Chapitre 9. Un chantier « jamais vu » !
Comme Guizot et Jules Ferry, comme Bienvenüe, Roosevelt et Kennedy…
- Par Jean Jouzel
- et Pierre Larrouturou
Pages 269 à 305
Citer ce chapitre
- JOUZEL, Jean
- et LARROUTUROU, Pierre,
- Jouzel, Jean.
- et al.
- Jouzel, J.
- et Larrouturou, P.
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- Jouzel, J.
- et Larrouturou, P.
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- JOUZEL, Jean
- et LARROUTUROU, Pierre,
Notes
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[1]
En 1833, la loi Guizot rend obligatoire la construction et l’entretien d’une école primaire de garçons pour chaque commune de plus de 500 habitants. En 1850, la loi Falloux étend cette obligation aux écoles primaires de filles, pour les communes de plus de 800 habitants. Puis, en 1867, c’est la loi Duruy qui oblige les communes de plus de 500 habitants à créer une école de filles et encourage la gratuité de l’éducation, en incitant les communes pauvres à décréter cette gratuité, avec garanties de subventions de l’État. Et enfin, les « lois Ferry » de 1881 et 1882 rendent l’école laïque, gratuite et obligatoire.
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[2]
Ces archives ont été mises au jour, avec des photos impressionnantes et des commentaires amusants, par Jean-Bernard Litzler dans Le Figaro du 25 septembre 2017.
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[3]
Le temps nous a manqué pour enquêter sur le rôle d’un éventuel Donald Trump, premier du nom, dans la création de ce comité America First…
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[4]
Pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, le nombre de femmes mariées ayant un emploi va dépasser celui des célibataires ayant un emploi.
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[5]
Youri Gagarine, 12 avril 1961.
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[6]
L’aide est proposée à l’Europe tout entière mais l’URSS et les pays de l’Est refusent. À noter les cas particuliers de la Tchécoslovaquie, qui accepte l’aide mais finit par renoncer sous la pression soviétique, et de la Pologne, qui apprend son refus par la presse…
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[7]
Mordelet, « Le plan Marshall : soixante-dix ans d’influence en Europe », Le Monde du 21 juin 2017.
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[8]
C’est l’occasion pour nous de rendre hommage au travail magnifique accompli par Jean-Christophe Victor pour permettre au plus grand nombre de mieux comprendre la planète sur laquelle nous vivons, à travers son émission (Le Dessous des cartes), ses livres et ses conférences. L’occasion aussi de remercier Lilian Thuram pour cette carte et pour tout le travail de sa fondation.
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[9]
Dans le solaire, il faut distinguer : 1) le photovoltaïque (les panneaux qu’on peut mettre sur le toit d’une maison ou, en très grand nombre, sur un champ réservé à cet effet), dont la puissance produite varie très fortement selon l’ensoleillement et qui s’arrête totalement la nuit ; 2) les grosses centrales solaires dites centrales thermodynamiques à concentration, dans lesquelles un grand nombre de miroirs renvoient et concentrent les rayons solaires vers une structure centrale, dans laquelle circule un fluide porté à très haute température, qui va chauffer l’eau d’un circuit secondaire. Cette eau, en s’évaporant, va faire tourner une turbine qui produit de l’électricité (comme dans une centrale à charbon ou une centrale nucléaire). Ces centrales peuvent produire de l’énergie de façon nettement plus continue, et même la nuit car le fluide (des sels fondus) reste très chaud très longtemps, mais les miroirs doivent être mobiles pour suivre le soleil dans sa course, ce qui en fait des mécaniques un peu fragiles, avec un besoin d’entretien plus fort que le photovoltaïque en particulier dans les régions soumises à des vents de sable…
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[10]
Source BP Statistical Review of World Energy 2917. Merci à Matthieu Auzanneau qui nous a aidés à trouver ces données.
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[11]
Comme la BCE n’a pas le droit de prêter directement aux États ou aux particuliers, on peut passer par le canal de la BEI pour mettre à disposition, très massivement, des prêts à taux 0.
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[12]
Quand la Cour des comptes européenne affirme que le coût du dérèglement climatique serait équivalent, pour l’Europe, à 190 milliards chaque année d’ici soixante ans, c’est déjà un chiffre très important mais sans doute très optimiste au vu des études les plus récentes publiées sur ce sujet par les compagnies d’assurances et de réassurances, qui envisagent d’augmenter nettement les tarifs d’assurances pays par les particuliers et les entreprises, et même de ne plus assurer certaines zones du territoire, au vu de la multiplication des catastrophes attendues.
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[13]
Il est exagéré de dire que, aujourd’hui, l’Europe ne dispose d’aucune ressource propre. Certes, le budget européen est alimenté à près de 80 % par les contributions des États membres, mais s’y ajoutent la ressource propre fondée sur la TVA statistique et les droits de douane prévus par le tarif extérieur commun.
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[14]
Le Monde du 30 mai 2017.
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[15]
Accélérer la fermeture des centrales à charbon, en particulier.
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[16]
Une taxe carbone aux frontières est une idée très intéressante sur le fond mais elle soulève beaucoup de difficultés pratiques : comment savoir avec quelle électricité (charbon ou éolien) a été fabriqué cet ordinateur assemblé en Chine ? Dès lors, on devine les innombrables contentieux qu’elle ne manquerait pas de provoquer. Voilà pourquoi le calendrier et le montant espéré nous semblent flous.
