V. Les langages oniriques du « musulman » : Charlotte Delbo, Vercors et Elie Wiesel
- Par Christiane Solte-Gresser,
- Traduit de l’allemand par Slaven Waelti
Pages 97 à 119
Citer ce chapitre
- SOLTE-GRESSER, Christiane,
- Traduit de l’allemand par WAELTI, Slaven,
- Solte-Gresser, Christiane.,
- et al.
- Solte-Gresser, C.,
- Traduit de l’allemand par Waelti, S.
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- Solte-Gresser, C.,
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- Solte-Gresser, Christiane.,
- et al.
- SOLTE-GRESSER, Christiane,
- Traduit de l’allemand par WAELTI, Slaven,
Notes
-
[1]
Levi Primo, Les Naufragés et les rescapés : Quarante ans après Auschwitz, trad. André Maugé, Paris, Gallimard, 1989, p. 82-83.
-
[2]
Concernant les études historiques et culturelles sur la figure du « musulman », sur lesquelles nous ne pouvons revenir ici, on se reportera entre autres à Ryn Zdziław et Kłodziński Stanisław, « An der Grenze zwischen Leben und Tod. Eine Studie über die Erscheinung des “Muselmanns” im Konzentrationslager », trad. du polonais Olaf Kühl, in Hamburger Institut für Sozialforschung,Die Auschwitz-Hefte, vol. 1, Texte der polnischen Zeitschrift « Przegląd Lekarski » über historische, psychische und medizinische Aspekte des Lebens und Sterbens in Auschwitz, Weinheim/Bâle, 1987, p. 89-154. Pour une étude centrée sur la dimension littéraire, voir Körte Mona, « Stummer Zeuge: Der “Muselmann” in Erinnerung und Erzählung », in Segler-Meßner, Vom Zeugnis zur Fiktion. Repräsentation von Lagerwirklichkeit und Shoah in der französischen Literatur nach 1945, op. cit., p. 97-110.
-
[3]
Cf. Améry Jean, Par-delà le crime et le châtiment : essai pour surmonter l’insurmontable, Arles, Actes Sud, 2005, p. 35-36.
-
[4]
Levi, Les Naufragés et les rescapés, op. cit., p. 83.
-
[5]
Agamben,Auschwitz : l’archive et le témoin, op. cit., p. 158.
-
[6]
Ibid, p. 157-159.
-
[7]
Cantó Pablo Lópiz, « Wstawać. El sueño en los campos de concentración », Revista Laguna, 25, 2009, p. 79-92.
-
[8]
Levi, Les Naufragés et les rescapés, op. cit., p. 83.
-
[9]
Cf. Bridel Maurice, Delbo : Spectres, mes compagnons, Lausanne, Berg International, 1977 ; et Caron David et Marquart Sharon (dir.), Les Revenantes. Charlotte Delbo, la voix d’une communauté à jamais deportée, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 2011.
-
[10]
Delbo, Une connaissance inutile, op. cit., p 156-157.
-
[11]
Langer, Holocaust Testimonies. The Ruins of Memory, op. cit., p. 1-9.
-
[12]
Ibid., p. 7.
-
[13]
Delbo Charlotte, La mémoire et les jours, Paris, Les Éditions de Minuit, 2025, p. 21-25.
-
[14]
Delbo, La mémoire et les jours, op. cit., p. 24-25.
-
[15]
Ibid., p. 24.
-
[16]
Langer, Holocaust Testimonies. The Ruins of Memory, op. cit., p. 19.
-
[17]
Delbo, Aucun de nous ne reviendra, op. cit., p. 50.
-
[18]
Cf. Robson Kathryn, Writing Wounds. The Inscription of Trauma in Post–1968 French Women’s Life-Writing, Amsterdam, Rodopi, 2004, p. 157-182.
-
[19]
Cf. Delbo Charlotte, Spectres, mes compagnons. Lettre à Louis Jouvet, Paris, Berg International, 2013.
-
[20]
Delbo, Aucun de nous ne reviendra, op. cit., p. 92.
-
[21]
Ibid., p. 92.
-
[22]
Ibid., p. 92.
-
[23]
Ibid., p. 94.
-
[24]
Ibid., p. 96.
-
[25]
Ibid., p. 52.
-
[26]
« Je sais pourquoi elles ne m’aident pas. Elles sont mortes. Elles sont mortes. Ah ! elles paraissent vivantes parce qu’elles tiennent debout appuyées les unes aux autres. Elles sont mortes. » Delbo, Aucun de nous ne reviendra, op. cit., p. 50.
-
[27]
« Une danse de mécanique. Un squelette de femme qui danse. […] Il y a des squelettes vivants et qui dansent. » Delbo, Aucun de nous ne reviendra, op. cit., p. 48-49.
-
[28]
Agamben,Auschwitz : l’archive et le témoin, op. cit., p. 49-52.
