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Chapitre 2. Lycées et centres de formation d’apprentis : dépasser la concurrence, rechercher la complémentarité

Pages 13 à 20

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  • Bloch, D.
(2024). Chapitre 2. Lycées et centres de formation d’apprentis : dépasser la concurrence, rechercher la complémentarité. Quel avenir pour l’enseignement professionnel ? : Enrichi de dialogues avec Estelle Folest, Alexandre Portier et Pascal Vivier (p. 13-20). Presses universitaires de Grenoble. https://shs.cairn.info/quel-avenir-pour-l-enseignement-professionnel--9782706155338-page-13?lang=fr.

  • Bloch, Daniel.
« Chapitre 2. Lycées et centres de formation d’apprentis : dépasser la concurrence, rechercher la complémentarité ». Quel avenir pour l’enseignement professionnel ? Enrichi de dialogues avec Estelle Folest, Alexandre Portier et Pascal Vivier, Presses universitaires de Grenoble, 2024. p.13-20. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/quel-avenir-pour-l-enseignement-professionnel--9782706155338-page-13?lang=fr.

  • BLOCH, Daniel,
2024. Chapitre 2. Lycées et centres de formation d’apprentis : dépasser la concurrence, rechercher la complémentarité. In :
  • BLOCH, Daniel,
  • Enrichi de dialogues avec FOLEST, Estelle,
  • PORTIER, Alexandre
  • et VIVIER, Pascal,
Quel avenir pour l’enseignement professionnel ? Enrichi de dialogues avec Estelle Folest, Alexandre Portier et Pascal Vivier. FONTAINE : Presses universitaires de Grenoble. Hors collection, p.13-20. URL : https://shs.cairn.info/quel-avenir-pour-l-enseignement-professionnel--9782706155338-page-13?lang=fr.

Notes

Français

Si le nombre d’inscrits dans l’enseignement professionnel « non universitaire », au CAP (et antérieurement en BEP, de même niveau), au baccalauréat professionnel et au BTS, est pratiquement inchangé depuis le début des années 2000, avoisinant 1 250 000, cette stabilité cache de considérables évolutions quant au poids relatif des lycées et des centres d’apprentissage.
Le CAP résiste en CFA, mais s’effondre en lycée professionnel, notamment en raison de la réforme de 2009 du baccalauréat professionnel, qui a réduit sa durée de préparation, tout en y intégrant le BEP.
Les effectifs du baccalauréat professionnel triplent en lycée professionnel alors qu’ils ne font que doubler en CFA : les CFA n’y sont que peu investis, ne « produisant » qu’un peu plus de 10 % des bacheliers professionnels. À la différence du BTS, où les effectifs en CFA ont été multipliés par cinq, alors que les effectifs des lycées, stationnaires sur une longue période, sont désormais orientés à la baisse. Ceux des IUT, eux, sont strictement inchangés. Tout ceci dans un contexte où le nombre de bacheliers professionnels doublait : une dynamique « post-baccalauréat » clairement en faveur de l’apprentissage, et une absence étourdissante des ministères en charge des enseignements secondaires comme supérieurs. Mais dans le contexte d’une « compétition » biaisée entre lycée et CFA : comment les jeunes bacheliers ne seraient-ils pas attirés par l’apprentissage et les salaires attribués aux apprentis, mais aussi par la prise en compte des années en apprentissage pour l’attribution des droits à la retraite ?
Le développement des formations en apprentissage relevant des niveaux post-baccalauréat, selon le mode « open bar », apparaît cependant comme financièrement insoutenable.
En 2022, les apprentis visant l’obtention d’un diplôme de niveau baccalauréat ou inférieur ne représentaient plus que 37,6 % des nouveaux contrats (contre 63,2 % en 2017), alors qu’à partir du BTS, la plus-value de l’apprentissage en termes d’insertion professionnelle est faible, et plus limitée encore dès lors qu’il s’agit de formation d’un niveau égal ou supérieur à celui de la licence. Un apprentissage qui, comme le souligne la Cour des comptes, ne bénéficie pas en majorité aux jeunes rencontrant le plus de difficultés pour s’insérer sur le marché du travail.
L’insertion professionnelle s’effectue dans de meilleures conditions pour les apprentis que pour les lycéens, au niveau tant du CAP que du baccalauréat professionnel ou du BTS (annexes III et IV). De plus, celle des apprentis s’effectue au plus près, à 60 %, de leur domaine de formation, ce taux n’atteignant que 33 % pour les lycéens (annexes V et VI). Il ne faudrait pas cependant en tirer des conclusions hâtives tant les publics concernés sont distincts.
C’est l’ensemble du dispositif qu’il s’agit de mettre en cohérence, sans considérer a priori qu’il y aurait d’un côté des lycées professionnels qui « dysfonctionneraient », et de l’autre des CFA qui « performeraient ». La réintroduction, dans ce second quinquennat d’Emmanuel Macron, d’un ministère délégué chargé de l’Enseignement et de la Formation professionnels aurait dû permettre de substituer la coopération à une compétition biaisée. Il n’en a encore rien été.
Jusqu’en 1985, les formations diplômantes préparées en lycée se limitaient au CAP. En 1985, Jean-Pierre Chevènement introduit le baccalauréat professionnel, à effet immédiat – les premières classes ouvrant, en lycées professionnels, dès la rentrée 1985-1986. La loi Séguin, en 1987, étend le périmètre de l’apprentissage à tous les niveaux de formation professionnelle : les premiers apprentis sont inscrits pour la préparation d’un baccalauréat professionnel à la rentrée 1987-1988.
L’introduction du baccalauréat professionnel – une innovation de rupture – s’était accompagnée d’une autre « révolution culturelle » avec l’introduction de périodes longues de formation en entreprise, inexistantes jusque-là dans la préparation des diplômes des formations professionnelles initiales de l’enseignement secondaire. Sur les quatre semestres de formation consacrés à la préparation du baccalauréat professionnel, une vingtaine de semaines sont à effectuer en milieu professionnel. Des apprentis préparant un baccalauréat et des lycéens en formation en entreprise, rien de tout cela n’allait de soi. D’ailleurs, aujourd’hui encore, les CFA ont peu investi le champ du baccalauréat professionnel, et nombreux sont encore ceux, dans les lycées, qui dénient le caractère formateur des semaines de plongée en entreprise.


Date de mise en ligne : 07/06/2024

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