Colères et cibles du transfuge
- Par Yves Ansel
Pages 309 à 326
Citer cet article
- ANSEL, Yves,
- Ansel, Yves.
- Ansel, Y.
https://doi.org/10.3917/aden.006.0309
Citer cet article
- Ansel, Y.
- Ansel, Yves.
- ANSEL, Yves,
https://doi.org/10.3917/aden.006.0309
Notes
-
[1]
« Les hommes sont fait pour les ancrages… », in Aden Arabie [AA], Maspero, 1960, p. 95.
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[2]
La formule figure dans « Notes-programme sur la philosophie » (Bifur, décembre 1930, in Paul Nizan, Articles littéraires et politiques, vol. 1 (1923-1935) [ALPI], Textes réunis, annotés et présentés par Anne Mathieu, Nantes, éd. Joseph K., 2005, pp. 119-124, citation p. 127. Elle sera reprise, contextuellement légèrement modifiée dans Les Chiens de garde [CDG] : « Mais nous serons temporels jusqu’aux os. Nous demandons aux gens ce qu’il ne font pas et ce qu’ils font » (Maspero, 1960, p. 68).
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[3]
Cette citation, ainsi que celles qui précèdent, sont extraites de « Notes-programme sur la philosophie », art. cit., in ALPI, pp. 122-123.
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[4]
AA, respectivement p. 56, 62, 131, 149.
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[5]
Voir l’époustouflant inventaire à la Prévert qui ouvre « Les conséquences du refus » (1932), in ALPI, pp. 168-169.
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[6]
AA, p. 73.
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[7]
Voir les mots de fin dans « Les conséquences du refus », art. cit., in ALPI, pp. 172-173.
-
[8]
Cf. « Sur l’humanisme », Europe, 1935, in ibid., p. 511.
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[9]
AA, p. 135.
-
[10]
Antoine Bloyé [AB], Grasset, 1985, p. 140.
-
[11]
AA, p. 62.
-
[12]
Avant-propos de J.-P. Sartre à AA, p. 40.
-
[13]
AA, pp. 61-62.
-
[14]
Sans doute n’est -il pas inutile de souligner la portée de tels propos (aucune pensée ne se propage par sa seule vertu, par sa puissance de vérité in se — et cela même est un des grands enseignements des textes de Nizan), bien avant que R. Hoggart (cf. The Uses of Literacy, 1957, trad. française, La Culture du pauvre. Etude sur le style de vie des classes populaires en Angleterre, Minuit, 1970) n’ait révélé dans le détail les pauvres aussi ont une « culture », ce que revérifiera et exemplifiera (encore un peu après) La Distinction (Minuit, 1969), de Pierre Bourdieu.
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[15]
« Secrets de famille », Monde, mars 1931, in ALPI, pp. 131-133.
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[16]
AB, p. 137.
-
[17]
Ibid., p. 128.
-
[18]
Ibid., respectivement p. 140, 135.
-
[19]
AA, p. 63.
-
[20]
AB, respectivement p. 150,144.
-
[21]
Le Cheval de Troie (1935) [CT], Gallimard, 2005, pp. 38-39.
-
[22]
La Conspiration [Co], Gallimard, 1999, pp. 18-19.
-
[23]
Ibid., respectivement p. 18-23, 30-31, 265-266.
-
[24]
Emblématiques réflexions de Bernard Rosenthal dans les premières pages du roman (Co, p. 21).
-
[25]
Ibid., p. 31.
-
[26]
« Les Frères Karamazov par Dostoïevsky », L’Humanité, 12 avril 1936 ; publié in R.-S. Thornberry, Les écrits de Paul Nizan (1905-1940). Portrait d’une époque. Bibliographie commentée et suivie de textes retrouvés, Champion, 2001, pp. 632-635.
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[27]
Co, pp. 209-213.
-
[28]
Ibid., p. 307.
-
[29]
Philippe Laforgue est le fils d’un père « polytechnicien » et « ingénieur », un des « ces commis du capitalisme » aussi amputé, aussi « mutilé » qu’Antoine Bloyé, totalement inconscient des mobiles qui gouvernent sa vie (Co, p. 192-195).
-
[30]
« Les Frères Karamazov par Dostoïevsky », art. cit., in ALPI, p. 632-633.
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[31]
Co, pp. 223-227.
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[32]
Ibid., p. 205.
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[33]
Ibid., respectivement p. 222, 229.
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[34]
Ibid., pp. 229-230.
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[35]
Ibid., respectivement p. 234, 135.
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[36]
Ibid., pp. 236-237.
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[37]
Voir les propos de Laforgue (ibid., pp. 156-157).
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[38]
Pascal Ory, Nizan. Destin d’un révolté 1905-1940, éd. Ramsay, 1980, p. 101.
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[39]
AA, pp. 56-58.
-
[40]
Ibid., p. 59.
-
[41]
Ibid., p. 101.