-
[29]
Delbo, Aucun de nous ne reviendra, op. cit., p. 48.
-
[30]
Vercors, « Le Songe », op. cit., p. 186.
-
[31]
Le récit est considéré comme l’une des première approches fictionnelles de la réalité concentrationnaire nazie. Cf. Dufiet, « Novembre 1943, “Le Songe” de Vercors. La littérature et le camp de concentration nazi », art. cit., p. 115-127.
-
[32]
Cf. Rousset, L’Univers concentrationnaire, op. cit.
-
[33]
Vercors, « Le Songe », op. cit., p. 179.
-
[34]
Ibid., p. 181.
-
[35]
Ibid., p. 180.
-
[36]
Ibid., p. 186.
-
[37]
Wiesel Elie, La Nuit, Paris, Minuit, 2007, p. 83.
-
[38]
Wiesel Elie, Tous les fleuves vont à la mer. Mémoires, Paris, Seuil, 1994, p. 104.
-
[39]
Ils sont soit munis d’une date, soit d’indications générales sur la temporalité (« Cette nuit encore – 10 juillet 1991 –, j’ai revu ma mère en rêve », « Hier soir, j’ai vu mon père en rêve »). Wiesel, Tous les fleuves vont à la mer, op. cit., p. 11, p. 29, p. 183.
-
[40]
Wiesel, Tous les fleuves vont à la mer, op. cit., p. 288-289 et Wiesel Elie, Et la mer n’est pas remplie. Mémoires 2, Paris, Seuil, 1996, p. 13.
-
[41]
Fine Ellen S., « Dreams and Dialogues : Elie Wiesel’s Holocaust Memories », in Katz S. T. et Rosen A. (dir.), Elie Wiesel. Jewish Literary and Moral Perspectives, Bloomington, Indiana University Press, 2013, p. 139.
-
[42]
Wiesel, Tous les fleuves vont à la mer, op. cit., p. 76.
-
[43]
Ibid., p. 11.
-
[44]
Wiesel, Et la mer n’est pas remplie, op. cit., p. 117.
-
[45]
Ibid., p. 117.
-
[46]
Wiesel, Tous les fleuves vont à la mer, op. cit., p. 289.
-
[47]
Wiesel, Et la mer n’est pas remplie, op. cit., p. 63.
-
[48]
Wiesel, La Nuit, op cit., p. 158.
-
[49]
Ibid., p. 194.
-
[50]
Cf. Wiesel, Et la mer n’est pas remplie, op. cit., p. 117.
-
[51]
Wiesel, Tous les fleuves vont à la mer, op. cit., p. 34.
-
[52]
Ibid., p. 76.
-
[53]
Ibid., p. 76, et Elie Wiesel, Et la mer n’est pas remplie, op. cit., p. 365.
-
[54]
Wiesel, Tous les fleuves vont à la mer, op. cit., p. 439.
-
[55]
Ibid., p. 289.
-
[56]
Ibid., p. 183.
-
[57]
Ibid., p. 76.
-
[58]
Ibid., p. 13.
-
[59]
Ibid., p. 409 et 453.
-
[60]
Cf., Ibid., p. 13.
-
[61]
Agamben,Auschwitz : l’archive et le témoin, op. cit., p. 105.
-
[62]
Ibid., p. 158.
Les rêves et la mort sont intimement liés dans toute la littérature de la Shoah. La chose est particulièrement manifeste dans les textes narratifs, où les morts visitent les survivants en songe. Ces apparitions ne sont pas des souvenirs ; les victimes ne sont pas ressuscitées : c’est en tant que morts qu’ils reviennent, c’est avec des morts que les rêveurs entrent en dialogue, et c’est enfin des morts qui les persécutent et les confrontent à l’inexplicable de leur survie.
Dans le présent chapitre, nous nous intéresserons au lien entre le rêve, la mort et le récit. Ce rapport est au cœur des rêves de moribonds, compris comme une expérience limite et une rencontre onirique avec des personnages voués à l’anéantissement. Ces rencontres témoignent généralement de profondes ambivalences émotionnelles et de douloureuses difficultés de communication. On touche donc une fois de plus aux frontières de l’expression et de la transmission de la Shoah. Pour notre part, nous voulons surtout poser ici la question qui sous-tend toutes les discussions sur la Shoah, à savoir la thèse controversée de son « indicibilité ». Cette thèse évoquée au chapitre précédent part de l’idée d’une double limite du dicible. La première est celle que constitue la représentabilité en général, que ce soit par la langue, par des images ou par des sources documentaires d’expériences et d’événements dépassant l’entendement humain. La deuxième touche au cœur de l’aporie de la Shoah, à savoir le fait que l’industrie d’extermination nazie a si bien réduit ses victimes au silence qu’elles en ont perdu toute possibilité de témoigner…
Date de mise en ligne : 11/05/2026
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