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IV. Histoire

Pages 217 à 287

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  • Cordier, D.
(2025). IV. Histoire. Rétro-chaos : Mémoires (p. 217-287). Gallimard. https://shs.cairn.info/retro-chaos--9782073015211-page-217?lang=fr.

  • Cordier, Daniel.
« IV. Histoire ». Rétro-chaos Mémoires, Gallimard, 2025. p.217-287. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/retro-chaos--9782073015211-page-217?lang=fr.

  • CORDIER, Daniel,
2025. IV. Histoire. In : Rétro-chaos Mémoires. Paris : Gallimard. Témoins, p.217-287. URL : https://shs.cairn.info/retro-chaos--9782073015211-page-217?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Voir Amateur d’art, op. cit., p. 72-73 et p. 124-127.
  • [2]
    Voir La Victoire en pleurant, op. cit., p. 159-168.
  • [3]
    C’est avec des faux papiers au nom de Charles Dandinier que Daniel Cordier fut envoyé en France en 1942. Il logea dans un premier temps dans la famille de Suzette Olivier, qui prit l’habitude – persistante – de l’appeler Charles.
  • [4]
    Pierre Haas (né en 1920), engagé dans la France libre et membre du service de contre-espionnage du BCRA, assura l’intérim de Daniel Cordier comme chef de cabinet de Passy à la DGER à l’été 1945. Il fut un admirateur et un ami de Passy jusqu’à sa mort.
  • [5]
    Le Special Operations Executive, service Action des services de renseignement britanniques.
  • [6]
    Quatre dans l’ombre, Gallimard, « L’Air du temps », 1957. Ce récit, romancé, comprend des anachronismes, des erreurs et des extrapolations. Piquet-Wicks semble en particulier obsédé par le rôle de la Milice, quitte à la faire intervenir avant même sa création. Les spécialistes reconnaissent les sources de telle ou telle anecdote, non dénuée toutefois d’améliorations personnelles. Le récit de la souricière de la rue de l’Hôtel-de-Ville devient ainsi une véritable scène de film comique. Le livre reçut un bon accueil et connut un vrai succès public.
  • [7]
    Igor Barrère et Étienne Lalou, Sur les traces de Jean Moulin, 1958.
  • [8]
    Ces documents sont regroupés dans un dossier intitulé « Papiers de Daniel Cordier » dans les archives du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale (AN, 72AJ233).
  • [9]
    Marie-Hélène Blanchy (né en 1922), fille d’Olivier Blanchy (né en 1896) est en fait l’arrière-petite-fille d’Edmond Blanchy (1835-1918), négociant, président du conseil d’administration du Nouvelliste, vice-président du Comité royaliste de Gironde.
  • [10]
    Allocution de Claude Serreulles prononcée au Panthéon le 17 juin 1975 : « Henri Frenay, s’il ne néglige pas de vanter le courage et l’héroïsme de Jean Moulin, formule dans la conclusion de son livre des accusations extrêmement graves à son égard. […] il jette sur son honneur le plus large discrédit. […] Mon vœu est de souhaiter ardemment qu’un réexamen se fasse dans la sérénité et je peux assurer Henri Frenay qu’il trouvera chez tous les témoins survivants un concours entier pour l’éclairer et lui permettre de dégager la vérité » (AN, 72AJ2323).
  • [11]
    « Il est impossible, sans faire parler outrancièrement les morts, de dire ce qu’aurait été leur évolution après la guerre. […] [Moulin] n’était pas communiste ; mais comment savoir si, comme tant d’autres, il n’aurait pas été séduit par le dynamisme du parti ? » (Henri Michel, Jean Moulin l’unificateur, Hachette, 1964, p. 247).
  • [12]
    « Jean Moulin était en fait l’homme du parti communiste. Oh, je ne veux pas dire qu’il ait eu dans sa poche la carte du parti, mais simplement qu’il en a fait le jeu, que toutes ses actions, du moins celles que j’ai connues, ont directement ou indirectement servi le parti. Jean Moulin, cryptocommuniste ? C’est une réponse satisfaisante à toutes mes questions et alors, brusquement tout s’éclaire. » (Henri Frenay, La nuit finira. Mémoires de Résistance, 1940-1945, Robert Laffont, 1973.)
  • [13]
    Jean Loup Berger, Lyon capitale de la Résistance, 1974 (produit par Pascal Copeau) (https://madelen.ina.fr/content/lyon-capitale-de-la-resistance-77267?locale=fr).
  • [14]
    Christian Pineau (1904-1995), créateur du mouvement Libération-Nord et du réseau de renseignement Phalanx ; Pierre Villon (1901-1981), représentant du Front national communiste au CNR ; Raymond Aubrac (1914-2012) du mouvement Libération-Sud ; Francis-Louis Closon (1910-1998), directeur au commissariat national à l’Intérieur, a accompli deux missions en France pour préparer les nouvelles instances à la Libération, dont une auprès de Jean Moulin.
  • [15]
    Voir Amateur d’art, op. cit., p. 28-34.
  • [16]
    Jacques Soustelle (1912-1990) a dirigé de novembre 1943 à avril 1945 la Direction générale des services spéciaux chargée dans un premier temps d’unifier les services de renseignement gaulliste et giraudiste. Passy a été son successeur.
  • [17]
    Service des opérations aériennes et maritimes.
  • [18]
    Mouvements unis de Résistance.
  • [19]
    Henri Noguères, Histoire de la Résistance en France, tome 3, Robert Laffont, 1972, p. 314-315.
