Chapitre d’ouvrage

Conclusion

Pages 261 à 270

Citer ce chapitre


  • Herreros, G.
(2009). Conclusion. Pour une sociologie d’intervention (p. 261-270). érès. https://shs.cairn.info/pour-une-sociologie-d-intervention--9782749210698-page-261?lang=fr.

  • Herreros, Gilles.
« Conclusion ». Pour une sociologie d’intervention, érès, 2009. p.261-270. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/pour-une-sociologie-d-intervention--9782749210698-page-261?lang=fr.

  • HERREROS, Gilles,
2009. Conclusion. In : Pour une sociologie d’intervention. Toulouse : érès. Sociologie clinique, p.261-270. URL : https://shs.cairn.info/pour-une-sociologie-d-intervention--9782749210698-page-261?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Rappelons une dernière fois, en reprenant une proposition chère à F. Laplantine, que la pensée métisse, à laquelle nos interférences théoriques nous ont poussé, ne peut se réclamer de fondements ou de fondations dont les caractéristiques sont de cadrer et d’enfermer.
  • [2]
    J. Habermas, dans un texte souvent référencé portant sur la science et la politique, propose un point de vue global en suggérant de distinguer trois modèles d’expertise (cité notamment par J. Ion dans Fritsch, 1985, p. 380) : le modèle « décisionniste » (c’est le politique qui décide s’appuyant plus ou moins sur la caution de l’expertise), le modèle technocratique (c’est l’expert qui impose au nom de son expertise son point de vue au politique), le modèle pragmatique (la décision est négociée dans une discussion entre le politique et l’expert). Dans tous les cas, à des degrés variables, il y a participation au processus de décision.
  • [3]
    « Parler de situation d’expertise constitue un choix théorique et méthodologique bien précis. C’est accorder moins d’importance à la fonction d’expertise dans sa substance qu’aux interactions qui se nouent autour ou à propos de cette fonction » (Bourdin dans Fritsch, 1985, p. 153).
  • [4]
    Notons au passage que le profil de l’expert (sa formation, sa compétence, sa reconnaissance) n’est pas essentiel ou en tous les cas largement insuffisant pour comprendre et analyser l’expertise. L’expert n’est pas simplement défini comme tel par un état professionnel, par exemple l’excellence de sa « professionnalité » du point de vue de ses pairs, ou bien encore le fait d’être inscrit sur une liste publique officielle, comme les commissaires aux comptes, les experts automobiles… (Micoud dans Fritsch, 1985, p. 65-70), il est à saisir d’abord dans la situation d’expertise où il se trouve inscrit et dans sa manière de s’y comporter.
  • [5]
    Cela n’ôtera en rien « les caractéristiques du langage de la vérité » qui est le sien ajoute J.-Y. Trépos (1996, p. 75).

Les intentions que nous avons souhaité afficher tout au long du parcours que nous venons d’accomplir peuvent se résumer simplement : pour tenter, même très modestement, de participer à un effort de revitalisation d’une sociologie d’intervention, que nous estimons insuffisamment dynamisée, il convient d’en revisiter les principales postures. Ainsi avons nous tenté de dire que ce mode d’exercice de la sociologie n’est assimilable ni à ce que d’aucuns (dis)qualifient d’intervention sociale ni à ce que d’autres nomment l’ingénierie sociale. Ces différentes appellations n’ont, évidemment, rien d’infamant, mais elles sont censées caractériser des pratiques marquées par l’abdication de toute forme de réflexion théorique, mues par le seul souci humaniste de « bien faire » ou de « faire le bien », ce qui ne correspond en rien à la position que nous avons défendue. Si la sociologie ne se dissout pas dans l’intervention, son mode d’exercice ne se confond pas, non plus, avec la « tradition sociologique ». Deux grandes conceptions marquent la position que nous entendons faire valoir. La première plaide pour un métissage généralisé, la seconde pour une pratique scientifique de type « hybride ».
Puisant dans des univers très différents, la sociologie d’intervention devient, depuis la perspective que nous proposons, une anthropologie d’intervention. Le recours à une telle terminologie, dès lors que la notion d’anthropologie est comprise dans son acception étymologique initiale (c’est-à-dire comme ayant vocation à désigner l’ensemble des sciences de l’homme), permet de souligner l’importance que revêt, à nos yeux, le décloisonnement disciplinaire pour quiconque entend exercer l’intervention…


Date de mise en ligne : 26/10/2011

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