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Présentation

Pages 93 à 94

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  • Droit, R.-P.
  • et Atlan, M.
(2024). Présentation. Dans
  • R. Droit
  • et M. Atlan
Que devient l'identité ? (p. 93-94). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.atlan.2024.01.0093.

  • Droit, Roger-Pol.
  • et al.
« Présentation ». Que devient l'identité ? Hermann, 2024. p.93-94. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/que-devient-l-identite--9791037038265-page-93?lang=fr.

  • DROIT, Roger-Pol
  • et ATLAN, Monique,
2024. Présentation. In : Que devient l'identité ? Paris : Hermann. Hors collection, p.93-94. DOI : 10.3917/herm.atlan.2024.01.0093. URL : https://shs.cairn.info/que-devient-l-identite--9791037038265-page-93?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.atlan.2024.01.0093


1 Chacun le sait, ou plutôt croit le savoir : la question de l’identité est présente au cœur des mouvements politiques et sociaux contemporains, singulièrement dans leurs expressions extrêmes. Des mouvements « identitaires » situés à l’extrême droite militent pour la défense de formes de vie et de pensée qu’ils jugent menacées par les autres, les étrangers, les envahisseurs. Des mouvements féministes, transgenres, racisés ou intersectionnels, que l’on regroupe à tort ou à raison sous l’étiquette du « wokisme », luttent en paraissant se réclamer, eux aussi, d’identités distinctes, opposées au modèle du pouvoir dominant.

2 Constat pertinent ou effet de trompe-l’œil ? Pour le comprendre, il faut réexaminer la notion, distinguer les contextes, préciser les enjeux. C’est ce que proposent, de manière différente, les trois approches philosophiques qui composent cette troisième et dernière partie.

3 Philosophe féministe qui a enseigné à Harvard et à Yale, Manon Garcia examine les « politiques de l’identité » que mènent les mouvements féministes qui se développent actuellement aux États-Unis, conjointement à la défense des droits civiques des Noirs, aux luttes contre les discriminations sexuelles et à d’autres luttes pour l’émancipation. Elle répond en particulier aux critiques faites à ces mouvements de mettre en cause l’universalisme en privilégiant des identités situées.

4 La réflexion de Tristan Garcia, philosophe et romancier, professeur à l’Université Lyon III, prolonge l’analyse conceptuelle des dilemmes liés à ces luttes pour l’émancipation. Pour être enfin libre, faut-il viser la reconnaissance des dominants, ou disparaître hors de leur regard ? Les deux attitudes existaient déjà chez les esclaves. Le dilemme perdure, et l’analyse de plusieurs cas de figure permet à l’auteur de conclure qu’il faudrait pouvoir tenir ensemble, dans ces luttes en cours, la nécessité de « devenir quelqu’un » et celle de « pouvoir cesser de l’être » – autrement dit accéder à son identité, et la quitter à tout moment.

5 Ces deux analyses développent des thèses qui soutiennent le mouvement woke. Nous les accueillons volontiers dans ce volume, bien que nous ne partagions pas leurs présupposés.

6 C’est finalement toute l’évolution de la conception contemporaine de l’identité qui exige d’être évoquée et soumise à la critique. Ce que souligne pour finir Christian Godin, auteur d’une soixante d’ouvrages et rédacteur en chef de la revue Cités, en expliquant comment s’est peu à peu estompée cette dimension essentielle qu’est la négativité. Il rappelle qu’il n’y a d’identité véritable qu’incertaine, incomplète, conflictuelle. À venir, donc.


Date de mise en ligne : 22/05/2024

https://doi.org/10.3917/herm.atlan.2024.01.0093