Classes et nations : quelle articulation à l’échelle européenne ?
- Par Frédéric Lebaron
- et Pierre Blavier
Pages 80 à 97
Citer cet article
- LEBARON, Frédéric
- et BLAVIER, Pierre,
- Lebaron, Frédéric.
- et al.
- Lebaron, F.
- et Blavier, P.
https://doi.org/10.3917/arss.219.0080
Citer cet article
- Lebaron, F.
- et Blavier, P.
- Lebaron, Frédéric.
- et al.
- LEBARON, Frédéric
- et BLAVIER, Pierre,
https://doi.org/10.3917/arss.219.0080
Notes
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[1]
http://www.euractiv.fr/entreprises-et-emploi/dossier/marche-interieur-entreprisesdossierde-la-directive-bolkestein-a-ladirective-services-revisee-418.html, consulté le 25 novembre 2015.
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[2]
Voir en particulier pour une interprétation des résultats du référendum : Patrick Lehingue, « Le Non français au traité constitutionnel européen (mai 2005). Sur deux lectures “polaires” du scrutin », Actes de la recherche en sciences sociales, 166-167, 2007, p. 123-139. Concernant les effets de la concurrence internationale sur les représentations et attitudes politiques des ouvriers de l’industrie, voir Camille Peugny, « Pour une prise en compte des clivages au sein des classes populaires. La participation politique des ouvriers et des employés », Revue française de science politique, FNSP, 65(5-6), 2015, p. 735-759.
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[3]
Il existe de nombreux travaux sur l’histoire de la construction européenne. Pour une synthèse sur la période récente et les questions suscitées par l’élargissement de l’Union européenne, voir par exemple William Outhwaite, Europe Since 1989. Transitions and Transformations, New York, Routledge, 2016.
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[4]
Voir les travaux de Fabien Escalona sur la social-démocratie européenne : Fabien Escalona, « La reconversion partisane de la social-démocratie européenne. Du régime social-démocrate keynésien au régime social-démocrate de marché », thèse de doctorat, Grenoble, IEP de Grenoble, 2016.
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[5]
Parmi les exceptions : David Rose et Eric Harrison, Social Class in Europe. An Introduction to the European Socio-economic Classification, New York, Routledge, 2010 ; les travaux menés autour de l’ESS-Net ESeG sous la direction de Michel Amar et Monique Meron (http://www.insee.fr/fr/publicationset-services/docs_doc_travail/F1604.pdf) et les recherches récentes de C. Peugny, « Pour une prise en compte des clivages au sein des classes populaires… », art. cit.
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[6]
Neil Fligstein, Euroclash. The EU, European Identity, and the Future of Europe, New York, Oxford University Press, 2008.
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[7]
Voir le rapport annuel « Benchmarking Working Europe 2015 », qui établit un portrait de la situation des relations professionnelles en Europe : http://www.etui.org/Publications2/Books/Benchmarking-Working-Europe-2015 ; Anne-Catherine Wagner, Vers une Europe syndicale ? Une enquête sur la Confédération européenne des syndicats, Vulaines-sur-Seine, Éd. du Croquant, 2005.
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[8]
Robin Cohen et Paul Kennedy, Global Sociology, New York, Palgrave Macmillan, 2007.
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[9]
Voir par exemple Serge Bosc, Sociologie des classes moyennes, Paris, La Découverte, 2008 ; Serge Bosc, Stratification et classes sociales, Paris, Armand Colin, 2007 ; Yannick Lemel, Les Classes sociales, Paris, PUF, 2004 ; Yasmine Siblot, Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet et Nicolas Renahy, Sociologie des classes populaires contemporaines, Paris, Armand Colin, 2015 ; Alain Bihr et Roland Pfefferkorn, Le Système des inégalités, Paris, La Découverte, 2008 ; Alain Bihr et Roland Pfefferkorn (dir.), Dictionnaire des inégalités, Paris, Armand Colin, 2014.
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[10]
http://www.test-afs-socio.fr/drupal/RT5, consulté le 23 novembre 2015.
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[11]
Didier Georgakakis (dir.), Le Champ de l’eurocratie. Une sociologie politique du personnel de l’UE, Paris, Economica, 2012 ; Sylvain Laurens, Les Courtiers du capitalisme. Milieux d’affaires et bureaucrates à Bruxelles, Marseille, Agone, 2015.
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[12]
Voir notamment : Anne-Catherine Wagner, Les Classes sociales dans la mondialisation, Paris, La Découverte, 2007 ; Philippe Blanchard, François-Xavier Dudouet et Antoine Vion, « Le cœur des affaires de la zone euro. Une analyse structurale et séquentielle des élites économiques transnationales », Cultures & Conflits, 98, 2015, p. 71-99.
