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4. Réécrire l’histoire

Pages 175 à 214

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  • Dagen, P.
(2021). 4. Réécrire l’histoire. Primitivismes II : Une guerre moderne (p. 175-214). Gallimard. https://shs.cairn.info/primitivismes-ii-une-guerre-moderne--9782072906657-page-175?lang=fr.

  • Dagen, Philippe.
« 4. Réécrire l’histoire ». Primitivismes II Une guerre moderne, Gallimard, 2021. p.175-214. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/primitivismes-ii-une-guerre-moderne--9782072906657-page-175?lang=fr.

  • DAGEN, Philippe,
2021. 4. Réécrire l’histoire. In : Primitivismes II Une guerre moderne. Paris : Gallimard. Hors série Connaissance, p.175-214. URL : https://shs.cairn.info/primitivismes-ii-une-guerre-moderne--9782072906657-page-175?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Du Moine de Lewis à L’île de l’Æpyornis de Wells.
  • [2]
    Et tous deux traités comme tels par le groupe : procès, pamphlets, insultes.
  • [3]
    André Breton, « L’art des fous, la clé des champs », La Clé des champs, Paris, Éditions du Sagittaire, 1953, p. 224 ; Œuvres complètes, t. III, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1999, p. 885. Le texte a paru initialement dans les Cahiers de la Pléiade, automne 1948 - hiver 1949, dans une livraison consacrée à l’art dit « brut ». Il est repris en 1965 dans Le Surréalisme et la peinture.
  • [4]
    Ibid., p. 225. Breton date par erreur l’ouvrage de 1905.
  • [5]
    Ibid., p. 226. Réja écrit : « Les anciens […] rapportaient l’origine des troubles psychiques à l’intervention divine […]. »
  • [6]
    Sur ces questions : Françoise Will-Levaillant, « L’analyse des dessins d’aliénés et de médiums en France avant le surréalisme », Revue de l’art, no 50, 1980 ; Marielène Weber, « Prinzhorn, l’homme, la collection, le livre », in Hans Prinzhorn, Expressions de la folie, Paris, Gallimard, 1984 ; John M. MacGregor, The Discovery of the Art of the Insane, Oxford, Princeton, 1989. Plus récemment le catalogue de l’exposition Surrealismus und Wahnsinn / Surrealism and Madness, Heidelberg, 2009 (dir. Ingrid von Beyme et Thomas Röske).
  • [7]
    Werner Spies, « L’art brut avant 1967 », Revue de l’art, no 1-2, 1968, p. 125.
  • [8]
    Ce point ayant fait l’objet d’études de Werner Spies, puis de Thomas Röske, il serait superflu d’y revenir plus longuement.
  • [9]
    Branko Aleksic rappelle ainsi comment Breton a pris connaissance de Freud « à travers le Précis de psychiatrie, l’ouvrage du Dr Régis (1916) et peut-être à travers La Psycho-Analyse des névroses et des psychoses, l’ouvrage du Dr Régis et du Dr Hesnard (1914, cité par Freud dans son Introduction à la psychanalyse). De cette influence de la psychiatrie française témoigne aussi une autre référence de Breton, la notion d’“automatisme psychique” d’après l’ouvrage classique de Pierre Janet, L’Automatisme psychologique (1889) » (« Freud et les Surréalistes, ces “fous intégraux” », Topique, no 115, 2011/2, p. 94).
  • [10]
    « Lettre aux Médecins-Chefs des Asiles de Fous », La Révolution surréaliste, no 3, 15 avril 1925, p. 29.
  • [11]
    Albert Londres, Chez les fous, Paris, Albin Michel, 1925 ; rééd. Le Serpent à plumes, Paris, 1999, p. 149. La notoriété déjà établie de Londres, la vigueur de ses attaques et la crudité de ses descriptions contribuent au retentissement de son enquête. Elle ne fut suivie d’aucune mesure pour améliorer les conditions d’internement.
  • [12]
    Ibid., p. 51.
  • [13]
    Ibid., p. 27-28.
  • [14]
    Jean Vinchon, L’Art et la folie, Librairie Stock, Paris, 1924, p. 119. Dès 1920, Vinchon publie avec son confrère Maxime Laignel-Lavastine un article intitulé « Délire mystique et sculpture automatique ».
  • [15]
    Ibid., p. 64.
