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Conclusion : Religion, identités nationales, identité européenne

Pages 313 à 333

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  • Michel, P.
(2008). Conclusion : Religion, identités nationales, identité européenne. Dans
  • A. Capelle-Pogăcean,
  • P. Michel
  • et E. Pace
Religion(s) et identité(s) en Europe : L'épreuve du pluriel (p. 313-333). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.capel.2008.01.0313.

  • Michel, Patrick.
« Conclusion : Religion, identités nationales, identité européenne ». Religion(s) et identité(s) en Europe L'épreuve du pluriel, Presses de Sciences Po, 2008. p.313-333. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/religions-et-identites-en-europe--9782724610505-page-313?lang=fr.

  • MICHEL, Patrick,
2008. Conclusion : Religion, identités nationales, identité européenne. In :
  • CAPELLE-POGĂCEAN, Antonela,
  • MICHEL, Patrick
  • et PACE, Enzo,
Religion(s) et identité(s) en Europe L'épreuve du pluriel. Paris : Presses de Sciences Po. Académique, p.313-333. DOI : 10.3917/scpo.capel.2008.01.0313. URL : https://shs.cairn.info/religions-et-identites-en-europe--9782724610505-page-313?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.capel.2008.01.0313


Notes

  • [1]
    François Cheng, Vide et plein, le langage pictural chinois, Paris, Seuil, 1979.
  • [2]
    Jean-Pierre Bastian et Jean-François Collange (dir.), L’Europe à la recherche de son âme. Les Églises entre l’Europe et la nation, Genève, Labor et Fides, 1999 ; Jean-Paul Willaime, Europe et religions. Les enjeux du XXIe siècle, Paris, Fayard, 2004 ; Pierre de Charentenay, « Les relations entre l’Union européenne et les religions », Revue du Marché commun et de l’Union européenne, 465, février 2003.
  • [3]
    Jean Baubérot (dir.), Religion et laïcité dans l’Europe des Douze, Paris, Syros, 1994 ; John Fulton et Peter Gee (eds), Religion in Contemporary Europe, New York (N. Y.), Edwin Mellen Press, 1994 ; Yves Lambert, « Religion : l’Europe à un tournant », dans Futuribles, 277, juillet-août 2002 ; Yves Lambert, « Le rôle dévolu à la religion par les Européens », Sociétés contemporaines, 37, 2000.
  • [4]
    Voir par exemple Pierre Chenaux, Une Europe vaticane ? Entre le plan Marschal et les traités de Rome, Bruxelles, Ciaco, 1990 ; Jean-Dominique Durand, L’Europe de la Démocratie chrétienne, Bruxelles, Complexe, 1995 ; René Luneau, Le Rêve de Compostelle. Vers la restauration d’une Europe chrétienne ?, Paris, Centurion, 1989.
  • [5]
    Liliane Voyé, « Des transactions du catholicisme avec la globalisation », dans Liliane Voyé (dir.), Figures des Dieux. Rites et mouvements religieux, Bruxelles, De Boeck, 1996 ; Jean-Paul Willaime, « Protestant Approaches to European Unification », dans John Fulton et Peter Geeet, Religion in Contemporary Europe, New York (N. Y.), Edwin Mellen Press, 1994, p. 93-108 ; Jean-Paul Willaime, « L’Europe a son “âme” et Strasbourg est sa capitale spirituelle : Jean-Paul II et la sacralisation de l’Europe », dans Jean-Paul Willaime (dir.), Strasbourg, Jean-Paul II et l’Europe, Paris, Cerf, 1991.
  • [6]
    Jacques Delors dans L’Europe face aux Défis. Réconciliation et Sens, 4, Bruxelles, Église et Société, 1997.
  • [7]
    Ibid.
  • [8]
    ZENIT.org, Rome, 15 septembre 2003.
  • [9]
    ZENIT.org, Rome, 20 juillet 2003.
  • [10]
    John T. S. Madeley, « European Liberal Democracy and the Principle of State Religious Neutrality », West European Politics, 26, janvier 2003, p. 8.
  • [11]
    André Malraux, « Conférence en Sorbonne », 1946, dans André Malraux, La Politique, la Culture, Paris, Gallimard, 1996, cité dans Yves Hersant et Fabienne Durand-Bogaert, Europes. De l’Antiquité au XXe siècle. Anthologie critique et commentée, Paris, Robert Laffont, 2000, p. 934.
  • [12]
    Edmund Husserl, « La crise de l’humanité européenne et la philosophie », dans Revue de métaphysique et de morale, 3, 1950 cité dans Yves Hersant et Fabienne Durand-Bogaert, Europes… , op. cit., p. 465.
  • [13]
    Voir dans ce volume le chapitre 12 de W. Kalinowski.
  • [14]
    Jean-Paul Willaime, Europe et religions. op. cit., particulièrement le chapitre 2.
  • [15]
    Le Monde, 22 mai 2004.
  • [16]
    Sur cette problématique, voir Patrick Michel (dir.), La Mélancolie du réel, Paris, Autrement, 2004.
  • [17]
    Ewa Nowicka, « Roman Catholicism and the Contents of “Polishness” », dans Irena Borowik et Grzegorz Babinski (eds), New Religious Phenomena in Central and Eastern Europe, Cracovie, Nomos, 1997, p. 81-92.
  • [18]
    Bronislaw Geremek, « Penser l’Europe comme communauté », Esprit, « Quelles valeurs pour quelle Europe ? », Paris, octobre 2003, p. 10.
  • [19]
    Anthony Bellanger, « L’Europe est-elle chrétienne ? », www.courrierinternational.com.
  • [20]
    Cité par Sandrine Tolotti, « Élargissement : ce que l’Est attend », Alternatives internationales, 13, mars 2004.
