Daniel Bougnoux, Aragon, la confusion des genres, Paris, Gallimard, « L’un et l’autre », 2012, 203 p.
- Par Yves Ansel
Page XXXV
Citer cet article
- ANSEL, Yves,
- Ansel, Yves.
- Ansel, Y.
https://doi.org/10.3917/aden.012.0215ai
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Notes
-
[112]
Voir n. supra. [n.d.l.r.]
Le titre de l’ouvrage, emprunté à Louis Aragon
lui-même (en épigraphe de l’ouvrage, cette citation de La Défense de l’infini : « Je ne suis ni les règles du roman/ ni la marche du poème. /Je pratique tout éveillé la confusion des genres »), prête à « confusion ».
Daniel Bougnoux emploie le mot dans son sens littéraire mais aussi dans celui qu’il a pris récemment dans les gender studies. Dans la perspective littéraire, l’essayiste exploite et amplifie le dire d’Aragon, refusant de faire des distinctions entre les genres : « […] tout m’est également parole » (lettre à Jacques Doucet, 1923). De fait, il est patent que l’œuvre d’Aragon transgresse les frontières reçues entre le roman, la poésie, le théâtre et le journalisme, entre les essais, les textes militants ; que tout chez l’auteur du Traité du style est matière en fusion, que le texte d’Aragon est un texte en « mouvement perpétuel » (p. 69), sans cesse repris, corrigé, repensé, qui défie la cartographie générique usuelle. Et cette volonté délibérée de mêler tous les genres littéraires, selon Bougnoux, ne peut pas ne pas renvoyer à la facette existentielle de la question des « genres » : « On édulcorerait cependant cette problématique, cruciale, chez notre auteur, des genres et de leur brassage si l’on escamotait son versant sexuel : la confusion des genres concerne au premier chef la réversibilité, bien attestée chez lui, du masculin au féminin. Ne vit-on pas le veuf d’Elsa, dont on craignait qu’il ne se suicide, resurgir dans Paris sous l’apparence d’un dandy aux tapageuses toilettes …
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