Francis Jammes, Pipe, chien, Préface de Jacques Le Gall, Bordeaux, L’Éveilleur, 2016, 142 p. (1re édition : 1933)
- Par François Ouellet
Page XXVIII
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- OUELLET, François,
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- Ouellet, F.
https://doi.org/10.3917/aden.016.0181ab
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Poète et romancier catholique, ami de Paul Claudel et d’André Gide, Francis Jammes est oublié depuis longtemps. En 1933, alors qu’il est âgé de soixante-trois ans et que sa renommée n’est déjà plus celle de jadis, il publie un bref roman à l’allure d’un conte, Pipe, chien. Ce chien de cirque, qui obéit au doigt et à l’œil, sait exécuter mille tours et fumer la pipe. Un jour, Pipe excédé par son dresseur, qui se comporte comme un tortionnaire, prend la clé des champs. Le voilà sur la route de Bayonne, puis de Biarritz, où, après quelques mésaventures, un milliardaire américain en fait son héritier légal, l’introduit dans le Cercle « le plus chic de la Côte d’Argent » (p. 69) et demande pour lui la Légion d’honneur. Hélas, le milliardaire est bientôt interné, et Pipe se retrouve à nouveau à la rue. Et le voici malgré lui, tenaillé par la faim, de retour au cirque. Mais le chagrin de perdre coup sur coup la chienne à qui il a fait des petits et son meilleur ami lui fait reprendre la route de Bayonne, où cette fois-ci il est adopté par une vieille et pieuse mendiante. L’arrivée de Pipe dans la vie de celle-ci coïncide avec le moment où elle entre chez les Petites Sœurs des Pauvres ; et c’est là, dans le jardin de l’hospice, que Pipe, comblé, vit les dernières années de sa vie.
Pipe, chien est d’abord une satire, ce dont témoigne par exemple l’épisode de la Légion d’honneur, où les manœuvres des hommes politiques conduisent le protecteur de Pipe chez les fous ; lequel protecteur concentre sur sa personne la dictature de l’argent…
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