  • [16]
    Ibid., p. 72-74.
  • [17]
    Par exemple, deux « sculptures d’aliénés, du type “fétiche” » de la collection Marie que Réja a reproduites en 1901 et 1907 (p. 59).
  • [18]
    Ibid., p. 66.
  • [19]
    Théodore Flournoy (1854-1920), médecin genevois, est essentiellement connu pour ses travaux sur et avec Hélène Smith (Catherine Élise Müller), médium et adepte de la glossolalie, dont il étudie les écrits. Des Indes à la planète Mars, étude sur un cas de somnambulisme avec glossolalie paraît en 1900, Nouvelles observations sur un cas de somnambulisme en 1902, Esprits et Médiums. Mélanges de Métapsychique et de Psychologie en 1911.
  • [20]
    Il en demeure un bref Catalogue des œuvres d’art morbide exposées chez M. Max Bine, Paris, Imprimeries parisiennes réunies, 1929, opuscule de 16 pages brochées, sans préface. Une première exposition du même type, mais de moindre ampleur et plus mal connue encore, s’était tenue en décembre 1927 à la galerie Vavin-Raspail, composée à partir de la collection Marie. Sur l’exposition chez Max Bine : Philippe Dagen, « Avant l’art “brut” : de l’invention de l’“art des fous” d’Auguste Marie à André Breton », Art brut, Paris, Flammarion/Abcd, 2014 ; Lydia Couet, « Quand “l’art des fous” investit les galeries d’art dans les années vingt : “L’Exposition des artistes malades” à la galerie Max Bine (1929) », Transversales, Université de Bourgogne (Centre Georges Chevrier), 2017.
  • [21]
    Auguste Marie, « L’art chez les aliénés », La Revue du médecin, 1er juillet 1930, p. 12.
  • [22]
    Ibid., p. 14. Il en conclut, curieusement, que ces pièces ne sauraient être présentées aux « gens du monde ».
  • [23]
    M. Réja, L’Art chez les fous, op. cit., p. 40.
  • [24]
    Lequel Émile Josome Hodinos est abondamment cité et reproduit par Réja, Vinchon et Marie.
  • [25]
    Minotaure, no 11, printemps 1938, p. 42. Ce sont douze images, dont une seule légendée : peinture d’un clavecin italien du xvie siècle, érotique. Outre les deux broderies, on identifie deux de ce que Réja nomme « dessin à prédominance géométrique », du même auteur mais différents de celui qui figure dans L’Art chez les fous.
  • [26]
    Le Corbusier, « Louis Soutter, l’inconnu de la soixantaine », Minotaure, no 9, 15 octobre 1936, p. 63. En dépit de la date et du lieu de parution de l’article, Soutter ne figure ni dans l’exposition ni dans le catalogue surréaliste de 1938.
  • [27]
    Minotaure, no 12-13, mai 1939, p. 72.
  • [28]
    À l’inverse, on doit remarquer la rareté des allusions aux dessins d’enfants. À peu près absents des revues, ils ne le sont pas moins des écrits de Breton. Une exception, quoique fugitive : à la petite fille dont il fait en 1927 l’héroïne de Babylone, René Crevel attribue « toute une série de bonshommes bleus, de maisons violettes aux toits orange, de prés rouges et de bien d’autres invraisemblances barbouillées avec la première boîte d’aquarelle » (René Crevel, Babylone, Paris, Kra, 1927 ; rééd., Paris, Pauvert, 1975, p. 15). Elles inquiètent sa mère, elle-même fille d’un psychiatre que Crevel se plaît à ridiculiser pour son positivisme benêt et sa lâcheté.
  • [29]
    Elles sont empruntées pour la plupart à l’ouvrage d’Alfred Chapuis et Édouard Gélis Le Monde des automates, Paris, 1928.
  • [30]
    Brassaï, « Du mur des cavernes au mur d’usine », Minotaure, no 3, 1933, p. 6.
  • [31]
    Ibid.
  • [32]
    Ibid. Allusion transparente aux interdits qui s’opposent aux expressions urbaines.
  • [33]
    Ernst Jünger, Lieutenant Sturm, trad. Ph. Giraudon, Paris, Viviane Hamy, 1991, p. 25. Hugershoff est présenté comme peintre de formation.
  • [34]
    Il publie en 1921 Die Malerei der Eiszeit à Munich (Delphin Verlag).
