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Compte rendu

Arno MÜNSTER, André Tosel, penseur de l’émancipation. Un hommage, Paris, Lignes, 2018, 125 pages

Pages 208f à 218f

Citer cet article


  • Lachaud, J.-M.
(2018). Arno MÜNSTER, André Tosel, penseur de l’émancipation. Un hommage, Paris, Lignes, 2018, 125 pages. Actuel Marx, 64(2), 208f-218f. https://doi.org/10.3917/amx.064.0208f.

  • Lachaud, Jean-Marc.
« Arno MÜNSTER, André Tosel, penseur de l’émancipation. Un hommage, Paris, Lignes, 2018, 125 pages ». Actuel Marx, 2018/2 n° 64, 2018. p.208f-218f. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-actuel-marx-2018-2-page-208f?lang=fr.

  • LACHAUD, Jean-Marc,
2018. Arno MÜNSTER, André Tosel, penseur de l’émancipation. Un hommage, Paris, Lignes, 2018, 125 pages. Actuel Marx, 2018/2 n° 64, p.208f-218f. DOI : 10.3917/amx.064.0208f. URL : https://shs.cairn.info/revue-actuel-marx-2018-2-page-208f?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/amx.064.0208f


1 Arno Münster rend ici un hommage fort à notre ami et camarade André Tosel, disparu le 14 mars 2017. Pour l’auteur, André Tosel « incarnait […] par excellence cet intellectuel ‘organique’, défini par Gramsci, lequel doit faire la preuve de sa capacité à unir en lui de manière exemplaire la fonction critique de l’intellectuel marxiste avec un engagement politique sincère et entier aux côtés des exploités et des humiliés ».

2 D’un chapitre à l’autre de cet essai précis et incisif, Arno Münster évoque les lignes de force qui soutiennent la pensée non dogmatique d’un philosophe (et militant), dont l’œuvre reste à ce jour encore trop peu lue et discutée. Pour Arno Münster, la problématique de l’émancipation structure avec force, dès ses premiers travaux, la réflexion philosophique et politique d’André Tosel. L’auteur rappelle ainsi que par son minutieux questionnement sur Spinoza ou le crépuscule de la servitude (Paris, Aubier, 1984), André Tosel inscrit clairement cet auteur au cœur du « mouvement émancipateur de la libération de la Raison ». De même, il souligne que, dans sa relecture de Qu’est-ce que les Lumières ? (publié en 1784), André Tosel considère Kant comme un « penseur du progrès ». Evidemment, Arno Münster s’attarde longuement sur les passionnantes approches des thèses de Marx (sur la question du prolétariat et de son rôle historique, par exemple) et de Gramsci qu’André Tosel nous lègue. Selon l’auteur, la « philosophie gramscienne de la praxis » et plus précisément les arguments développés par Gramsci sur l’hégémonie et sur le « bloc historique », ont été méticuleusement décryptés et prolongés par celui qui est à juste titre pensé comme un « disciple et continuateur français » du philosophe et militant révolutionnaire italien. Au-delà, Arno Münster montre qu’André Tosel, auteur d’un important ouvrage sur Le Marxisme du xxe siècle (Paris, Syllepse, 2009), a engagé un échange constructif (en leur rendant « justice ») avec les marxismes hérétiques (tout en regrettant que les travaux de l’école de Francfort ne soient pas assez interrogés). De même, il souligne qu’André Tosel, pour « allumer des contre-feux » face à ceux « qui proclamaient et continuent de proclamer le ‘temps de la fin du grand récit de l’émancipation’ », a exposé sans concessions la « libre et plurielle recherche marxiste » en France ces dernières années. Enfin, Arno Münster montre comment André Tosel, pour stopper la folle logique du capitalisme menant à la catastrophe, réussit à faire « une synthèse positive de sa propre pensée (marxiste-gramscienne) de l’émancipation avec les principales revendications des théoriciens de l’écologie politique et de l’éco-socialisme ».

3 Beaucoup d’autres questionnements abordés par André Tosel, sur l’État, sur la religion, sur la laïcité (entre autres thèmes) sont ici finement présentés, mais également discutés, puisqu’Arno Münster ne masque pas quelques authentiques « divergences ». Dans cet ouvrage, l’auteur entre en effet en dialogue fécond avec la pensée marxiste non orthodoxe d’un penseur plus que jamais précieux qui, écrit-il, « communiste, mais d’un communisme très critique », propose avec l’« intempestivité » de son « communisme de la finitude » une approche frontalement opposée à la « domination de la pensée unique néolibérale de notre époque ».

4 Jean-Marc LACHAUD


Date de mise en ligne : 19/09/2018

https://doi.org/10.3917/amx.064.0208f