  • [21]
    Voir Patrick Michel, Religion et politique, Paris, Albin Michel, 1994.
  • [22]
    Georges W. Bush a repris, on le sait, cette thématique de la lutte du Bien contre le Mal. Le problème est que le Mal (et par voie de conséquence le Bien) n’est plus localisable. Le Mal, masqué, s’est insinué dans toutes les sociétés, et l’islam, dont il se réclame, non seulement ne saurait faire l’objet d’une déclaration de guerre, mais se voit même salué comme participant des valeurs suprêmes du camp du Bien. Il devient dès lors bien difficile de retotaliser.
  • [23]
    Michel de Certeau, L’Absent de l’histoire, Paris, Mame, 1973.
  • [24]
    Wojtek Kalinowski, « Les institutions communautaires et “l’âme de l’Europe”. La mémoire religieuse en jeu dans la construction européenne », dans Régine Azria, Albert Bastenier, Olivier Bobineau et Jérôme Vignon (dir.), Croyances religieuses, morales et éthiques dans le processus de construction européenne, op. cit., p. 42.
  • [25]
    Peter L. Berger (dir.), Le Réenchantement du monde, Paris, Bayard, 2001 ; Harvey Cox, Le Retour de Dieu : voyage en pays pentecôtistes, Paris, Desclée de Brouwer, 1995.
  • [26]
    Eugen Drewermann, « L’Europe chrétienne et l’illusion de Maastricht », Cahiers d’Europe, 1, 1996, p. 59.
  • [27]
    Certaines des données de l’enquête européenne sur les valeurs sont disponibles sur le site internet http://spitswww.uvt.nl.
  • [28]
    Le Monde, 17 avril 2004.
  • [29]
    Sondage CSA - Le Monde, 17 avril 2004.
  • [30]
    Voir Pierre Bréchon, « L’Évolution du religieux », Futuribles, 260, janvier 2001, p. 44-45.
  • [31]
    Danièle Hervieu-Léger, La Religion pour mémoire, Paris, Cerf, 1992.
  • [32]
    Danièle Hervieu-Léger, « Les tendances du religieux en Europe », dans Régine Azria, Albert Bastenier, Olivier Bobineau et Jérôme Vignon (dir.), Croyances religieuses, morales et éthiques dans le processus de construction européenne, op. cit., p. 13.
  • [33]
    Ibid., p. 10.
  • [34]
    Michel Foucault, L’Archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969, p. 12.
  • [35]
    Jean-Claude Carrière, Jean Delumeau, Umberto Eco et Stephen Jay Gould, Entretiens sur la fin des temps, Paris, Fayard, 1998, p. 315.
  • [36]
    Régis Debray, Ce que nous voile le voile : la République et le sacré, Paris, Gallimard, 2003.
  • [37]
    Jocelyne Césari, « Musulmans français et intégration sociopolitique », dans Pierre Bréchon, Bruno Duriez et Jacques Ion (dir.), Religion et action dans l’espace public, Paris, L’Harmattan, 2000, p. 63.
  • [38]
    Le Monde 9 novembre 2002. Cette vision apparaît pour le moins réductrice au regard de ce que l’on sait de la dialectique du rapport nation-religion dans la formation de l’État moderne turc et du rôle de l’islam politique comme vecteur de pluralisation et d’individualisation de la sphère publique. Voir la contribution de Ferhat Kentel dans ce volume.
  • [39]
    Perceptions de l’Union européenne. Attitudes et attentes à son égard. Étude qualitative auprès du public des 15 États membres et de 9 pays candidats à l’adhésion, Rapport général, Étude réalisée par OPTEM SARL pour la Commission européenne, Bruxelles, juin 2001.
  • [40]
    Iver Neumann, « European Identity, EU Expansion and the Integration-Exclusion Nexus » dans Lars-Erik Cederman (ed), Constructing Europe’s Identity. The External Dimension, Londres, Lynne Rienner Publishers, 2001, p. 151.
  • [41]
    « Quelles valeurs pour quelle Europe ? », Esprit, octobre 2003.
  • [42]
    Est-ce « plus largement » ou bien s’agit-il d’un glissement de « l’arabe » au « musulman », comme le montre Chantal Saint-Blancat ?
  • [43]
    Chantal Saint-Blancat, L’Islam de la diaspora, Paris, Bayard, 1997 ; Nikola Tietze, Jeunes Musulmans de France et d’Allemagne. Les constructions subjectives de l’identité, Paris, L’Harmattan, 2002 ; Enzo Pace, Islam e Occidente, Rome, Lavoro, 1997 ; Sociologia dell’Islam : fenomeni religiosi e logiche sociali, Rome, Carocci, 2001 ; Felice Dassetto, La Construction de l’islam européen : approche socio-anthropologique, Paris, L’Harmattan, 1996 ; Albert Bastenier, « Les minorités d’origine musulmane en Europe. Réflexion à propos d’une implantation », dans Alain Dierkens (dir.), Pluralisme religieux et laïcités dans l’Union européenne, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1994, p. 97-107.
  • [44]
    Anthony Bellanger, « L’Europe est-elle chrétienne ? », www.courrierinternational.com.
  • [45]
    Alain Badiou, « Note sur l’Europe », dans Penser l’Europe et ses frontières, Strasbourg, Éditions de l’Aube, 1993, cité dans Yves Hersant et Fabienne Durand-Bogaert, Europes… , op. cit., p. 936.
  • [46]
    Jean-Luc Nancy, « À la frontière, figures et couleurs », dans Le Désir d’Europe, Paris, Éditions de la Différence, 1992, cité dans Yves Hersant et Fabienne Durand-Bogaert, Europes… , op. cit., p. 823.

