4 - « Se syndiquer pour la lutte des classes » : la CGT Guadeloupe et la CGT Martinique
- Par Pierre Odin
Pages 129 à 166
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Notes
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[1]
Slogan imprimé sur les tee-shirts officiels du congrès de la CGTG, en 2013.
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[2]
Mot d’accueil aux nouveaux adhérents par Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG, dans le cadre des journées de formation organisées au CREO.
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[3]
Tant il est vrai qu’il serait, à ce stade, problématique de considérer la CGT métropolitaine comme un tout homogène, dans la mesure où cohabitent des secteurs liés à la gauche institutionnelle, ou plus radicaux, selon les branches ou les territoires – certains étant marqués par une influence forte du PCF ou du Parti ouvrier indépendant (POI).
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[4]
Et ce, d’autant plus si l’on considère les incidences de la dernière réforme de la représentativité syndicale, dont les effets ont été étudiés par Sophie Béroud et Karel Yon, « Représenter les salariés dans l’entreprise après la loi du 20 août 2008 », Politiques de communication, no 2, 29 décembre 2014, p. 51-78.
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[5]
Tensions abondamment décrites dans les travaux de Julian Mischi à propos de la désorientation syndicale liée aux changements de ligne du PC. Voir : Julian Mischi, Le Communisme désarmé, Agone, Paris, 2014.
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[6]
Certains auteurs, tels que Françoise Piotet, parlent par exemple d’« anarchie organisée » pour désigner, au sein du mécanisme de prise de décision, les interférences générées par les contradictions qui se donnent à voir entre différents échelons hiérarchiques ou les logiques propres aux différents espaces géographiques et socio-professionnels qui cohabitent au sein de la CGT dans l’Hexagone. Voir à ce sujet : Françoise Piotet, « La CGT, une anarchie (plus ou moins) organisée ? », Politix, n° 85, 30 mars 2009, p. 9-30.
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[7]
Combat ouvrier est une organisation politique d’obédience trotskiste fondée en 1971 et issue de la Ligue des travailleurs communistes antillais. Membre de l’UCI dont l’organisation est la section antillaise, Combat ouvrier entretient des liens étroits de fraternité et d’entraide avec l’organisation française LO.
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[8]
Voir le chapitre 2.
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[9]
Karel Yon, « Modes de sociabilité et entretien de l’habitus militant. Militer en bandes à l’AJS-OCI dans les années 1970 », Politix, n° 70, 2005, p. 137-167 ; Gildas Renou, « L’institution à l’état vif. Sociabilités et structuration des groupes dans un syndicat de salariés », Politix, n° 63, 2003, p. 53-77.
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[10]
Par exemple, dans les travaux d’historiens sur la culture communiste au sein de la CGT hexagonale, tel l’ouvrage dirigé par Jean Vigreux et Serge Wolikow, Cultures communistes au xxe siècle, La Dispute, Paris, 2003. Le premier ouvrage tiré de la thèse de Julian Mischi contient également nombre d’éléments qui font écho à mes observations concernant l’articulation entre militantisme politique et militantisme syndical, surtout quant à l’imbrication entre les deux et le fait de ne pas les penser comme distincts. Voir : Julian Mischi, Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF, op. cit.
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[11]
Pour ce qui est de la sociologie américaine, je pense notamment aux travaux d’Elisabeth S. Clemens sur les militants syndicalistes américains au début du xxe siècle. Voir : Elisabeth S. Clemens, « Organizational form as frame : collective identity and political strategy in the American labor movement, 1880-1920 », in Doug McAdam, John D. McCarthy et Mayer N. Zald (dir.), Comparative Perspectives on Social Movements. Political opportunities, Mobilizing Structures and Cultural Framings, Cambridge University Press, Cambridge, 1996, p. 205-226.
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[12]
« La CGTG est un syndicat de classe, c’est-à-dire qu’elle syndique exclusivement des salariés. […] C’est un syndicat de masse, car plus les salariés sont nombreux à s’organiser pour se défendre face aux agressions du patronat, plus ils sont forts individuellement et collectivement », in « Pour les cinquante ans de la CGTG », brochure de la CGTG, novembre 2011.
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[13]
À plusieurs reprises, la situation d’entretien rappelle, dans un autre registre, la rencontre entre le sociologue Michel Pialoux et l’ouvrier Christian Corouge, au cours de laquelle celui-ci livre ses impressions sur son parcours de militant ouvrier et communiste dans les usines sochaliennes. Michel Pialoux et Christian Corouge, Résister à la chaîne. Dialogue entre un ouvrier de Peugeot et un sociologue, Agone, Marseille, 2011.
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[14]
Entretien avec Marie-Hélène « Marthe » Surelly, travailleuse de la banane, syndicaliste CGTM et membre de Combat ouvrier, juin 2013.
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[15]
Ibid.
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[16]
Deux communes séparées par trente-cinq kilomètres, ce qui représente au bas mot quarante-cinq minutes de route en Martinique.
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[17]
Entretien avec Marie-Hélène « Marthe » Surelly, op. cit.
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[18]
Ugo Palheta, La Domination scolaire, Presses universitaires de France, 2012 ; Paul Willis, L’École des ouvriers, Agone, Marseille, 2011.