  • [20]
    Interview de Daniel Cordier par Max Gallo, L’Express, 7-13 novembre 1977.
  • [21]
    Institut d’histoire du temps présent, Jean Moulin et le Conseil national de la Résistance, Éd. du CNRS, 1983 (table ronde), p. 52.
  • [22]
    Ces trente-quatre heures d’enregistrement, recueillies entre janvier 1986 et janvier 1987, sont conservées aux Archives nationales sous les cotes 2AV1130 à 1163.
  • [23]
    Service de documentation extérieure et de contre-espionnage, héritier de la DGER et donc du BCRA.
  • [24]
    Voir La Victoire en pleurant, op. cit., p. 166.
  • [25]
    « Les membres de l’état-major de l’AS, alertés, se réunissent et envoient à Londres un télégramme demandant d’urgence des parachutages d’armes aux réfractaires. À la même réunion, Pascal Copeau (Salard) rédige le texte d’une proclamation de l’état-major AS aux réfractaires. Le courrier envoyé aux maquis et porteur de ce texte se fait arrêter le lendemain à Albertville ; le soir même, les six avions britanniques envoyés au reçu du télégramme sont accueillis par la DCA allemande et trois d’entre eux sont abattus. Cet accident devait rendre infiniment sceptiques les services britanniques par la suite, et il fallut de longs mois et des appels désespérés avant de les amener à refaire une opération de ce genre ; et les conséquences de ce premier échec furent très lourdes » (https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/mm/media/download/FRAN_ANX_011336.pdf).
  • [26]
    Rapport hebdomadaire de la section A/M à la date du « 13 mars – [concerne la période de] deux semaines, Londres, 13 mars 1943 » : « La période de lune semble s’annoncer assez mal étant donné que toutes nos opérations ont déjà été annulées pour les trois premiers soirs. » Rapport hebdomadaire de la section A/M à la date du 27 mars, Londres, 22 [sic] mars 1943 (AN, 647AP2) : « Les résultats obtenus au cours de cette période de lune ont été déplorables. En effet, sur 56 opérations prévues, 12 seulement ont été réussies. Parmi les 7 manquées, une seule est imputable aux FFC, les 6 autres provenant pour 2 d’entre elles de l’impossibilité pour l’avion de décoller et pour les 3 autres du demi-tour de l’avion par suite du mauvais temps. »
  • [27]
    Il s’agit probablement de la cote numérotée aujourd’hui 10 R 1497 au Service historique de la Défense.
  • [28]
    Daniel Cordier, Jean Moulin. La République des catacombes, Gallimard, « La Suite des temps », 1999, p. 334-337.
  • [29]
    Lettre d’Henri Frenay au colonel Passy, 13 juillet 1950 : « Jean Moulin avait été avant la guerre le chef de cabinet de Pierre Cot, communiste déguisé en radical, prototype accompli des actuels fellow-travellers. Qui a-t-il choisi pour le seconder, c’est-à-dire pour user de ces pouvoirs dictatoriaux que nous avons si durement combattus ? Ils étaient trois : le colonel Manhès, l’actuel président de la FNDIRP, organisation communiste, Meunier et Chambeiron, tous deux actuellement députés communistes. Ces hommes n’ont pas été donnés à Moulin. C’est lui qui les a choisis. Est-ce le fait du hasard ? […] Je ne le pense pas. […] Jean Moulin a été en France, selon moi, l’homme du Parti communiste. C’est lui qui, instruit et soutenu par de Gaulle, a, comme vous le dites dans votre livre “mis en place une structure pernicieuse, dominée par un parti qui était loin d’être au service exclusif de la France”. » (Colonel Passy, Missions secrètes en France, Plon, 1951, p. 413-414.)
  • [30]
    Voir Daniel Cordier, Amateur d’art, op. cit., p. 137.
  • [31]
    Livre écrit par Jean Moulin d’après ses notes prises à Chartres en juin 1940 et publié par sa sœur en 1947.
  • [32]
    Militant et journaliste socialiste, Daniel Mayer (1909-1996) est à l’origine du Comité d’action socialiste clandestin en 1941 et fait paraître le premier numéro du Populaire clandestin. Il siège au CNR à partir de septembre 1943. Devenu après la guerre secrétaire général de la SFIO, député, président de la Ligue des droits de l’homme, il vient alors d’être nommé président du Conseil constitutionnel.
  • [33]
    Daniel Cordier, « Interview par Pierre Assouline », Lire, octobre 1989.
  • [34]
    Robert Serrou, « Douze ans dans un camping-car pour écrire l’histoire de Jean Moulin », Paris Match, 2 novembre 1989.
  • [35]
    Henri Noguères, « Les biographies les plus longues ne sont pas forcément les meilleures », 15 novembre 1989 ; [Maurice Chevance-Bertin], « La machination d’un deuxième classe de la Résistance » ; Mireille Albrecht, « Une image déformée jusqu’à l’absurde » ; Henri Frenay, « Mon père », 25 novembre 1989.
  • [36]
    Colonel Passy, « “Jean Moulin n’était pas attiré par le communisme”. Propos recueillis par Éric Roussel », Le Figaro, 30 octobre 1989.
  • [37]
    Claude Bourdet, « Cordier va trop fort », Le Nouvel Observateur, 26 octobre 1989.
  • [38]
    « Tous ceux qui servent dans nos rangs, comme ceux qui s’y trouvent déjà, seront des Français authentiques. Les juifs serviront dans nos rangs s’ils ont effectivement combattu dans une des deux guerres » (AN, 3AG2/376).