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[13]
Voir Gérard Noiriel, Le Creuset français. Histoire de l’immigration XIXe-XXe siècle, Paris, Seuil, 2006 [1988] ; Andrea Rea et Maryse Tripier, Sociologie de l’immigration, Paris, La Découverte, 2003.
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[14]
Voir par exemple Christophe Charle, La Crise des sociétés impériales. Allemagne, France, Grande-Bretagne (1900-1940). Essai d’histoire sociale comparée, Paris, Seuil, 2001 ; Gisèle Sapiro (dir.), Translatio. Le Marché de la traduction en France à l’heure de la mondialisation, Paris, CNRS Éd., 2008.
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[15]
Romain Bertrand, L’Histoire à parts égales. Récits d’une rencontre, Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècle), Paris, Seuil, 2011.
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[16]
Luc Boltanski, Les Cadres. La formation d’un groupe social, Paris, Minuit, 1982.
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[17]
Edward P. Thompson, The Making of the English Working Class, Londres, Penguin Books, 1963.
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[18]
Andreas Pfeuffer et Franz Schultheis, « Quelques particularités allemandes dans la représentation statistique du monde social », Sociétés contemporaines, 45-46, 2002, p. 17-42.
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[19]
Abdelmalek Sayad, L’Immigration ou les paradoxes de l’altérité. 2. Les enfants illégitimes, Paris, Raisons d’agir, 2006 ; Nikos Panayotopoulos, « La conversion de l’État grec à l’économisme dominant », Regards sociologiques, 21, 2001, p. 41-49.
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[20]
Voir Ettore Recchi, Mobile Europe. The Theory and Practice of Free Movement in the European Union, New York, Palgrave Macmillan, 2015 : Adrian Favell et Ettore Recchi, “Social mobility and spatial mobility”, in Adrian Favell et Virginie Guiraudon (dir.), Sociology of the European Union, New York, Palgrave Macmillan, 2011.
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[21]
Voir par exemple le rapport de l’European Foundation, Eurofound Yearbook 2014. Living and Working in Europe, qui indique que « la mobilité [intra-européenne] des travailleurs atteint un pic » après 2012, et que cette tendance a été favorisée par la politique de l’Union européenne (p. 18 sq.). Si dans certains pays, la proportion de nationaux de l’Union européenne travaillant dans un autre État-membre reste faible (moins de 0,5 % dans les pays d’Europe centrale et orientale), elle dépasse 2 % en France, 5 % en Autriche et 6 % en Belgique, atteignant un maximum en Irlande (11 %) et à Chypre (14 %).
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[22]
Gordon Marshall, Repositioning Class. Social Inequality in Industrial Societies, Londres, Sage Publications, 1997.
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[23]
Voir Jay Rowell, « Une sociologie des catégories de l’action publique en Europe. L’instrumentation des politiques sociales européennes », mémoire d’habilitation à diriger des recherches (HDR), Amiens, Université de Picardie Jules Verne, 2012.
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[24]
Joseph Stiglitz, Amartya Sen et Jean-Paul Fitoussi, Performances économiques et progrès social, 2 tomes, Paris, Odile Jacob, 2009.
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[25]
Frédéric Lebaron, Les Indicateurs sociaux du XXIe siècle, Paris, Dunod, 2011.
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[26]
Alessio Fusco, Anne-Catherine Guio et Éric Marlier, Income Poverty and Material Deprivation in European Countries, CEPS/ INSTEAD, Document de travail 2011-04, 2011 (http://www.ceps.lu/?type=module&id=104&tmp=2805).
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[27]
Comme beaucoup d’indicateurs synthétiques, il définit la précarité à partir d’un nombre relativement arbitraire d’items, de manière indifférenciée et sans pondérer ni leur importance ni leur articulation.
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[28]
Ainsi nous avons reproduit les séries en longue durée pour tous les autres indicateurs, et les tendances sont similaires.
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[29]
Alain Desrosières, « Séries longues et conventions d’équivalence », Genèses. Sciences sociales et histoire, 9, 1992, p. 92-97.
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[30]
Source : Eurostat, indicateur de Gini calculé sur la base des revenus disponibles pas unité de consommation.
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[31]
Cette question fait toujours l’objet de débats à propos de la répartition mondiale des revenus, voir par exemple Branko Milanovic, Global Inequality. A New Approach for the Age of Globalization, Cambridge (MA), Harvard University Press, 2016. Malgré de nombreuses discussions sur les sources de revenus et donc de données utilisées, l’évolution principale va globalement dans le sens d’une réduction des inégalités interpays mais d’une augmentation de celles intra-pays.
