Chapitre 7. Être avec la nature
- Par Michel Hervé
Pages 127 à 135
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- HERVÉ, Michel,
- Hervé, Michel.
- Hervé, M.
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Notes
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[1]
SAHLINS Marshall, La Nature humaine, une illusion occidentale : réflexions sur l’histoire des concepts de hiérarchie et d’égalité, sur la sublimation de l’anarchie en Occident, et essais de comparaison avec d’autres conceptions de la condition humaine, trad. de O. Renaut, Paris, Éclat, 2009, p. 105.
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[2]
DESCARTES René, Discours de la méthode (1637), in Œuvres et Lettres, éd. A. Bridoux, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Paris, Gallimard, 1953, p. 168.
-
[3]
DEVICTOR Vincent, Nature en crise : penser la biodiversité, Paris, Seuil, 2015, p. 40.
-
[4]
KOLBERT Elizabeth, La 6e extinction : comment l’homme détruit la vie, trad. M. Blanc, Paris, La Librairie Vuibert, 2015 [2014].
-
[5]
JOHANNES Robert E., Words of the Lagoon-Fishing and Marine Lore in the Palau District of Micronesia, Berkeley : University of California Press, 1981.
-
[6]
CRUTZEN Paul J. and STOERMER Eugene F., “The ‘Anthropocene’,” Global Change Newsletter, vol. 41, 2000, p. 18 ; ELICHIRIGOITY Fernando, Planet Management : Limits to Growth, Computer Simulation, and the Emergence of Global Spaces, Evanston, Ill. : Northwestern University Press, 1999.
-
[7]
BONNEUIL Christophe et FRESSOZ Jean-Baptiste, L’Événement anthropocène : la Terre, l’histoire et nous, Paris, Seuil, 2013, p. 107.
-
[8]
FEYDEL Sandrine et BONNEUIL Christophe, Prédation : nature, le nouvel eldorado de la finance, Paris, La Découverte, 2015.
-
[9]
OSTROM Elinor, Gouvernance des biens communs : pour une nouvelle approche des ressources naturelles, Bruxelles, De Boeck, 2010.
-
[10]
ROSA Hartmut, Accélération : une critique sociale du temps, traduit par D. Renault, Paris, La Découverte, 2010 [2005].
-
[11]
KOHN Eduardo, Comment pensent les forêts : vers une anthropologie au-delà de l’humain, Bruxelles, Zones sensibles, 2017 [2013], p. 108.
De tous temps, l’homme a vécu dans son environnement sans réellement faire de distinctions entre la société humaine et le reste du règne du vivant. Les humains ne traitaient pas la nature comme un ensemble de ressources extérieures qu’ils pouvaient comptabiliser, ou comme un stock qu’ils pouvaient inventorier et auquel ils appliquaient les notions de coûts et de bénéfices. Les plantes et les animaux étaient dotés des mêmes attributs que les individus se reconnaissent à eux-mêmes. Il n’y avait pas de différence fondamentale entre les humains et les autres êtres vivants.
Le développement de l’agriculture il y a environ 12 000 ans a grandement contribué à réduire la nature à un échantillon réduit d’espèce jugées « utiles », les millions d’autres devant être écartées ou supprimées. Avec l’essor de l’agriculture, le paysage s’est considérablement simplifié – et notre alimentation aussi. Mais, jusqu’au ve siècle avant notre ère, les êtres humains voyaient toujours la nature et la société comme des termes interchangeables. Ce sont les philosophes grecs du temps de Périclès qui ont commencé à séparer les deux en distinguant la physis (la nature) et le nomos (la loi). Tous les grands récits civilisationnels ont reposé depuis sur la figure de l’ennemi sauvage que les peuples civilisés devaient soumettre et assimiler. À partir de cette époque, la nature est devenue de plus en plus cet ennemi à soumettre et à assimiler. Notre écosystème a cessé d’être la nature pour devenir « la civilisation »…
Date de mise en ligne : 09/03/2022
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