  • [35]
    Dont Du spirituel dans l’art est cité en bibliographie, de même que le premier livre d’Eckart von Sydow, Die deutsche expressionistische Kultur und Malerei, paru en 1920. Face au Cavalier bleu est reproduit un éléphant de la grotte d’El Castillo et, face à une improvisation xylographique, des pictogrammes « en harpon » de Marsoulas (W. Paulcke, Steinzeitkunst und moderne Kunst, Stuttgart, Schweizerbart’s Verlag, 1923, planches 55, 56, 61, 62). Klee est comparé aux gravures de l’âge du bronze scandinave et une Baigneuse de Maria Uden à la Vénus de Willendorf.
  • [36]
    Ainsi que dans des tentatives théoriques, telle celle d’Amédée Ozenfant, Art, Paris, Jean Budry, 1928, qui se réclame d’une visite aux Eyzies-de-Tayac et dans la grotte de Pech Merle sans que ces mentions éclairent son propos.
  • [37]
    Ph. Dagen, Primitivismes, t. I, op. cit., p. 99-110.
  • [38]
    Il ne peut échapper qu’elles ne sont, un siècle plus tard, ni résolues – serait-ce possible ? – ni renouvelées ; et qu’elles sont retombées souvent à un comparatisme rudimentaire, comme si les travaux d’André Leroi-Gourhan n’existaient pas. L’histoire des interprétations des arts paléolithiques a suscité peu d’études consistantes. En dépit de son titre, celle de Marc Groenen (« Faire parler l’image paléolithique dans la première moitié du xxe siècle », Paris, Cahiers du MNAM, no 126, 2013/2014) en reste à des banalités sur la fin du siècle précédent. Plus profitable est, dans le même numéro, celle de Rémi Labrusse, « Préhistoire : une poétique de l’indistinction », quoiqu’elle ne prenne pas assez la mesure des débats entre magie et réalisme visuel. Il en est de même de l’étude d’Emmanuel Guy (« Entre “l’art pour l’art” et la magie préhistorique : premières théories sur l’art paléolithique », in Préhistoire : une énigme moderne, Paris, Centre Pompidou, 2019) qui ignore, entre autres lacunes, Ernst Grosse, pour ne rien dire du surréalisme.
  • [39]
    Georges-Henri Luquet, L’Art et la religion des hommes fossiles, Paris, Masson et Cie, 1926, p. 24. Six photographies accompagnent cet éloge. Le souci d’exhaustivité de Luquet s’étend aux gravures sur os de La Madeleine et de Laugerie-Basse et naturellement aux découvertes de Brassempouy, de Laussel et de Moravie.
  • [40]
    Ibid., p. 79.
  • [41]
    Ibid., p. 108.
  • [42]
    Particulièrement de Marcellin Boule, dont Les Hommes fossiles. Éléments de paléontologie humaine a paru en 1921 et auquel est dédié le livre de Luquet.
  • [43]
    Ibid., p. 128-129.
  • [44]
    Ibid., p. 228.
  • [45]
    Ibid.
  • [46]
    Notion qui semble introduite si l’on peut dire in extremis dans sa réflexion.
  • [47]
    Ibid., p. 229.
  • [48]
    On sait quelles relations amicales ont attaché Christian Zervos à l’abbé Henri Breuil, qui est l’autorité majeure en France dans l’entre-deux-guerres. Plus généralement, on trouvera des indications sur la politique culturelle de Zervos et de sa revue dans Cahiers d’art. Musée Zervos à Vézelay, sous la direction de Christian Derouet, Paris, Hazan, 2006, particulièrement dans les contributions de Rainer Rochlitz et Rémi Labrusse.
  • [49]
    Jean Cassou, « Peintures des temps préhistoriques », Cahiers d’art, 1926, no 4, p. 70.
  • [50]
    Cassou cite nommément le préhistorien et théoricien allemand.
  • [51]
    Ibid., p. 71.
  • [52]
    Leo Frobenius, « Bêtes, hommes ou dieux ? », Cahiers d’art, 1929, no 10, p. 443. Frobenius a consacré un premier article, essentiellement descriptif et de typologie stylistique, dans la livraison précédente de la revue (« L’art de la silhouette », Cahiers d’art, no 8-9, 1929, p. 397-400). Il y signale déjà des hommes à têtes animales et suppose qu’une connaissance complète de ces pictogrammes relevés en Rhodésie ferait accéder à « la structure mentale de cultures depuis longtemps évanouies » (p. 398).
