Géométrie du temps biologique : rythmes et protension
- Par Maël Montévil
Pages 181 à 214
Citer ce chapitre
- MONTÉVIL, Maël,
- BONNET, Natacha,
- NICOLAS, François
- et SAINT-PAUL, Gilles,
- Montévil, Maël.
- Montévil, M.
- N. Bonnet,
- F. Nicolas
- et G. Saint-Paul
https://doi.org/10.3917/herm.bonne.2012.01.0181
Citer ce chapitre
- Montévil, M.
- N. Bonnet,
- F. Nicolas
- et G. Saint-Paul
- Montévil, Maël.
- MONTÉVIL, Maël,
- BONNET, Natacha,
- NICOLAS, François
- et SAINT-PAUL, Gilles,
https://doi.org/10.3917/herm.bonne.2012.01.0181
Notes
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[1]
Notons que l’idée d’ajouter des dimensions d’espace ou de temps supplémentaires est présente en physique depuis le modèle de Kaluza et Klein [22], et couramment utilisé dans les théories de gravitation quantique (supercorde notamment). Notre approche est cependant différente en cela que les dimensions supplémentaires, compacifiées, proposées en physique, ont typiquement une taille microscopique et ne sont donc pas observable directement, alors que notre dimension supplémentaire est ici pleinement observable.
-
[2]
Les fonctions de relaxation sont parmi les fonctions décroissantes les plus simples permettant la définition d’un temps caractéristique τ ; en physique elles représentent le modèle usuel pour décrire un retour à l’équilibre fe d’un système que l’on a initialement écarté de l’équilibre. La vitesse de retour à l’équilibre de la fonction f considérée du système : (df/dt) demeure alors proportionnelle à cet écart df/dt = -|f -fe|/τ.
-
[3]
Après avoir lu un brouillon de ce texte, L. Manning nous a donné des références corroborant expérimentalement la dépendance de la protension vis-à-vis de la rétention en neuro-imagerie [29, 7]. D’autres expériences, plus spécifiques, seraient requises pour évaluer les coefficients que nous introduisons.
-
[4]
Le concept d’erreur est aussi présent en théorie de l’information, mais il recouvre un sens différent car il décrit une situation où le traitement de l’information n’a pas conservé cette dernière, il s’agit donc d’une erreur interne au processus de traitement, alors qu’ici nous proposons de considérer que la non-conservation de l’information est « normale », mais est susceptible d’engendrer des « ratés » que l’on peut considéré comme en lien avec les objets de la protension (et donc plus intentionnels, au sens de la phénoménologie, que seulement internes).
Nous présentons dans ce texte deux approches théoriques de la temporalité biologique. Nous nous focalisons tout
d’abord sur sa structure rythmique, composée par des rythmes
de type physique (circadiens, circannuels, ...) et des rythmes
proprement biologiques (rythmes cardiaques, respiratoires,
métaboliques, ...). Nous proposons, pour aborder cette situation, de concevoir le temps comme une structure bidimensionnelle, la seconde dimension ayant la topologie du cercle
et permettant l’autonomie des cycles internes. Dès lors, temps
physique et temps biologique ont des rapports complexes,
interprétables en terme de phrasé, particulièrement visible
par l’introduction de données empiriques, par exemple une
série de battements de cœur.
Dans la seconde partie, nous nous concentrons sur la
notion de « présent étendue » comme conséquence des activités protensives et rétensives (mémoire et anticipation). La
mémoire, comme rétention, a un analogue dans certaines
théories physiques (comme phénomène de relaxation, inspirant notre approche), alors que la protention (ou l’anticipation) semble être au delà du champ de la physique. Nous
suggérons donc une représentation fonctionnelle simple de
la protension biologique. Ceci nous permettra de définir la
notion abstraite d’inertie biologique, caractérisant, une fois
encore, l’autonomie du temps biologique.
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