Chapitre d’ouvrage

Chapitre premier. La déliaison sociale

Pages 19 à 45

Citer ce chapitre


  • Sue, R.
(2001). Chapitre premier. La déliaison sociale. Renouer le lien social : Liberté, égalité, association (p. 19-45). Odile Jacob. https://shs.cairn.info/renouer-le-lien-social--9782738109330-page-19?lang=fr.

  • Sue, Roger.
« Chapitre premier. La déliaison sociale ». Renouer le lien social Liberté, égalité, association, Odile Jacob, 2001. p.19-45. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/renouer-le-lien-social--9782738109330-page-19?lang=fr.

  • SUE, Roger,
2001. Chapitre premier. La déliaison sociale. In : Renouer le lien social Liberté, égalité, association. Paris : Odile Jacob. Hors collection, p.19-45. URL : https://shs.cairn.info/renouer-le-lien-social--9782738109330-page-19?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Parmi les œuvres du réalisateur, Les Rebelles du dieu néon (1992), Vive l’amour (1994, Lion d’or à Venise), La Rivière (1997, Ours d’argent à Berlin), The Hole (1999).
  • [2]
    Michel Houellebecq, Extension du domaine de la lutte, Paris, J’ai lu, 1999.
  • [3]
    Christian Delacampagne, De l’indifférence, Paris, Éditions Odile Jacob, 1998.
  • [4]
    Il est remarquable qu’à aucun moment de la soi-disant crise nous n’ayons connu de croissance négative. De plus, un point de croissance aujourd’hui pèse autrement plus lourd que dans les années 1960.
  • [5]
    Slogan publicitaire de la marque L’Oréal.
  • [6]
    Nathalie Blanpain, Jean-Louis Pan Ké Shon, « 1983-1997 : les Français se parlent de moins en moins », INSEE Première, no 571, mars 1998.
  • [7]
    Remarquons que hors présence physique, une relation entre internautes, par exemple, peut être beaucoup plus directe, vraie et finalement plus « réelle » qu’une relation de simple proximité.
  • [8]
    Selon l’OMS (Organisation mondiale de la santé), maladies mentales et dépressions seront la deuxième cause de mortalité dans le monde après les maladies cardio-vasculaires d’ici 2020.
  • [9]
    David Riesman, La Foule solitaire, Paris, Arthaud, 1964.
  • [10]
    Norbert Élias, La Société des individus, Paris, Fayard, 1991.
  • [11]
    Louis Dumont, Homo aequalis, Paris, Gallimard, 1977.
  • [12]
    Ferdinand Tönnies, Communauté et société (Gemeinschaft und Gesellschaft, 1887), Paris, Retz, 1977.
  • [13]
    Il faut se souvenir que l’une des toutes premières lois sur le temps de travail qui date du 22 mars 1841 (loi Guizot) prévoit seulement l’interdiction du travail des enfants de moins de huit ans, et la limitation de sa durée à douze heures pour ceux de douze à seize ans ! Quant au repos hebdomadaire, il ne devient obligation légale qu’en 1906.
  • [14]
    Max Weber, Économie et société, Paris, Plon, 1971.
  • [15]
    Jean-Yves Camus, Les Extrémismes en Europe, Paris, Éditions de l’Aube, 1999.
  • [16]
    En Suisse, le parti d’extrême droite UDC est devenu le premier parti de la Confédération helvétique aux élections législatives de 1999 et Jörg Haider, leader charismatique du parti libéral autrichien, sympathisant notoire de l’idéologie nazie, est désormais au pouvoir.
  • [17]
    Georg Simmel, Philosophie de l’argent, Paris, Presses universitaires de France, 1987.
  • [18]
    Émile Durkheim, De la division du travail social, Paris, Presses universitaires de France (1893), 1960.
  • [19]
    Au sens de ce qui « relie ».
  • [20]
    Jean-Baptiste de Foucauld, Denis Piveteau, Une société en quête de sens, Paris, Éditions Odile Jacob, 2000.
  • [21]
    Le seuil de pauvreté correspond à un revenu inférieur à la moitié du revenu moyen de la population.
  • [22]
    Aux États-Unis entre 1990 et 1995, selon Business Week, les revenus des PDG ont augmenté de 92 %, les profits des entreprises de 75 %, les licenciements de 39 % et les salaires des ouvriers de 16 %. Pour la seule année 1999, la Bourse de Paris a gagné 51 %, celle de Francfort 39 %, Tôkyô 37 %, New York 25 %, Milan 22 %, etc.
  • [23]
    Bertrand Badie, Un monde sans souveraineté, Paris, Fayard, 1999.
  • [24]
    Saskia Sassen, Losing Control. Sovereignty in an Age of Globalisation, New York, Columbia University Press, 1996.
  • [25]
    Dominique Schnapper, La Communauté des citoyens. Sur l’idée moderne de nation, Paris, Gallimard, 1994.
  • [26]
    Notamment, Christophe Desjours, Souffrance en France, Paris, Le Seuil, 1998 et Marie-France Hirigoyen, Le Harcèlement moral, Paris, Syros, 1998.
  • [27]
    Institut Eurotechnopolis/ IFOP, février 1998.
  • [28]
    Deuxième journée nationale pour la prévention du suicide, 5 février 1998.
  • [29]
    Denis Ettighoffer, L’Entreprise virtuelle ou les nouveaux modes de travail, Paris, Éditions Odile Jacob, 1992.
  • [30]
    UNEDIC, 1998.
  • [31]
    Gérard Donnadieu, « Où va le syndicalisme français ? », Futuribles, septembre 1998. Voir aussi, Pierre Éric Tixier, Crise ou mutation du syndicalisme, Paris, Presses universitaires de France, 1992.
  • [32]
    De pater rappelant l’origine familialiste du mot.

En dépit de sa gravité, le constat est presque devenu banal : la société se défait. Chacun, d’une manière ou d’une autre, en fait l’expérience quotidiennement : la relation à l’autre et aux autres devient plus difficile, plus méfiante, plus incertaine, plus dure, parfois violente. Que ce soit au travail où les rapports se sont considérablement dégradés, dans la famille qui, de décomposition en recomposition, n’est plus le pôle de sécurité et de stabilité qui rassurait, ou tout simplement dans la rue, où une agressivité latente impose la distance. Toutes ces tensions sociales alimentent un climat d’insécurité psychologique et physique beaucoup plus sûrement que les délits eux-mêmes. Selon les formules consacrées : le lien social se désagrège, vivre ensemble ne va plus de soi et nous ne savons plus très bien ce qui fait encore société entre les individus.
Le cinéma en a donné des images très fortes. Je pense, entre autres, au succès inattendu des films du Coréen Tsai Ming Liang où les personnages d’une même famille sont murés dans leur silence, comme juxtaposés, vivant ensemble mais ne se rencontrant jamais, enfermés dans l’insignifiance de leur quotidien, traînant leur misère affective et sexuelle, noyés sous des déluges de pluie annonciateurs du naufrage prochain de ce qui reste encore de société. En moins hiératique, plus direct et plus proche de nous, Amos Kollek avec Sue perdue dans Manhattan a filmé les étapes de la lente descente aux enfers de son personnage principal plutôt BCBG et qui a tout pour réussir socialement et professionnellement, mais finit par sombrer définitivement pour cause d’indifférence absolue au cœur du temple de la richesse mondiale, en plein New York…


Date de mise en ligne : 11/07/2025

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