Le choix du dauphin
Règles de succession managériale dans les grandes entreprises chimiques allemandes
- Par Hervé Joly
Pages 52 à 59
Citer cet article
- JOLY, Hervé,
- Joly, Hervé.
- Joly, H.
https://doi.org/10.3917/arss.p1994.105n1.0052
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- Joly, H.
- Joly, Hervé.
- JOLY, Hervé,
https://doi.org/10.3917/arss.p1994.105n1.0052
Résumé
Le choix du dauphin Règles de succession managériale dans les grandes entreprises chimiques allemandes Le recrutement des patrons des trois grands groupes chimiques allemands de l'après-guerre peut être considéré comme idéal-typique d'un «modèle allemand». L'hétérogénéité sociale et géographique de leurs origines trouve sa limite dans l'exclusion des milieux populaires liée aux exigences académiques élevées. Leur absence de lien familial avec les dirigeants précédents est compensée par une exigence d'une fidélité ancienne à l'entreprise qui garantit leur conformité. Leur notoriété est construite par leur fonction, la presse contribuant à identifier l'entreprise à la personne qui a le titre de président du directoire. Le successeur est choisi par cooptation dans des filières étroitement régulées. La durée du mandat est strictement encadrée pour empêcher une appropriation trop personnelle du pouvoir. Même si la position de patron permet l'acquisition d'un capital individuel important, le statut obtenu de « personnalité du monde des affaires » reste lié à la fonction principale dans l'entreprise. Il ne lui survit pas durablement et se transmet à un « dauphin » qui n'est pas un héritier du sang. Ce système permet à la fois l'appropriation des avantages du pouvoir par un cercle restreint de dirigeants et le détachement de l'organisation par rapport aux aléas individuels. L'exigence professionnelle, que l'on retrouve à un degré plus ou moins fort selon les secteurs, protège le milieu des pressions extérieures, qu'elles soient bancaires ou politiques. Elle lui permet de garder la maîtrise interne de son recrutement.
Résumé
Le choix du dauphin Règles de succession managériale dans les grandes entreprises chimiques allemandes Le recrutement des patrons des trois grands groupes chimiques allemands de l'après-guerre peut être considéré comme idéal-typique d'un «modèle allemand». L'hétérogénéité sociale et géographique de leurs origines trouve sa limite dans l'exclusion des milieux populaires liée aux exigences académiques élevées. Leur absence de lien familial avec les dirigeants précédents est compensée par une exigence d'une fidélité ancienne à l'entreprise qui garantit leur conformité. Leur notoriété est construite par leur fonction, la presse contribuant à identifier l'entreprise à la personne qui a le titre de président du directoire. Le successeur est choisi par cooptation dans des filières étroitement régulées. La durée du mandat est strictement encadrée pour empêcher une appropriation trop personnelle du pouvoir. Même si la position de patron permet l'acquisition d'un capital individuel important, le statut obtenu de « personnalité du monde des affaires » reste lié à la fonction principale dans l'entreprise. Il ne lui survit pas durablement et se transmet à un « dauphin » qui n'est pas un héritier du sang. Ce système permet à la fois l'appropriation des avantages du pouvoir par un cercle restreint de dirigeants et le détachement de l'organisation par rapport aux aléas individuels. L'exigence professionnelle, que l'on retrouve à un degré plus ou moins fort selon les secteurs, protège le milieu des pressions extérieures, qu'elles soient bancaires ou politiques. Elle lui permet de garder la maîtrise interne de son recrutement.