  • [53]
    Ibid., p. 444.
  • [54]
    Henri Breuil, « L’art oriental d’Espagne », Cahiers d’art, 1930, no 3, p. 136.
  • [55]
    Ibid., p. 138. Luquet, discutant ces dessins de La Vieja et de Cogul, conteste toute interprétation de ce type et entend démontrer que l’idée d’un culte de la fécondité n’est pas établie parce que la figure masculine de Cogul, « satyre ou idole, devrait être ithyphallique, ce qu’elle n’est pas en réalité » (L’Art et la religion des hommes fossiles, op. cit., p. 218).
  • [56]
    Walter Friedrich Otto, « Léo Frobenius », Cahiers d’art, 1930, no 8-9, p. 394. Otto (1874-1958) a publié l’année précédente son ouvrage principal, Die Götter Griechenlands, et est le collègue de Frobenius à Francfort. Sa compréhension du paganisme grec lui valut d’être persécuté aussi bien par les nazis à partir de 1933 que par les théologiens chrétiens après guerre. Sa présentation de Frobenius inscrit celui-ci dans une compréhension globale « phénoménologique », ce qu’il accomplit alors dans l’Institut de morphologie des civilisations.
  • [57]
    « Nous n’oublierons pas qu’il y a une génération encore l’Afrique était pour l’Européen d’une certaine culture générale, un pays désolé, le continent des fièvres, bon tout au plus pour aventuriers et missionnaires. Et ses indigènes, des barbares à l’état de demi-bêtes, une race d’esclaves […] » (Leo Frobenius, « L’art africain », ibid., p. 398). Ou encore : « L’idée d’un “nègre barbare” est une création européenne qui, par contre-coup, a dominé l’Europe jusqu’au début du xxe siècle » (ibid., p. 399).
  • [58]
    Ibid., p. 418. On ne peut que regretter l’extrême maladresse de la traduction française.
  • [59]
    Raymond Vaufrey (1890-1967) est en 1939 l’auteur d’un Art rupestre nord-africain. Son travail paraît en plusieurs livraisons de la revue, 1-3 et 6-7 en 1937, 3-10 en 1938.
  • [60]
    Henri Martin, « L’art solutréen dans la vallée du Roc (Charente) », Documents, 1929, no 6, p. 309.
  • [61]
    Leo Frobenius, « Dessins rupestres du sud de la Rhodésie », Documents, 1930, no 4, p. 188.
  • [62]
    Sur son itinéraire intellectuel et son séjour en France : Laurent Nespoulous, « Un préhistorien japonais à Paris : Nakaya Jiujirō (1929-1932) », Ebisu [online], 51, 2014. En 1931, il participe à un voyage d’étude en Dordogne. Auparavant, il a publié dans plusieurs revues françaises des articles de présentation des acquis récents de la préhistoire japonaise. Il suit les cours de l’abbé Breuil et ceux de Marcel Mauss.
  • [63]
    Jiujirō Nakaya, « Figurines néolithiques du Japon », Documents, 1930, no 1, p. 25-32.
  • [64]
    Lucien Lévy-Bruhl, La Mythologie primitive, Paris, Félix Alcan, 1935 ; in Primitifs, Paris, Anabet éditions, 2007, p. 931.
  • [65]
    Ibid., p. 933.
  • [66]
    Ibid., p. 936.
  • [67]
    Ibid., p. 937. On note que Frobenius n’est cité ni dans le texte, ni dans les notes, qui ne mentionnent, outre Reinach, que Breuil, Cartailhac, le comte Henri Bégouën et René de Saint-Périer.
  • [68]
    Denis Hollier, « La valeur d’usage de l’impossible », Documents, t. I, Paris, Éditions Jean-Michel Place, 1981, p. XV. S’il est certain que le principe est de « tout montrer », encore faut-il prendre la mesure du degré de nouveauté de ce qui est montré : ce n’est évidemment pas « tout » indistinctement, mais ce qui ne l’a pas été auparavant, qu’il s’agisse d’archéologie ou d’ethnographie.
  • [69]
    Georges Bataille, « Le cheval académique », Documents, 1929, no 1, p. 29.
  • [70]
    Georges Henri Rivière, « Archéologismes », Cahiers d’art, 1926, no 7, p. 177.