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[19]
Entretien avec Marie-Hélène « Marthe » Surelly, op. cit.
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[20]
Littéralement : « Pas de patrons chez nous. »
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[21]
Je reprends le terme à dessein car la dichotomie discursive entre syndicalisme réformiste et révolutionnaire semble puissamment évocatrice au sein des CGT antillaises, quand bien même celle-ci est difficilement traductible en termes de répertoires d’action particuliers quand il s’agit des usages du droit.
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[22]
Laurent Willemez, « Quand les syndicats se saisissent du droit. Invention et redéfinition d’un rôle », Sociétés contemporaines, n° 52, avril 2003, p. 17-38.
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[23]
Entretien avec Inès, déléguée du personnel et syndicaliste CGTG à l’hôpital de Pointe-à-Pitre, juin 2014.
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[24]
Pour Union des travailleurs de la santé.
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[25]
Entretien avec Inès, op. cit.
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[26]
Ibid.
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[27]
Ibid.
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[28]
Même si j’avais entendu parler de la formation consacrée aux déficits de la Sécurité sociale mentionnée ici, qui était apparemment organisée par un intervenant extérieur au syndicat mais membre de Combat ouvrier.
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[29]
Entretien avec Inès, op. cit.
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[30]
Cette cohabitation idéologique entre antistalinisme et désir d’un communisme « utopique », tout comme la critique des professionnels de la politique, paraît très similaire à celle observée par Florence Johsua dans le cas des jeunes militants de la LCR et du NPA. Voir : Florence Johsua, « Projets de société, une société en projets », in Anticapitalistes, op. cit., p. 124-134.
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[31]
Nathalie Ethuin et Karel Yon, « Le syndicalisme à l’épreuve de sa reproduction : éclairage sur et par la formation syndicale », La Fabrique du sens syndical, op. cit., p. 9-27.
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[32]
J’ai déjà évoqué, dans le deuxième chapitre, l’audience qu’avait recueillie la « ligne Joachim » au sein de la CGTM de l’EDF. Ici, il sera également question de l’appartenance à un milieu socio-professionnel comme EDF qui possède, dans l’Hexagone comme en Martinique, de très fortes spécificités : un syndicalisme à bases multiples où la dimension de services (via la participation aux CMCAS) est structurante. Voir Stéphane Sirot, « Les pratiques grévistes dans les industries électriques au xxe siècle », Les Cahiers de l’Institut d’histoire sociale mines-énergie, n° 4, 2004, p. 26-33.
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[33]
Entretien avec Valère, administrateur CMCAS à l’EDF et responsable CGTM, mai 2015.
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[34]
Ibid.
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[35]
Ibid.
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[36]
Pour reprendre l’expression de Jacques Lagroye au sujet des élus politiques. Voir : Brigitte Gaïti et Frédéric Sawicki, « On ne subit pas son rôle. Entretien avec Jacques Lagroye », Politix, n° 38, 2e trimestre 1997, p. 7-17.
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[37]
Littéralement, leur « chose », ici, leur « affaire », en créole guadeloupéen.
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[38]
On peut noter ici que l’UGTG, le collectif LKP et Radio Tambour (la principale radio indépendantiste guadeloupéenne) semblent relever d’un même ensemble symbolique, les deux derniers étant considérés comme des appendices du syndicat indépendantiste, en tout cas comme des organes sous influence de l’UGTG et dépendants de ses décisions pour se mobiliser.
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[39]
Cette stratégie s’avèrera payante, puisque le dirigeant d’AREMA acceptera finalement de réintégrer les dockers mis en chômage partiel et de leur verser une indemnité dont le montant s’élève à 15 000 euros chacun.
« Face à la barbarie du capitalisme, nous répondrons par la guerre sociale. »
« Alors, la première chose que je voulais dire, c’est que la CGTG [Confédération générale du travail de la Guadeloupe] est un syndicat révolutionnaire. C’est-à-dire un syndicat de lutte. Et que cette lutte, c’est une lutte de classes. […] Moi, je suis à Combat ouvrier, je suis là pour les camarades qui luttent, quelle que soit leur opinion. Mais c’est également pour ça que l’on a besoin de camarades qui se portent volontaires pour être dirigeants. Nous manquons de dirigeants, donc, voilà. Malheureusement, trop de syndicalistes ne sont qu’adhérents. C’est l’enjeu de nos formations, que des camarades sortent du rang et prennent leurs responsabilités, en connaissance de cause. »
En 2015, la CGTG est considérée, en termes de représentativité et en nombre de militants, comme le deuxième syndicat de l’île. Revendiquant aujourd’hui plus de 6 000 adhérents, la CGTG est historiquement implantée dans le secteur du bâtiment et les plantations de bananes, où elle est toujours majoritaire. En Martinique, la Confédération générale du travail de la Martinique (CGTM) est considérée comme le premier syndicat de l’île (avec près de 10 000 adhérents revendiqués) et s’est imposée comme le premier syndicat aux élections professionnelles, avec de véritables bastions cégétistes dans les services publics hospitaliers, à EDF, chez les travailleurs communaux, etc., mais également chez les dockers ou dans la culture et la récolte de la banane…
Date de mise en ligne : 25/05/2020
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