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8. Le dilemme de l’Émancipation

Pages 109 à 122

Citer ce chapitre


  • Garcia, T.
(2024). 8. Le dilemme de l’Émancipation. Dans
  • R. Droit
  • et M. Atlan
Que devient l'identité ? (p. 109-122). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.atlan.2024.01.0109.

  • Garcia, Tristan.
« 8. Le dilemme de l’Émancipation ». Que devient l'identité ? Hermann, 2024. p.109-122. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/que-devient-l-identite--9791037038265-page-109?lang=fr.

  • GARCIA, Tristan,
2024. 8. Le dilemme de l’Émancipation. In :
  • DROIT, Roger-Pol
  • et ATLAN, Monique,
Que devient l'identité ? Paris : Hermann. Hors collection, p.109-122. DOI : 10.3917/herm.atlan.2024.01.0109. URL : https://shs.cairn.info/que-devient-l-identite--9791037038265-page-109?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.atlan.2024.01.0109


J’aimerais vous proposer de reconstruire et, peut-être, de résoudre ce que j’appellerais « le dilemme de l’émancipation ». C’est un dilemme qui, je crois, revient régulièrement dans l’histoire, et auquel nous sommes aujourd’hui confrontés dans des termes nouveaux. Mais ce dilemme existe de longue date. Il concerne toutes les personnes et tous les groupes sociaux intéressés d’abord par le fait de ne pas fonder ni légitimer une autorité ou un ordre, mais d’échapper à l’autorité ou à l’ordre qui les forment et les déforment en tant que sujets.
En s’attachant à l’idée d’émancipation, on remonte le long de chaînes de luttes qui conduisent tôt ou tard aux révoltes d’esclaves. Elles ont longtemps été occultées, mais partout où il y a eu esclavage, il y a eu révolte.
Au cours de ces combats, un dilemme a souvent resurgi parmi tous ceux qui voulaient se libérer. Dans ce qu’on appelle le phénomène du « marronnage » des esclaves au Brésil, deux camps se constituaient souvent. Une fois que des groupes avaient fui les grandes propriétés, les plantations, se posait la question de savoir ce qu’on devait entendre par « être émancipé ». La première réponse consistait à vouloir être reconnu. C’est celle apportée par ceux des esclaves qui, souvent pour des raisons religieuses, parce qu’ils ont été convertis au christianisme, ont espéré l’abolition et se sont quelques fois adressés aux institutions religieuses en ce sens. On garde trace de lettres d’esclaves adressées à leurs maîtres, à la justice ou à l’Église, dénonçant les violences commises, réclamant leur reconnaissance…


Date de mise en ligne : 22/05/2024

https://doi.org/10.3917/herm.atlan.2024.01.0109

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