établissements ont été ouverts pour la première fois à Istanbul en tant que tavernes européennes après le milieu du XIXe siècle. Les restaurants, cafés et pâtisseries, qui se sont répandus autour du quartier chic de Beyoğlu — situé sur la rive européenne — se transforment en gazino et deviennent le centre d’une nouvelle conception du divertissement. En plus des programmes musicaux, ils accueillent parfois des représentations théâtrales. Un autre divertissement a commencé à se répandre dans les années Trente parmi les Stambouliotes : la culture de plage.
Tous ces loisirs sont payants et ne sont donc pas destinés aux classes populaires…


Date de mise en ligne : 14/06/2023

https://doi.org/10.3917/aden.019.0063

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