Introduction
- Par Bertrand Badie
Pages 7 à 24
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- BADIE, Bertrand,
- Badie, Bertrand.
- Badie, B.
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- Badie, B.
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- BADIE, Bertrand,
Notes
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[1]
G. SCELLE,Précis de droit des gens, Paris, Sirey, 1932, p. 13.
-
[2]
Ibid., p.28.
-
[3]
L. BOURGEOIS,Pour la Société des Nations, Paris, Fasquelle, 1910, p. 10.
-
[4]
Ibid., p. 167.
-
[5]
H. BULL,The Anarchical Society, Londres, Macmillan, 1977 ; J. BURTON, World Society, Cambridge, Cambridge University Press, 1968 ; D. MITRANY,A Working Peace System, Londres, Royal Institute of International Affairs, 1943 ; A. WENDT,Social Theory of International Politics, Cambridge, Cambridge University Press, 1999 ; A. WOLFERS,Discord and Collaboration, Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1962.
-
[6]
B. BADIE,L’impuissance de la puissance, Paris, Fayard, 2005.
-
[7]
B. BADIE,Le diplomate et l’intrus, Paris, Fayard, 2008.
On a souvent opposé liberté et solidarité. Le contraste est vif si on prend les deux mots au pied de la lettre : la faculté de choisir est évidemment réduite par l’obligation qui lie à l’autre. L’opposition est déjà moins ferme lorsqu’on admet que la liberté de l’autre est aussi dépendante de la latitude de choix réel qu’on lui concède : abandonner son semblable à sa triste condition revient à lui interdire d’être libre et transforme donc la valeur même de liberté en instrument de domination.
Cette violente inversion est au centre de débats politiques aigus qui ont traversé les sociétés dès le milieu du XIX e siècle. Elle a alimenté les controverses opposant marxistes et libéraux ; elle a pris tout son sens lorsque fut inventé l’État de bien-être ; elle a contribué à recentrer l’idée même d’action publique et d’intervention dans le champ des relations internationales. On pouvait pourtant s’attendre à tout le contraire : les deux pôles s’y trouvaient contrastés jusqu’à l’extrême. La liberté dans l’arène internationale ne connaît aucune concession : il s’agit bien de celle du gladiateur, longtemps affranchi de tout pouvoir commun, ainsi que le souhaitait Hobbes, libre de mettre à mort son adversaire, de le déposséder, de l’envahir ou de l’asservir. Bien plus tard, la solidarité internationale eut du mal à trouver ses marques et sa légitimité. Elle grandit peu à peu entre l’idée fragile d’altérité, valant égalité souveraine des États, et celle tout aussi contestée de bien commun de l’humanité…
Date de mise en ligne : 10/12/2025
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