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[17]
Ce que paient réellement les entreprises, une fois déduites les différentes exonérations, est inférieur au taux nominal affiché.
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[18]
Sur la même période, le taux global de « prélèvements » progressait de 39 à 42 % du PIB.
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[19]
Un saut fédéral réalisé, certes, avec quatre ans de retard à cause de l’inaction du président Hoover dont l’un des surnoms était Do Nothing (J’ne fais rien), mais, très rapidement, Roosevelt arrive aux manettes en 1933 et fait adopter quinze réformes fondamentales en trois mois seulement…
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[20]
« Il faut élaguer les compétences. L’Europe ne doit pas s’occuper de tout », affirmait Joschka Fischer en 2000. Avant même de démocratiser l’Europe en proposant de mettre fin à la règle de l’unanimité et en renforçant nettement le rôle des citoyens et du Parlement, c’était la première condition que mettait en avant le ministre allemand des Affaires étrangères pour refonder l’Europe. L’Europe ne doit pas s’occuper de tout mais il est des domaines où un pays seul n’a plus de souveraineté réelle. C’est en étant unis qu’on retrouvera souveraineté et efficacité.
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[21]
Source BCE. Pour les entreprises non financières : http://sdw.ecb.europa.eu/reports.do?node=10000041, ligne « Net entrepreneurial income ». Et pour les entreprises financières http://sdw.ecb.europa.eu/reports.do?node=10000042. Merci à Laurent B. pour l’aide qu’il nous a apportée pour nous repérer dans le labyrinthe du site de la BCE.
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[22]
Nous n’avons pas trouvé les chiffres correspondants pour l’ensemble de l’Union européenne. Le PIB de la zone euro représente 72 % du PIB européen.
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[23]
Pour 2016, les chiffres ne sont pas encore disponibles sur le site de la BCE au moment où ce livre est fini de rédiger. La BCE indique le total sur 4 trimestres glissants associant le 4e trimestre 2015 et les 3 premiers trimestres de 2016. Cela permet d’avoir un ordre de grandeur très proche sans doute de la réalité.
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[24]
C’est de bonne guerre. On ferait la même chose à leur place.
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[25]
Voir « Pour un impôt européen », Michel Rocard et Pierre Larrouturou, dans Libération du 19 mars 2004.
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[26]
Jean-Claude Junker est aujourd’hui président de la Commission. Nous allons évidemment demander à le rencontrer pour lui parler de notre projet.
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[27]
« Une tendance en décalage avec l’évolution des bénéfices des entreprises françaises qui, au contraire, ont augmenté de 57 milliards d’euros ces dix dernières années (+ 10 %) », note l’ONG Oxfam dans un récent rapport.
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[28]
Rappelons que le budget de l’Union européenne est, en 2017, de 158 milliards (à peine 1 % du PIB européen) et que l’Europe ne dispose d’aucune ressource propre : ce sont les États membres qui doivent alimenter le budget.
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[29]
L’extrême droite allemande a rassemblé 13 % des suffrages lors des législatives du 24 septembre 2017.
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[30]
Nous avons fini de rédiger ce livre alors que les négociations pour une possible coalition commençaient à peine.
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[31]
Si l’on reprend l’estimation faite par Pascal Canfin et Alain Grandjean d’une Taxe Tobin qui rapporterait 10,5 milliards par an pour la zone euro.
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[32]
« Mon action est très souterraine. C’est à vous de faire ce travail de pédagogie », a-t-il expliqué un jour quand nous lui proposions de mettre ce projet à l’agenda européen.
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[33]
Ils ont rassemblé 10 % des suffrages le 24 septembre mais avaient été complètement éliminés aux dernières élections, en passant sous la barre des 5 %. Cela peut se produire à nouveau s’ils bloquent des réformes qui deviennent populaires…
« Mais si on y arrive, ça va se passer comment ? Si, effectivement, l’Europe se donne les moyens de financer le Facteur 4, on fait quoi, concrètement ? Ça va être un énorme chantier ! »
Oui, pour faire face à une menace « jamais vue », nous devons nous lancer dans un chantier colossal. Un chantier « jamais vu » lui non plus. Mais quand on sait tout ce qui a déjà été fait dans ce domaine, en France ou ailleurs, quand on voit l’intelligence et la créativité des milliers de pionniers qui, à « petite échelle », ont déjà apporté la preuve que le changement est possible, on ne peut qu’être optimiste sur notre capacité à mener à bien ce chantier : économies d’énergie et développement des énergies renouvelables, nous avons toutes les cartes en main pour réussir. Il faut seulement, mais complètement, et immédiatement, changer d’échelle.
Un énorme chantier ? Cela ne doit pas nous faire peur. Nous avons déjà été capables, dans notre histoire, de mener à bien un chantier colossal.
Quand la IIIe République décide de rendre l’éducation accessible à tous, quand, à partir de 1833, la loi rend obligatoire la construction et l’entretien d’une école primaire de garçons pour chaque commune de plus de 500 habitants, notre pays, qui était pourtant nettement moins riche qu’il ne l’est aujourd’hui, va être capable de fournir un effort colossal. Les livres d’histoire décrivent très bien la dimension intellectuelle du combat : l’éducation pour tous, c’est évidemment un projet de société, un choix de valeurs (et un choix économique), et des heures de débats à l’Assemblé…
Date de mise en ligne : 29/10/2021
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