Chapitre d’ouvrage

Sénégal : l’alternance par l’élection

La force du vote et le sens de l’État

Pages 262 à 265

Citer ce chapitre


  • Smith, É.
(2024). Sénégal : l’alternance par l’élection La force du vote et le sens de l’État. Dans
  • T. De Montbrial,
  • . I.F.R.I.
  • et D. David
Ramses 2025 : Entre puissances et impuissance (p. 262-265). Dunod. https://doi.org/10.3917/dunod.ifri.2024.01.0262.

  • Smith, Étienne.
« Sénégal : l’alternance par l’élection : La force du vote et le sens de l’État ». Ramses 2025 Entre puissances et impuissance, Dunod, 2024. p.262-265. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/ramses-2025--9782100869206-page-262?lang=fr.

  • SMITH, Étienne,
2024. Sénégal : l’alternance par l’élection La force du vote et le sens de l’État. In :
  • DE MONTBRIAL, Thierry,
  • I.F.R.I.,
  • et DAVID, Dominique,
Ramses 2025 Entre puissances et impuissance. Paris : Dunod. Hors collection, p.262-265. DOI : 10.3917/dunod.ifri.2024.01.0262. URL : https://shs.cairn.info/ramses-2025--9782100869206-page-262?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/dunod.ifri.2024.01.0262


Notes

  • [1]
    M. Brossier, « Failed Hereditary Succession in Comparative Perspective : The Case of Senegal (2000-2024) », African Affairs, 2024.
  • [2]
    V. Foucher, « Difficiles successions en Afrique subsaharienne : persistance et reconstruction du pouvoir personnel », Pouvoirs, vol. 2, n° 129, 2009.
  • [3]
    N. Schulz et T. Kelsall, « The Political Settlements Dataset : Power Configurations and Political Blocs in the Global South, 1946-2018 », International Interactions, mai 2024.

Au sortir de la pandémie de Covid-19, le Sénégal a vécu trois années d’une crise politique perlée qui a mis à l’épreuve sa stabilité politique et causé des dizaines de morts. Après les violences et la répression de mars 2021 et juin 2023, le paroxysme a été atteint en février-mars 2024, avec la tentative de report de l’élection présidentielle par le président Macky Sall. Après une épreuve de force entre l’exécutif et le Conseil constitutionnel, remportée par ce dernier, l’élection s’est tenue le 24 mars 2024, conduisant à la victoire électorale dès le premier tour du candidat du principal parti de l’opposition, Bassirou Diomaye Faye. Sorti de prison à dix jours du scrutin, après onze mois d’incarcération, Faye était le candidat de substitution à Ousmane Sonko, président et candidat initial du PASTEF (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), lui aussi emprisonné pendant sept mois et dont la candidature avait été écartée suite à une condamnation judiciaire pour diffamation. Le candidat de substitution d’un parti dissous par les autorités à l’été 2024 est donc devenu le cinquième et plus jeune président du Sénégal.
Le dénouement électoral de la crise, justement célébré par les médias nationaux et internationaux, a pu faire oublier sa gravité. Celle-ci révélait pourtant des failles importantes du système politique sénégalais déjà identifiées : hyper-présidentialisme, politisation à outrance de la haute administration, enrichissement vertigineux des élites au pouvoir, affairisme et prédation foncière, instrumentalisation de la justice, violence croissante du maintien de l’ordre et des manifestations… L’épilogue pacifique de la crise est lui aussi riche d’enseignements sur la résilience de ce même système politico-institutionnel, et d’une culture politique démocratique bien réelle, façonnée par l’histoire et son répertoire de « passés disponibles »…


Date de mise en ligne : 10/12/2024

https://doi.org/10.3917/dunod.ifri.2024.01.0262

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