  • [71]
    Christian Zervos, « Art ancien & art contemporain », Cahiers d’art, 1934, no 5-8, p. 173. Il n’est pas anodin que cette déclaration soit énoncée à l’occasion d’une exposition du MoMA, félicitée par Zervos pour sa capacité à établir des rapports entre artistes vivants et civilisations disparues. On en déduira du reste que n’ignorent alors – 1934 – à Paris le programme du musée new-yorkais que ceux qui préfèrent l’ignorer.
  • [72]
    G. Salles, Le Regard, op. cit., p. 88.
  • [73]
    Georges Contenau, « L’art sumérien, les conventions de la statuaire », Documents, 1929, no 1, p. 1.
  • [74]
    Christian Zervos, « Notes sur l’art de l’Élam, de Sumer et d’Akkad », Cahiers d’art, 1934, no 9-10, p. 220.
  • [75]
    Arthur Upham Pope, « L’Exposition internationale d’art persan à l’académie royale de Londres », Cahiers d’art, 1931, no 1, p. 31. Pope (1881-1969), de nationalité américaine, est le premier spécialiste de l’histoire de l’art ancien perse et le fondateur, en 1925, de l’Institut américain de l’art perse et de l’archéologie à New York, devenu plus tard Asian Institute.
  • [76]
    « Nous possédons maintenant un nouvel élément pour la solution du vaste problème du développement de la civilisation asiatique ancienne », écrit-il (Documents, 1930, no 6, p. 372). Cette civilisation est antérieure de plusieurs siècles à celle qui se développe en Grèce et Asie Mineure à partir du vie siècle : preuve que la genèse de l’art doit être réécrite.
  • [77]
    Alfred Salmony, « La sculpture en pierre de la steppe eurasique occidentale », Cahiers d’art, 1932, no 6-7, p. 260.
  • [78]
    Ranuccio Bianchi Bandinelli, « Les statuettes sardes », Cahiers d’art, 1930, no 10, p. 501-510. Bandinelli (1900-1975) est un archéologue et historien de l’art italien dont, en 1930, les positions idéologiques ne sont pas celles, communistes, qu’il affiche après la Seconde Guerre mondiale. Zervos fait appel à lui parce que le sujet qu’il traite s’intègre au projet général de la revue.
  • [79]
    G. Bataille, « Le cheval académique », art. cité, p. 27-28.
  • [80]
    Ibid., p. 30. On observera que les bailleurs de fonds de Documents, Georges Wildenstein en premier lieu, étaient ainsi avertis dès le premier numéro de la revue du programme de Bataille, qu’ils prétendirent ne découvrir qu’en 1930 pour en interrompre la parution.
  • [81]
    Jean Babelon, « L’évangéliaire de Saint-Lupicin à la Bibliothèque Nationale », Documents, 1929, no 1, p. 59. On a déjà dit que Babelon était un des alliés de Bataille et l’une de ses cautions savantes. Il en va de même de Paul Pelliot (1878-1945), sinologue de grande réputation, professeur au Collège de France et membre de l’Institut au moment où il publie dans Documents.
  • [82]
    F. Adama Van Scheltema, « La trouvaille d’Oseberg », Documents, 1929, no 3, p. 128.
  • [83]
    Josef Strzygowski, « Les problèmes soulevés par la nef d’Oseberg et sa cargaison d’objets d’art », Cahiers d’art, 1930, no 3, p. 122.
  • [84]
    Ibid., p. 127. Josef Strzygowski (1862-1941) est le porte-parole d’un courant ostensiblement hostile au récit méditerranéen, lui opposant, sur fond de comparatisme large, la thèse que l’on voit ici énoncée. Celle-ci lui vaut l’appui des milieux pangermanistes et l’entraîne à des développements sur les « races » et leurs supposées propriétés – ce qui ne retient pas Zervos de le publier : les démonstrations de Strzygowski rejoignent en effet sa propre volonté d’une refondation de l’histoire des arts.
  • [85]
    Wilhelm Kästner, « Un atelier d’orfèvrerie à Essen vers l’an 1000 », Documents, 1929, no 5, p. 240-245.
  • [86]
    « Le trésor de Nagy-Szent-Miklosz », Documents, 1929, no 6, p. 320. Article paru sans nom d’auteur.