Dans son étude consacrée à l’art pictural chinois, François Cheng observait que si le plein faisait le visible de la matière, c’était cependant le vide qui structurait celle-ci. N’en va-t-il pas de l’identité européenne et des identités nationales, et du rôle que la religion jouerait dans leur (s) définition (s), comme de la peinture des maîtres d’Extrême-Orient ? Ce qui en est explicitement exprimé n’en constituerait et n’en manifesterait jamais que la part la moins importante. Celle, il est vrai, par laquelle s’articulerait ce qui, au-delà de ce qui est dit, cherche à se dire. Mais celle également qui, du fait même de son caractère ostensible, permettrait d’oblitérer, de taire et de dissimuler.
Manière d’avancer, d’emblée, que s’agissant triplement de l’identité, de la nation, de l’Europe et de la religion, ainsi que des liens tissés entre les quatre, de l’ensemble des recompositions qui les affectent aujourd’hui, le problème ne serait pas tant d’apporter des réponses aux questions expressément soulevées que de comprendre pourquoi elles le sont. Et pourquoi maintenant.
Les contributions réunies dans ce livre permettent d’identifier, sans prétention à les épuiser, trois pistes d’analyse : 1) si le religieux est présent sur les scènes nationales et la scène européenne en recomposition, c’est d’abord comme indicateur de cette recomposition ; 2) si le religieux est sollicité sur cette scène, ce n’est pas en tant que tel, mais parce qu’il constituerait, en situation de déficit du politique, l’une des modalités de gestion des recompositions à l’œuvre ; 3) et si le religieux est tout particulièrement requis, c’est qu’il représente un registre privilégié de production d’une altérité de référence, en situation de flottement généralisé des critères traditionnellement tenus pour pertinents en matière de définition identitaire…


Date de mise en ligne : 01/04/2010

https://doi.org/10.3917/scpo.capel.2008.01.0313

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