Public
- Par Antoine Vauchez
Pages 1 à 101
Citer ce chapitre
- VAUCHEZ, Antoine,
- Vauchez, Antoine.
- Vauchez, A.
https://doi.org/10.3917/anamo.vauch.2022.01.0001
Citer ce chapitre
- Vauchez, A.
- Vauchez, Antoine.
- VAUCHEZ, Antoine,
https://doi.org/10.3917/anamo.vauch.2022.01.0001
Les mots du « public » sont de retour. Leur résilience au cœur de nos démocraties pourra surprendre au terme de trois décennies de politiques néolibérales qui n’ont pas cessé de pointer les irrationalités de l’action publique et la supériorité des solutions de marché. Mais c’est un fait : la crise pandémique comme l’urgence climatique ont réinstallé dans nos esprits la valeur vitale de services publics universels tout comme la nécessité de plans d’investissements publics massifs sous forme de Plans de relance ou Green New Deals qui semblent redonner aux États les premiers rôles. Une prise de conscience s’est amorcée aussi en parallèle quant aux risques liés à la concentration de pouvoir sans précédent dans les mains (privées) d’un petit nombre de superstar firms, Google, Amazon et autres, qui ont aujourd’hui une prise croissante sur nos destins collectifs. En écho à ces puissants mouvements de fond, la pop culture relaie aujourd’hui ces inquiétudes en autant de dystopies qui agitent le spectre de mondes entièrement privatisés. Il suffit de penser à la série britannique Black Mirror, qui met en scène toutes sortes de tyrannies privées, des algorithmes de la notation sociale à la surveillance généralisée de nos vies privées et publiques ; ou encore de regarder du côté des romans d’anticipation politique d’Alain Damasio, où c’est la langue elle-même qui est placée sous copyright (Hauts Parleurs) et où la ville d’Orange se voit rachetée par la société de télécommunications éponyme …
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