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[32]
Voir Jean-Claude Combessie, « Analyse critique d’une histoire des traitements statistiques des inégalités de destin. Le cas de l’évolution des chances d’accès à l’enseignement supérieur », Actes de la recherche en sciences sociales, 188, 2011, p. 4-31. 33. Pour une analyse de cette dernière dans le cas français, voir par exemple Éric Maurin, La Peur du déclassement. Une sociologie des récessions, Paris, Seuil, 2009. Pour une analyse sur une plus longue durée, voir Camille Peugny, Le Destin au berceau. Inégalités et reproduction sociale, Paris, Seuil, 2013.
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[33]
Pour une analyse de cette dernière dans le cas français, voir par exemple Éric Maurin, La Peur du déclassement. Une sociologie des récessions, Paris, Seuil, 2009. Pour une analyse sur une plus longue durée, voir Camille Peugny, Le Destin au berceau. Inégalités et reproduction sociale, Paris, Seuil, 2013.
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[34]
Jean-Paul Benzécri, L’Analyse des données. t.2 L’analyse des correspondances, Paris, Dunod, 1973 ; Brigitte Le Roux et Henry Rouanet, Multiple Correspondence Analysis, Thousand Oaks (CA), Sage Publications, 2010 ; Brigitte Le Roux, Analyse géométrique des données multidimensionnelles, Paris, Dunod, 2014.
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[35]
Alexandra Filhon et al., « Un projet de nomenclature socioprofessionnelle européenne : une construction savante face aux variations nationales de représentation du monde social », Sociologie, 4(4), 2013, p. 373-393.
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[36]
Ce choix est discuté dans d’autres articles du présent numéro.
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[37]
Pierre Bourdieu, La Distinction. Critique sociale du jugement, Paris, Minuit, 1979 ; Frédéric Lebaron et Brigitte Le Roux (dir.), La Méthodologie de Pierre Bourdieu en action. Espace culturel, espace social et analyse des données, Paris, Dunod, 2015.
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[38]
B. Le Roux, Analyse géométrique…, op. cit.
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[39]
Pierre Bourdieu (dir.), La Misère du monde, Paris, Seuil, 1993.
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[40]
Cela apparaît clairement lorsqu’on projette ces variables en éléments supplémentaires (ce qui n’a pas été fait ici, en dehors des années, des groupes de pays [graphique 4] et de la nomenclature ESeG à deux chiffres [graphique 5]).
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[41]
Il s’agit de décomposer la variance du nuage en variance inter découlant de la partition étudiée et variance intra. Voir B. Le Roux, Analyse géométrique…, op. cit.
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[42]
Les groupes de pays sont les suivants : Europe de l’Ouest (Allemagne, Autriche, Belgique, France, Grande-Bretagne, Luxembourg, Pays-Bas), Europe du Nord (Danemark, Finlande, Suède) et du Sud (Espagne, Grèce, Portugal, Italie), Irlande, Europe centrale (Hongrie, Pologne, Slovaquie, Slovénie, République tchèque), Europe orientale (Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie).
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[43]
Pour une synthèse historique rendant compte des enjeux économiques mais aussi politiques qui ont présidé à la mise en place de la zone euro, voir par exemple Robert Boyer, « Les difficultés de la stabilisation économique en Europe. Un révélateur de l’inachèvement institutionnel de l’Union européenne », Revue française d’économie, 21(3), 2007, p. 39-73 ; Peter Starke, Herbert Obinger et Francis G. Castles, “Convergence towards where : in what ways, if any, are welfare states becoming more similar ?”, Journal of European Public Policy, 15(7), 2008, p. 975-1000 ; Wolfgang Streeck, “Why the euro divides Europe”, New Left Review, 95, 2015, p. 5-26. Voir aussi Louis Chauvel, « Existe-t-il un modèle européen de structure sociale ? », Revue de l’OFCE, 71, 1999, p. 281-298.
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[44]
Voir Juan Diez Medrano, « Unpacking European identity », Politique européenne, 30, 2010, p. 45-66 ; Theresa Kuhn, Erika van Elsas, Armen Hakhverdian et Wouter van der Brug, “An ever wider gap in an ever closer union : rising inequalities and euroscepticism in 12 West European democracies, 1975-2009”, Socio-Economic Review, 14(1), 2016, p. 27-45. Pour le cas français, voir France Guérin-Pace, Olivia Samuel et Isabelle Ville (dir.), En quête d’appartenances. L’enquête Histoire de vie sur la construction des identités, Paris, Éd. de l’INED, 2009.
