Monique Jutrin, Panaït Istrati. Un chardon déraciné, Montreuil, L’échappée, 2014, 304 p.
- Par Charles Jacquier
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- JACQUIER, Charles,
- Jacquier, Charles.
- Jacquier, C.
https://doi.org/10.3917/aden.014.0225ad
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Notes
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[1]
Cf. le compte rendu infra, et, dans les n° 12 et 13, les comptes rendus sur : Eleni Samios-Kazantzaki, La véritable tragédie de Panaït Istrati, Texte présenté par Anselm Jappe, suivi des correspondances de Panaït Istrati avec Victor Serge et Nikos Kazantzaki, Carnets (1936-1947), Édition établie par Claudio Albertani et Claude Rioux ; P. Istrati, Oncle Anghel. Les récits d’Adrien Zograffi. N.D.L.R.
-
[2]
Un extrait du volume écrit par Victor Serge au sujet du cinéma soviétique a été republié dans Agone (n° 48, 2012, pp. 197-200) sous le titre de « La gestion bureaucratique du cinéma » : [ http://revueagone.revues.org/1086] ; celui de Boris Souvarine l’a été en 1997 aux éditions Ivrea sous le titre de L’URSS en 1930.
Mort à Bucarest le 16 avril 1935, l’écrivain roumain d’expression française Panaït Istrati occupe une place singulière dans notre paysage littéraire – ni tout à fait inconnu ni vraiment à sa juste place. La présente biographie est la version revue et actualisée du livre que Monique Jutrin publia aux éditions Maspero en 1970. Qualifié de « Gorki balkanique » au début des années 1920 par un Romain Rolland alors au faîte de sa renommée, l’ancien prolétaire et vagabond est porté aux nues par la critique et rencontre un large succès public. En 1927, il est invité en U.R.S.S. comme « compagnon de route », à l’occasion du dixième anniversaire de la révolution. Après un long séjour, son enthousiasme initial s’amenuise. A son retour en France, il est en proie à de longues hésitations sur l’opportunité de témoigner de ce qu’il a vu et compris, d’un régime fallacieusement qualifié de « socialiste » ou de « communiste » par ses amis comme par ses ennemis. Finalement, en 1929, il publie la trilogie Vers l’autre flamme dont il rédige seulement le premier volume ; le second est écrit par Victor Serge, le troisième, par Boris Souvarine . Dès lors, Istrati n’est plus le grand écrivain que la plupart de ses anciens amis avaient loué, mais les critiques et les invectives pleuvent. L’ancien prolétaire n’a pas les codes du milieu intellectuel parisien qui lui auraient permis, comme un André Gide quelques années plus tard, de mieux se défendre et de résister à l’outrage. Alors, il devient « l’homme qui n’adhère à rien » – une proclamation au ton libertaire qui le voit condamner simultanément le communisme stalinien comme le fascisme montant, sans avoir la moindre illusion sur les régimes bourgeois…
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