Chapitre d’ouvrage

§ 59. Pour en finir avec soi-même

Pages 200 à 203

Citer ce chapitre


  • De Sutter, L.
(2021). § 59. Pour en finir avec soi-même. Pour en finir avec soi-même : Propositions I (p. 200-203). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/pour-en-finir-avec-soi-meme--9782130827009-page-200?lang=fr.

  • De Sutter, Laurent.
« § 59. Pour en finir avec soi-même ». Pour en finir avec soi-même Propositions I, Presses Universitaires de France, 2021. p.200-203. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/pour-en-finir-avec-soi-meme--9782130827009-page-200?lang=fr.

  • DE SUTTER, Laurent,
2021. § 59. Pour en finir avec soi-même. In :
  • DE SUTTER, Laurent
  • et SUTTER, Laurent de,
Pour en finir avec soi-même Propositions I. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Perspectives critiques, p.200-203. URL : https://shs.cairn.info/pour-en-finir-avec-soi-meme--9782130827009-page-200?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Sur les liens entre police et « errance de l’être » (Irresein) dans la psychiatre de la fin du xixe siècle, voir Laurent de Sutter, L’Âge de l’anesthésie. La mise sous contrôle des affects, Paris, Les Liens qui libèrent, 2017, p. 20 sq. Récemment, Claude Romano a proposé une lecture de l’histoire du soi-en-personne dans la modernité philosophique, qui le réinstallerait dans l’horizon d’un retour à une authenticité qui en interromprait l’errance. Voir Claude Romano, Être soi-même. Une autre histoire de la philosophie, Paris, Gallimard, 2019.

Il faut donc en finir avec soi-même, car il faut en finir avec tout ce qui repose sur l’idée que nous serions quelque chose pour mieux s’assurer que nous ne soyons pas autre chose – que nous ne nous mettions pas à errer hors des clous ontologiques qui forment les frontières du possible politique. Il faut en finir avec tous les discours qui prétendent nous assigner une place en nous assignant une identité – et qui, parce qu’ils ont décidé des bornes de cette place, s’arrogent le droit de policer les individus qui ne s’y tiendraient pas, qui ne s’y conformeraient pas, qui n’y correspondraient pas. Non, nous ne serons pas de bons travailleurs, de bons électeurs, de bons pères ou de bonnes mères, de bons fils ou de bonnes filles ; non, nous ne serons pas de parfaits représentants de la catégorie à l’intérieur de laquelle notre identité nous rangerait, comme un bloc de couleur dans un jeu d’enfant. Si nous devons être quelque chose, alors que ce soit un problème, une difficulté, un embarras ou même un scandale – le caillou dans les rouages trop bien réglés de ce qu’il faut bien appeler management de l’identité, c’est-à-dire la gestion intégrale des corps soumis aux catégories du même et du propre. Comme les manifestants dans les rues des villes contemporaines, constellées de caméras de surveillance équipées de logiciels de reconnaissance faciale, nous ne voulons accepter comme propre que l’anonymat difficile des masques – d’une persona artificielle derrière laquelle rien ne viendrait se cacher…


Date de mise en ligne : 27/10/2022

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

16,00 €

224 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

2,50 €

4 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?