Les curiosités d’un amateur d’art ont été une préparation inattendue au travail d’historien. La peinture ancienne rend attentif à l’existence des documents, puisqu’une toile possède la double qualité d’objet d’art et de témoignage sur son époque, y compris de manière descriptive. Mon amour de l’art m’avait amené à l’histoire de l’art. Mais il y a loin de l’intérêt passif de l’amateur d’art à la curiosité active du chercheur. Au plaisir procuré par la contemplation allait succéder un travail parfois ingrat dans les archives.
Je dois à l’histoire les vertus dont l’absence a ruiné ma vie : prudence, patience, rigueur. À l’opposé de mon caractère aventureux et passionné, qui m’a toujours entraîné dans des choix dont je ne mesurais pas les conséquences.
Dans le domaine de la connaissance, c’est l’expérience qui me fut la plus salutaire. Grâce à l’histoire, j’ai mesuré mon ignorance. Bribes d’information, jugements sans fondement, approximations généralisées. À mesure que je précisais mes connaissances, je découvrais la fragilité d’un savoir illusoire.
Ce fut aussi l’occasion d’une méditation sur les limites de la démocratie qui exige, pour fonctionner à la perfection, des citoyens savants plus encore que vertueux, alors que la communication permanente diffuse une information fragmentaire qui conforte l’ignorance plus qu’elle ne l’éclaire.Les dates clefs d’une biographie ne correspondent pas forcément à celles de l’histoire. C’est en avril 1947 que la page de la guerre s’était tournée définitivement pour moi, avec la création du Rassemblement du peuple français par le général de Gaulle…


Date de mise en ligne : 06/06/2025