Si ce n’est la fin, qu’est-ce qui justifie les moyens ?
Deuxième partie. Examen du formalisme moral
Pages 439 à 460
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- NODÉ-LANGLOIS, Michel,
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- Nodé-Langlois, M.
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Notes
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[1]
Id., Fondements de la Métaphysique des Mœurs, 1ère section, Delbos p. 104 – Meiner p. 21. On notera peut-être que Kant n’est pas tout à fait rigoureux, ou du moins est équivoque dans ses formulations. Que signifie : « faire du mensonge une loi universelle » ? La contradictoire de la loi qui interdit le mensonge serait une loi qui l’autorise, plutôt qu’une loi qui le commande. On doit dire la vérité a pour contradictoire On n’est pas obligé de dire la vérité, et non pas On doit mentir. Si l’on fait l’hypothèse de cette dernière, et suppose que tout le monde agisse conformément à elle, il en résulte que l’on pourra savoir que le vrai est toujours le contraire de ce que l’on entend dire, situation qui n’aurait rien en soi de contradictoire, mais qui est en fait strictement équivalente à celle que vise l’interdiction du mensonge.
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[2]
« Je mettais entre les excès toutes les promesses par lesquelles on retranche quelque chose de sa liberté » (DESCARTES, Discours de la Méthode, 3ème partie, Pléiade p. 141).
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[3]
KANT, Critique de la Raison pratique, § 4, Scolie, Meiner p. 31-32.
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[4]
Voir René GIRARD, La violence et le sacré, Grasset Paris 1972, ch.1.
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[5]
Id., Fondements de la Métaphysique des Mœurs, 2ème section, Delbos p. 143 – Meiner p. 46-47.
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[6]
Ibid., Delbos p. 137 – Meiner p. 43.
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[7]
Voir sur ce point Michel NODÈ-LANGLOIS, ‘‘La notion d’autonomie’’ (Recherches philosophiques, Institut catholique de Toulouse – 2010).
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[8]
HEGEL, Phénoménologie de l’esprit, La raison législatrice, fin, Meiner p. 306.
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[9]
KANT, Fondements de la Métaphysique des Mœurs, 2ème section, Delbos p. 144 – Meiner p. 47.
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[10]
Id., Fondements de la Métaphysique des Mœurs, 2ème section, Delbos p. 127 – Meiner p. 36.
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[11]
Voir KANT, Critique de la Raison pure, Introduction, II.
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[12]
Id., Fondements de la Métaphysique des Mœurs, 1ère section, Delbos p. 97-98 – Meiner p. 16-17.
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[13]
Id., Critique de la Raison pratique, Meiner p. 135.
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[14]
ARISTOTE, Éthique à Nicomaque, Livre I, ch.8, 1099a 17.
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[15]
KANT, Fondements de la Métaphysique des Mœurs, 2ème section, Delbos p. 144 – Meiner p. 47.
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[16]
Ibid., Delbos p. 143 – Meiner p. 47.
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[17]
Ibid., Delbos p. 148 – Meiner p. 50.
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[18]
Ibid., Delbos p. 149 – Meiner p. 51.
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[19]
Ibid., Delbos p. 148 – Meiner p. 50.
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[20]
Ibid., Delbos p. 149 – Meiner p. 51.
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[21]
Ibid., Delbos p. 160 – Meiner p. 58.
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[22]
Ibid., Delbos p. 154 – Meiner p. 54.
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[23]
Ibid., Delbos p. 164 – Meiner p. 61.
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[24]
Ibid., Delbos p. 165 – Meiner p. 61.
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[25]
Ibid., Delbos p. 150 – Meiner p. 51-52. Ce principe pose le problème de la reconnaissance d’autrui en tant que personne digne, alors qu’il n’est rencontré que comme un phénomène, lequel ne saurait a priori se voir attribuer une dignité. Ce problème est en fait insoluble dans le cadre de la philosophie kantienne, et Lévinas cherchera à le résoudre par une phénoménologie du « visage » comme « trace de la Transcendance ». Il y a tout lieu de penser que cette solution n’est recevable qu’à la condition d’abandonner le phénoménisme critique – dans lequel Lévinas paraît s’être résolument maintenu –, et de revenir à un réalisme métaphysique.
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[26]
ARISTOTE, Éthique à Nicomaque, Livre VIII, ch.11, 1161b 4.
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[27]
Id., Politique, Livre I, ch.13, 1259b 27.
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[28]
HEGEL, La raison dans l’histoire, tr. fr. 10/18 1965, p. 260.
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[29]
NIETZSCHE, Par-delà Bien et Mal, 9ème partie, § 258, tr. fr. Gallimard p. 181.
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[30]
Id., La généalogie de la morale, § 10.
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[31]
ROUSSEAU, Du contrat social, Livre I, ch.3.
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[32]
VIRGILE, Énéide, chant XI, v.320.
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[33]
ROUSSEAU, op. cit., Livre I, ch.6.
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[34]
Op. cit., Livre II, ch.6.
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[35]
MONTESQUIEU, De l’esprit des lois, Livre XI, ch.3.
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[36]
John RAWLS, Théorie de la justice, tr. fr. p. 37. Rawls présente modestement son œuvre comme une simple explicitation des thèses rousseauistes, dans un langage devenu plus courant à la fin du XXe siècle.
La raison se suffit-elle à elle-même dans la détermination du bien moral par la seule application à l’action du principe de contradiction ? Est-elle à ce titre l’unique source possible d’une justification morale ? En d’autres termes, la raison est-elle autonome au sens où l’entend Kant ?
Cela revient à se demander si l’obéissance à la loi morale est la seule façon de rendre le vouloir et l’action non-contradictoires, et en cela même moralement bons.
Il n’y a de contradiction qu’entre deux prédicats opposés, respectivement affirmatif et négatif, d’un même sujet, et un moyen d’éviter ou de supprimer une contradiction est de supprimer l’un de ces deux termes.
Soit le cas de la fausse promesse :
« En ce qui concerne la réponse à cette question, si une promesse trompeuse est conforme au devoir, le moyen de m’instruire le plus rapide, tout en étant infaillible, c’est de me demander à moi-même : accepterais-je bien avec satisfaction que ma maxime (de me tirer d’embarras par une fausse promesse) dût valoir comme une loi universelle (aussi bien pour moi que pour les autres) ? Et pourrais-je bien me dire : tout homme peut faire une fausse promesse quand il se trouve dans l’embarras et qu’il n’a pas d’autre moyen d’en sortir ? Je m’aperçois bientôt que si je peux bien vouloir le mensonge, je ne peux en aucune manière vouloir faire du mensonge une loi universelle (ein allgemeines Gesetz zu lügen) ; en effet, selon une telle loi, il n’y aurait plus à proprement parler de promesse, car il serait vain de déclarer ma volonté concernant mes actions futures à d’autres hommes qui ne croiraient point à cette déclaration ou qui, s’ils y ajoutaient foi étourdiment, me payeraient exactement de la même monnaie : de telle sorte que ma maxime, du moment qu’elle serait érigée en loi universelle, se détruirait elle-même nécessairement »…
Date de mise en ligne : 04/03/2026
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