10. La démocratie au défi écologique
- Par Geneviève Azam
Pages 99 à 110
Citer ce chapitre
- AZAM, Geneviève,
- CAILLÉ, Alain,
- Azam, Geneviève.
- Azam, G.
- A. Caillé
https://doi.org/10.3917/dec.caill.2006.01.0099
Citer ce chapitre
- Azam, G.
- A. Caillé
- Azam, Geneviève.
- AZAM, Geneviève,
- CAILLÉ, Alain,
https://doi.org/10.3917/dec.caill.2006.01.0099
L’exigence démocratique, sur fond de crise écologique, suppose de penser les rapports des humains à la Nature, des humains entre eux, ainsi que les rapports entre les générations présentes et futures. Face aux nouveaux périls qui menacent la planète, la perspective de voir apparaître de véritables écototalitarismes ne relève plus seulement de la science-fiction. Contrairement à certaines idées reçues, les mêmes qui croyaient voir dans la mort une grande égalisatrice, ces périls, effets d’un productivisme débridé dans le cadre du capitalisme néolibéral, sont porteurs de guerres et renforcent les pouvoirs de ceux pour qui la planète et ses habitants se réduisent à un réservoir de ressources à s’approprier.
Voilà pourquoi il est nécessaire et urgent de réaffirmer collectivement les conditions mêmes de la démocratie, qui sont aussi les conditions du politique. Le capitalisme néo-libéral impose l’empire d’un marché qui ne supporte aucune limite sociale, écologique, éthique à son expansion infinie et qui de ce fait réduit ou supprime l’espace politique comme lieu des choix collectifs. La démocratie elle-même ne se définit plus alors comme un régime politique mais comme le synonyme d’une société capitaliste libérale, c’est-à-dire d’une société dépolitisée. La société entière se trouve absorbée par la dimension techno-économique, ce qu’exprimait déjà Charles Wilson avec la formule célèbre : ce qui est bon pour les États-Unis est bon pour General Motors et vice versa. Depuis, cette prétention s’est étendue au monde entier …
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