-
[42]
Naguère, l’ouvrage de P. Bourdieu, Sur la télévision (Raisons d’agir, 1996) a fait scandale, non parce qu’il énonçait des vérités inédites (pour tout lecteur de Bourdieu, il n’y avait dans ce tout petit livre rouge rien qui n’ait déjà été théorisé, explicité, détaillé, prouvé, etc., ailleurs), mais parce qu’il mettait des noms sur certaines pratiques, parce qu’il nommait certains « intellectuels médiatiques » à vendre et vendus, « collaborateurs » en quête de gloire temporelle, d’audimat. C’est cette transgression-là que l’on a voulu faire payer au sociologue, pas ses analyses, éclairantes, décapantes certes, mais vraiment pas plus que d’habitude. Exactement de la même manière (c’est dire si les « mots de passe », si les mœurs et usages universitaires relèvent de l’indéplaçable, de l’intemporel « mammouth » hypercongelé : penser que Les Chiens de garde, 1932, et Sur la télévision, 1996, aient eu droit sensiblement aux mêmes traitements, aux mêmes verdicts, voilà qui en dit long, très long, sur « la longue durée » des discours institutionnels), en mettant des « vrais » noms sur « la » philosophie qu’il combattait, Nizan savait ne pas respecter « certaines formes de politesse » — l’universitaire impératif catégorique d’ « euphémisation » (P. Bourdieu) —, savait être de mauvais goût, « grossier », incongrûment « matérialiste », irrécupérablement du côté d’Epicure. Nizan n’était pas vraiment « poli » (CDG, pp. 25-26), distingué ; il posait des questions « vulgaires » (terme philosophiquement polémique, que Nizan utilise de manière stratégique. Voir, par exemple, dans CDG, pp. 21, 29, 35, 43, 51, 57, 60…), donc il était « vulgaire » (Bourdieu posera aussi des questions « vulgaires », et aura droit aux mêmes anathèmes).
-
[43]
AA, p. 59.
-
[44]
Ibid.
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[45]
CDG, p. 26.
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[46]
AB, pp. 60-61.
-
[47]
P. Bourdieu et J.-Cl. Passeron, Les Héritiers, Minuit, 1964.
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[48]
Voir la série de cinq articles, intitulée « L’ennemi public n° 1 » (1935) in ALPI, pp. 413-417, 422-426, 431-436, 441-445, 446-450.
-
[49]
AB, p. 48.
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[50]
Cf. « Notes de lectures : livres d’enfants » (L’Humanité, 23 décembre 1932), in ALPI, pp. 161-163. On n’a sans doute pas assez mesuré l’importance, la « radicale » nouveauté de tels textes. Si aujourd’hui exposer et analyser l’idéologie (conservatrice, paternaliste, patriotique, militariste, chrétienne, coloniale, etc.) tapie dans les livres d’enfants ou la « grande » littérature (voir, à ce propos, le très clairvoyant article sur « la littérature coloniale et impérialiste », paru dans Commune en octobre 1933, in ALPI, pp. 268-271) est devenu une assez indigeste tarte à la crème à la portée de n’importe quel plumitif, on n’en était point encore là (et bien loin de là !) dans les années trente, et, de ce point de vue, Nizan se situe très nettement à l’avant avant-garde des « sociocritiques » et des « déconstructions » postmodernes.
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[51]
P. Ory, Nizan. Destin d’un révolté, op. cit., pp. 100-101. Voir ALPI, pp. 74-88.
-
[52]
AA, pp. 100-104.
-
[53]
Co, p. 21.
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[54]
AA, pp. 101-102.
-
[55]
CDG, p. 11.
-
[56]
« Les conséquences du refus », art. cit., in ALPI, pp. 170-171.
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[57]
CT, p. 39.
-
[58]
CDG, p. 25.
-
[59]
Ibid., p. 38.
« Ecrire, c’est le dernier recours quand on a trahi ». La formule de Jean Genet, reprise par Annie Ernaux, aurait pu être de Nizan tout aussi bien puisqu’il est peu d’œuvres qui soit à ce point hantée par le désir de racheter par l’écriture au service de « la misère du monde », du peuple, les trahisons bourgeoises du père et les tentations du fils.
La postérité de Nizan n’a pu esquiver les mots de Sartre qui, dans son Avant-propos à Aden Arabie, fait de son « petit camarade » un écrivain mobilisé dans le Parti pour servir le prolétariat et la cause de la Révolution afin d’échapper à la damnation sociale qui menace les scribes « du côté du manche », afin de se sauver en sauvant « les damnés de la terre ». Pour être très partielle, enrôlée dans le parcours personnel du survivant, l’image de Nizan ainsi médiatisée par Sartre est cependant loin d’être fausse. De fait, la généalogie politique (comment et pourquoi Nizan est-il entré au PCF ?) et la reconstruction logique (des errances intellectuelles, des impasses existentielles à la découverte du salut dans une vie enfin arrimée dans les réalités concrètes : le mariage, la paternité, le militantisme, une écriture au profit de tous les déshérités) de Sartre rendent compte de bien des aspects essentiels de l’œuvre.
Lycéen ou normalien, Paul-Yves Nizan est un jeune homme qui « a la haine » (colère, haine, hargne, rage : ce sont ces termes, récurrents, qui paraissent définir Nizan aux yeux de Sartre, et l’œuvre est là qui confirme la vraisemblance de l’Avant-propos), qui rêve d’en découdre, et qui va choisir de se battre avec la meilleure arme dont il dispose : un style, une plume…
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