  • [87]
    « Les portes de San Zeno de Vérone », Documents, 1929, no 7, p. 373.
  • [88]
    Georges Bataille, « L’Apocalypse de Saint Sever », Documents, 1929, no 2, p. 78.
  • [89]
    Maria Accascina, « Les peintures du palais Chiaramonte à Palerme », Documents, 1930, no 7, p. 388.
  • [90]
    Heinrich Ehl, « L’heure de naissance de l’art européen occidental », Documents, 1930, no 8, p. 444.
  • [91]
    « Mais la civilisation germanique ne peut exister et se manifester qu’à la condition d’être continuellement fécondée par la civilisation occidentale, attirée par la loi même de l’opposition » (ibid., p. 449).
  • [92]
    James Johnson Sweeney, « L’art chrétien primitif en Irlande », Cahiers d’art, 1932, no 6-7, p. 243.
  • [93]
    Elle a lieu du 16 mars au 10 avril 1931 à la galerie de la NRF.
  • [94]
    Carl Einstein, « L’art des nomades d’Asie centrale », trad. I. Kalinowski, Carl Einstein et les primitivismes, op. cit., p. 231.
  • [95]
    Ibid., p. 233.
  • [96]
    Elle est montrée en 1933 par les frères Stora, antiquaires parisiens renommés, dans leur succursale new-yorkaise.
  • [97]
    Carl Einstein, « Exposition de statuettes de bronze antiques antérieures à notre ère », in Carl Einstein, op. cit., p. 238. Plus loin, Einstein déplore qu’Héraclite et Démocrite aient traité les peuples barbares par le mépris.
  • [98]
    Ibid.
  • [99]
    Ibid., p. 251.
  • [100]
    Cahiers d’art, 1926, no 10, p. 282-283. Le même numéro reproduit deux masques fangs aussi sommairement légendés : « Sculptures africaines passées en vente à l’Hôtel Drouot » (p. 286). Ils sont suivis d’une suite de planches de dessins érotiques de Pascin, proximité énigmatique.
  • [101]
    Étienne Michon, « Idoles des Cyclades », Cahiers d’art, 1929, no 6, p. 256.
  • [102]
    Ibid., p. 252. Les archéologues britanniques ou allemands contemporains ne firent pas preuve de plus de curiosité, s’obstinant à déconsidérer les pièces de leurs collections avec autant de rigueur que leurs collègues parisiens. En 1928, le catalogue des sculptures du British Museum leur consent un intérêt plus anthropologique qu’artistique. Les fouilles des archéologues grecs – Christos Tsountas en particulier – s’étaient pourtant largement développées dans les îles avant la fin du xixe siècle et leurs résultats avaient été publiés.
  • [103]
    C. T. Seltman, « Sculpture archaïque des Cyclades », Documents, 1929, no 4, p. 188. Charles Theodore Seltman (1886-1957) est un archéologue et numismate britannique dont les premiers travaux portent en effet sur la Grèce archaïque.
  • [104]
    Spyridon Marinatos, « Les origines de l’art minoen », Cahiers d’art, 1931, no 3, p. 134.
  • [105]
    Ibid., p. 142.
  • [106]
    Christian Zervos, Cahiers d’art, 1933, no 7-10, p. 14. Paru sans titre, le texte introduit ce numéro spécial.
  • [107]
    Jean Babelon, « Un eldorado macédonien cinq cents ans avant Jésus-Christ », Documents, 1929, no 2, p. 65. Jean Babelon (1889-1978), numismate au cabinet des Médailles de la Bibliothèque nationale, est aussi, de 1923 à 1931, directeur, avec Pierre d’Ezpezel, de la revue Aréthuse, dans laquelle Bataille publie ses premiers articles de numismatique.
  • [108]
    Ibid., p. 68.
  • [109]
    Ibid., p. 73. Dans une note sur « Les vases de Bouzonville », Babelon reconnaît dans ces bronzes du ve siècle avant notre ère la preuve que « l’imagination des Barbares septentrionaux installés au bord de l’Océan s’accordait à celle des Scythes, des rives de la mer Noire » (Documents, 1929, no 6, p. 340).
  • [110]
    Georges Pudelko, « L’art étrusque », Documents, 1930, no 4, p. 223. Die Kunst der Etrusker avait paru l’année précédente en Allemagne. Mühlestein (1887-1969) dut quitter le pays en 1933 et s’engagea dans la lutte contre le nazisme et pour la république espagnole. Zervos publie de lui plusieurs articles qui se veulent une théorie générale de l’histoire, dont la rigueur scientifique laisse sceptique.