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[45]
Plusieurs articles récemment parus dans European Societies abordent également ces enjeux du rapport que les citoyens européens entretiennent avec l’Union européenne, voir par exemple : Veronica Fagerland Kroknes, Tor Georg Jakobsen et Lisa-Marie Grønning, “Economic performance and political trust : the impact of the financial crisis on European citizens”, European Societies, 17(5), 2015, p. 700-723 ; Jan Delhey, Emanuel Deutschmann, Timo Graf et Katharina Richter, “Measuring the europeanization of everyday life : three new indices and empirical application”, European Societies, 16(3), 2014, p. 355-377. Voir aussi Ettore Recchi et Justyna Salamońska, “Keepint the European faith. Collective identity before and after the eurocrisis”, Partecipazione & Conflitto, 7(3), 2014, p. 509-531.
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[46]
Frédéric Gonthier, « La montée et les bases sociales de l’interventionnisme dans l’Union européenne. Une analyse des attitudes économiques entre 1990 et 2008 », Revue française de sociologie, 56(1), 2015, p. 7-46.
Cet article part du constat de la faiblesse du travail de « construction des classes » à l’échelle européenne, qui contraste avec l’importance persistante des inégalités entre groupes sociaux. Après avoir présenté certains des enjeux théoriques d’une analyse de classes à l’échelle européenne, et en s’appuyant sur les données des grandes enquêtes européennes ECHP et EU-SILC, on étudie le poids respectif des différences de classes et de nations en termes de difficultés économiques et de conditions de vie, et comment ce poids a évolué. L’analyse permet de conclure à une importance notable des inégalités de classes, à leur maintien voire leur accentuation dans le temps, processus variables selon les pays. L’analyse conduit aussi à souligner leur intensité plus faible que celle des différences entre pays, avec lesquelles elles interagissent fortement. Ceci invite à reposer la question des classes à l’échelle européenne en les articulant systématiquement avec les inégalités entre pays.
Classes and nations : which articulation at the European level ?
This article starts with the observation that the “construction of the classes” at the European level remains weak, while the inequalities between social groups remain strong and persistent. After presenting some of the key theoretical issues of a class analysis at the European level and building upon the data of the large European surveys ECHP and EU-SILC, the article focuses on the respective weight of class-and national differences in determining the socioeconomic hardships and on its evolution. The analysis concludes that class inequalities remain extremely important and that they have remained stable over time when they have not become more pronounced, depending on the country under scrutiny. The article also emphasizes that class differences are less intense than national differences, with which they interact strongly. This suggests that the question of class can be formulated at the European level through a systematic correlation with the question of inequalities between countries.
Klassen und Nationen : welche Gliederung auf europäischer Ebene ?
Der Ausgangspunkt dieses Aufsatzes ist die Feststellung der Schwäche der Arbeit zur „Klassenkonstruktion“ auf europäischer Ebene, im starkem Gegensatz zur andauernden Relevanz der Ungleichheit zwischen den sozialen Gruppen. Nach der Vorstellung verschiedener theoretischer Herausforderungen, die mit einer Klassenanalyse auf europäischer Ebene einhergehen, untersucht der Aufsatz, gestützt auf die grossen europäischen Erhebungen des Haushaltspanels (ECHP) und zu den Lebensbedingungen (EU-SILC), das relative Gewicht von Klasse und Nation im Hinblick auf wirtschaftliche Schwierigkeiten und Lebensbedingungen und wie sich die Gewichtigung entwickelt hat. Die Untersuchung unterstreicht die fortdauernde Bedeutung der Klassenunterschiede und ihrer zunehmenden Akzentuierung, wobei diese Prozesse je nach Land variabel sind. Sie stellt auch heraus, dass ihre Bedeutung geringer ist als die Unterschiede zwischen den Ländern, mit denen sie jedoch stark interagieren. Dies lädt dazu ein, die Klassenfrage auf europäischer Ebene erneut aufzuwerfen und sie stärker mit den Ungleichheiten zwischen den Ländern zu korrelieren.
Clases y naciones : que articulación a la escala europea ?
Este articulo parte de la constatación de las debilidades del trabajo de « construcción de clases » a la escala europea, que contrasta con la importancia persistente de las desigualdades entre grupos sociales. Después de haber presentado ciertos desafíos teóricos de un análisis de clases a la escala europea y apoyándose sobre los datos de las grandes encuestas europeas de ECHP y EU-SILC, estudiamos el peso respectivo de las diferencias de clases y de naciones en términos de dificultades económicas y de condiciones de vida y como ese peso evoluciono. El análisis permite concluir a una importancia notable de las desigualdades de clases, a su mantenimiento incluso su acentuación en el tiempo, procesos variables según el país. El análisis conduce también a subrayar su intensidad más débil que aquella de las diferencias entre países con las cuales estas interactúan fuertemente. Dicho esto invita a reposar el problema de clases a la escala europea articulándolos sistemáticamente con las desigualdades entre países.