Préface. Briser la doxa
- Par Bernard Rougier
Pages 11 à 18
Citer ce chapitre
- ROUGIER, Bernard,
- CHAPITAUX, Médéric,
- Rougier, Bernard.
- Rougier, B.
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- CHAPITAUX, Médéric,
Notes
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[1]
« Terrains de radicalisation ou de prévention ? Exploration des radicalisations dans le sport associatif », Institut des Hautes Études du ministère de l’Intérieur, Rapport, mars 2022.
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[2]
Nicolas Grimaldi, À la lisière du réel. Entretien avec Anne-Claire Désesquelles, Paris, Pocket, 2020, p. 151.
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[3]
M. de Certeau, « Histoires de corps », revue Esprit, février 1982, p. 2-9.
-
[4]
L. Boltanski et L. Thévenot, De la justification : les économies de la grandeur, Paris Gallimard, 1991.
Ce n’est pas le moindre des mérites de l’ouvrage de Médéric Chapitaux que de briser une doxa défendue par le ministère des Sports et de nombreux chercheurs, selon laquelle le sport en général, et les sports de combat qui font l’objet d’une attention particulière dans l’ouvrage, seraient immunisés contre le risque islamiste et la tentation violente. Toutes les connaissances présentées ici tendent à montrer l’exact contraire : la salle de sport est l’un des analyseurs privilégiés du phénomène communautaire dans ses diverses dimensions, puisque les comportements sont évalués, en de nombreux cas, à l’aune de normes religieuses à référent islamique mises en circulation dans les quartiers par de nombreux canaux d’influence.
La question de l’islamisme dans le sport soulève des débats houleux dans les sciences sociales. Pour les partisans du déni – les dénégationnistes –, le phénomène n’existe pas, ou seulement de manière marginale. La généralisation et l’exagération de cas individuels jetteraient l’opprobre sur des disciplines sportives, leurs fédérations, et pire encore, une partie de la population à raison de ses croyances religieuses.Un récent rapport de l’Institut des Hautes Études du ministère de l’Intérieur (IHEMI) est un modèle du genre. Pour ses auteurs, « les radicalisés sont significativement moins sportifs (550, soit 7 % du FSPRT, en baisse) que la population générale ». Pareille affirmation n’a strictement aucun sens puisque le fichier du FSPRT ne contient pas tous les « radicalisés » en activité sur le territoire national…
Date de mise en ligne : 18/05/2026
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