  • [111]
    Paul Rosenthal, « Les têtes de Roquepertuse », Documents, 1930, no 2, p. 94.
  • [112]
    Georges Bataille, « Le bas matérialisme et la gnose », Documents, 1930, no 1, p. 2.
  • [113]
    Ibid., p. 4.
  • [114]
    Henri-Charles Puech, « Le dieu Bésa et la magie hellénistique », Documents, no 7, 1930, p. 422. Henri-Charles Puech (1902-1986), historien des religions, est alors proche de Raymond Queneau, dont on peut supposer qu’il fut son introducteur auprès des rédacteurs de Documents.
  • [115]
    Max Raphael, « À propos du fronton de Corfou », Minotaure, no 1, 1933, p. 6.
  • [116]
    Ibid., p. 7. En 1933, Raphael (1889-1952) est en France depuis la fin de l’année précédente, forcé de quitter l’Allemagne où ses positions marxistes sont devenues dangereuses. Dans le même numéro, il publie un essai sur le baroque qui est autant l’affirmation de sa méthode d’interprétation des arts.
  • [117]
    Jacques Prévert, « Terres cuites de Béotie », Minotaure, no 6, octobre 1936, p. 40.
  • [118]
    Ibid., p. 42. Nous respectons les minuscules des noms propres voulues par l’auteur.
  • [119]
    Cette obsession du sacrifice est analysée en tant que telle dans le chapitre 6 du présent ouvrage, p. 316 et suiv.
  • [120]
    Sur ce point voir l’ouvrage de Philippe Jockey Le Mythe de la Grèce blanche. Histoire d’un rêve occidental, Paris, Belin, 2013. Particulièrement le chapitre « Les années noires de l’ordre blanc » (p. 248-262), ses éléments idéologiques (en France Maurras, Mithouard ou Montherlant) et visuels (les films de Leni Riefensthal, les photographies de Nelly’s).
  • [121]
    Christian Zervos, « Braque et la Grèce Primitive », Cahiers d’art, no 1-2, 1940, p. 3. Zervos fait allusion à Pindare, « chemin vers le monde hellénique de la plus haute époque ». Il se réfère plus loin à Hésiode : « L’incantation de ses vers rappelle à la vie le Chaos qui a précédé l’âge primordial et les germes de fécondation qui s’en sont échappés donnant naissance au cosmos, à la lumière, aux ténèbres, à la longue chaîne des dieux prestigieux, des créatures démoniques ou monstrueuses. »
  • [122]
    Ibid., p. 6.
  • [123]
    Ibid.

L’océan Indien et le Pacifique de l’Indonésie à l’île de Pâques, l’Amérique indienne de l’Amazonie à l’Alaska : le surréalisme déploie une culture du primitif sans limites. Elle s’affranchit aussi nettement des hiérarchies ordinaires selon les époques et accueille les plus anciennes et celles qui sont généralement dites barbares. Le processus est le même dans les deux cas et, dans l’un et l’autre, Kühn et von Sydow peuvent prétendre au titre de précurseurs, eux qui commencent par les grottes ornées et enregistrent les découvertes des archéologues qui vont voir loin de la Grèce et de Rome. De même, conformément à la conception du primitif construite à la fin du xixe siècle, le surréalisme accueille les aliénés, les autodidactes, les anonymes des graffitis. Tous sont, selon des modes spécifiques, les « autres » de l’histoire de l’art européenne qui s’est pétrifiée dans les musées et les académies. La continuité est ici manifeste. Le système de références intellectuel et artistique qui se constitue dans la seconde moitié du xixe siècle, celui auquel Gauguin donne sa première forme, arme le surréalisme.
Avant d’y venir plus en détail, une observation : cette continuité dans la conception du primitif appelle à introduire une nuance dans l’usage de la notion d’avant-garde. Le surréalisme présente, plus qu’aucun autre mouvement, les caractéristiques de ce que l’histoire de l’art moderne entend par cette notion : la formation d’un groupe, la publication de manifestes, des principes défendus ensemble, des textes signés en commun, des actions collectives, la fondation de revues, des expositions coordonnées…


Date de mise en ligne : 30/03/2022

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