Avant-propos
Onze heures du soir à La Borde
- Par Jean Oury
Pages 49 à 51
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- OURY, Jean,
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Voici quelques textes, dans un ordre chronologique ;
depuis 1973. Ça creuse un sillon, une ride. Suite qui n’est
pas de simple hasard. À la demande de tel ou tel
colloque, de telle ou telle rencontre. Un fil les traverse
dont le sens peut-être m’échappe. C’est pourtant le seul
intérêt pour moi. Le reste n’est qu’écume, vite dispersée
au gré du vent.
Choses qui se répètent, choses à redire, devant le
danger qui menace aussi bien la psychanalyse que la
psychiatrie. Car l’une ne va pas sans l’autre, quoiqu’on en
dise. Du jeu est nécessaire dans l’articulation des thèses
et des contrethèses ; un optimum d’imposture garantit
une certaine légèreté, une certaine subtilité. Il s’agit ici
d’une praxis qui essaie de se traduire. Non pas théorie
d’une pratique ni pratique d’une théorie ; c’est d’un autre
registre. Nous essayons de tracer quelques figures,
d’accéder à un certain topos afin de résister à toute sélection utilitariste qui, dans un capitalisme généralisé,
aboutit toujours à un partage, une ségrégation. Nous ne
voudrions pas contribuer à l’édification d’une culture
intégrée, « expansée », stratifiée : celle d’une société qui,
dans une téléologie d’euphorie, prétend gérer le service
des biens. Nous sommes trop sensible au clivage
universel et à son corrolaire : la « culpabilité objective »,
celle qui masque la Folie et la Mort par des attitudes de
défenses et de démissions collectives. Les « bonnes âmes »
pullulent et s’infiltrent insidieusement dans toute
approche des faits concrets…
Date de mise en ligne : 28/04/2021
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