10. Agressions sexuelles
- Par Muriel Salmona
Pages 79 à 95
Citer ce chapitre
- SALMONA, Muriel,
- KÉDIA, Marianne
- et SABOURAUD-SÉGUIN, Aurore,
- Salmona, Muriel.
- Salmona, M.
- M. Kédia
- et A. Sabouraud-Séguin
https://doi.org/10.3917/dunod.kedia.2020.01.0079
Citer ce chapitre
- Salmona, M.
- M. Kédia
- et A. Sabouraud-Séguin
- Salmona, Muriel.
- SALMONA, Muriel,
- KÉDIA, Marianne
- et SABOURAUD-SÉGUIN, Aurore,
https://doi.org/10.3917/dunod.kedia.2020.01.0079
Le viol et les autres agressions sexuelles sont des crimes et des délits à l’origine de très graves atteintes aux droits, à la sécurité, à la dignité et à l’intégrité des personnes qui en sont victimes. Depuis plus de vingt ans, que ce soit en temps de paix ou de guerre, les viols sont considérés en droit international et européen comme des traitements cruels, inhumains et dégradants, et de plus en plus comme une forme de torture. Ce sont donc des crimes de premier ordre que les États ont la responsabilitéét et l’obligation de prévenir et de punir, quel qu’en soit l’auteur.
Ce sont des violences sexistes et discriminatoires dont les femmes et les filles sont les principales victimes dans un continuum de violences dès leur plus jeune âge (80 %) et dont les hommes sont les principaux auteurs (90 %) (ONDRP-INSEE, 2017).
Ces violences sexuelles sont d’une ampleur considérable et touchent tous les âges, toutes les ethnies et tous les groupes socioéconomiques, en tous lieux et dans tous les contextes, mais elles sont commises essentiellement par des proches (90 %), et sur les personnes les plus vulnérables : enfants, personnes handicapées, précarisées, marginalisées et traumatisées, ayant déjà été victimes.
Elles font partie des traumatismes les plus sévères et sont associées à des effets néfastes à long terme sur la santé mentale et physique des victimes et sur leur parcours de vie, ce qui en fait un problème de société et de santé publique majeur.
Longtemps sous-estimées malgré leur gravité, ces violences sexuelles bénéficient d’une impunité quasi-totale qui s’explique par le déni, la loi du silence et les stéréotypes sexistes qui règnent dans la société et qui banalisent les violences en les rendant tolérables, invisibilisent les victimes ou les rendent coupables des crimes qu’elles ont subis…
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