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Introduction / Que cent fleurs s'épanouissent ?

Pages 13 à 28

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  • Jacquemain, M.
  • et Frère, B.
(2013). Introduction / Que cent fleurs s'épanouissent ? Dans
  • B. Frère
  • et M. Jacquemain
Résister au quotidien ? (p. 13-28). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.frere.2013.01.0013.

  • Jacquemain, Marc.
  • et al.
« Introduction / Que cent fleurs s'épanouissent ? ». Résister au quotidien ? Presses de Sciences Po, 2013. p.13-28. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/resister-au-quotidien--9782724612950-page-13?lang=fr.

  • JACQUEMAIN, Marc
  • et FRÈRE, Bruno,
2013. Introduction / Que cent fleurs s'épanouissent ? In :
  • FRÈRE, Bruno
  • et JACQUEMAIN, Marc,
Résister au quotidien ? Paris : Presses de Sciences Po. Académique, p.13-28. DOI : 10.3917/scpo.frere.2013.01.0013. URL : https://shs.cairn.info/resister-au-quotidien--9782724612950-page-13?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.frere.2013.01.0013


Notes

  • [1]
    Hirschman prend notamment l’exemple de celui qui, durant la guerre, permet à des fugitifs de passer en zone libérée. Il fait remarquer que cela n’aurait pas de sens de justifier son engagement en affirmant qu’on le fait par patriotisme et qu’en plus cela rapporte de l’argent.
  • [2]
    Au sens où la connaissance (distribuée) devient le principal moyen de production, ce qui, comme Marx l’avait bien anticipé, fait de l’appropriation individuelle des moyens de production un frein au développement des forces productives.
  • [3]
    Précisons que tous ces textes ont été rédigés, pour l’essentiel, avant le mouvement du 15 mai en Espagne et ses « répliques » dans une série de pays.
  • [4]
    Suivant la tradition qui s’est diffusée au sein de la sociologie pragmatique, on désignera ici par « montée en généralité » le processus d’universalisation des argumentaires, par lequel les acteurs cherchent à construire l’accord ou à étendre leurs alliances.
  • [5]
    L’exemple de la Belgique est particulièrement illustratif.
  • [6]
    L’inverse est évidemment vrai, comme le montrent toutes les expériences révolutionnaires.
  • [7]
    Ou plus exactement plusieurs théorisations, puisque c’est souvent sur cette question que le mouvement s’est divisé. L’État y fut décrit tour à tour, et parfois par les mêmes, comme l’instrument d’oppression des classes dominantes et l’expression de la volonté populaire (via le suffrage universel).
  • [8]
    En cela, les « épreuves de vérité » dont parle Luc Boltanski (2009a), réaffirmations solennelles et ritualisées de la légitimité des institutions, et qui tendent à perdre de leur influence connaîtront peut-être une seconde jeunesse à mesure que la légitimité du capitalisme se fragilisera : en témoigne le retour à l’avant-plan, dans beaucoup de pays d’Europe, de la topique de « l’identité nationale ».
  • [9]
    Dans le contexte de la société américaine, le très beau livre de Nina Eliasoph (2010) pourrait servir de contrepoint théorique à la plupart des expériences présentées ici.

Les sociétés de l’Europe occidentale, la « vieille Europe » comme l’appelait le secrétaire à la Défense de George W. Bush, Donald Rumsfeld, vivent depuis trois bonnes décennies ce que l’on peut appeler une « crise de la conflictualité sociale ». Cela ne signifie pas nécessairement que le niveau de conflictualité a baissé, même si l’hypothèse est vraisemblable pour une fraction de cette période, mais plutôt que le conflit est devenu moins structuré et donc moins lisible. Dans un ouvrage récent sur les nouvelles pensées critiques, le sociologue français Razmig Keucheyan (2011, p. 10) résume la situation en une formule à laquelle on peut aisément souscrire : « Le monde actuel, par son fracas, ressemble à celui dans lequel apparut le marxisme classique. Par d’autres aspects, il en diffère toutefois sensiblement, et sans doute avant tout par l’absence d’un “sujet de l’émancipation” clairement identifié. »
Le mouvement ouvrier historique, tant dans sa composante marxiste que social-démocrate, disposait en effet d’une ressource symbolique considérable : une téléologie au sein de laquelle le prolétariat, acteur particulier, était investi d’une vocation « naturelle » à l’universel. Son émancipation était supposée émanciper l’humanité tout entière et la question de la forme que prendrait une éventuelle société sans classe pouvait être laissée aux générations futures. Cette téléologie n’allait certes pas sans poser de gros problèmes. Que faire, par exemple, du désir d’émancipation nationale, du refus du colonialisme ou du sexisme …


Date de mise en ligne : 01/02/2014

https://doi.org/10.3917/scpo.frere.2013.01.0013

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