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Introduction

Pages 8 à 16

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  • Chatelet, C.
(2025). Introduction. Dans
  • C. Chatelet,
  • D. Dronet
  • et L. Brou
Pour d’autres espèces d’espaces : Penser, produire, pratiquer l’espace en arts numériques (p. 8-16). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.chate.2025.01.0008.

  • Chatelet, Claire.
« Introduction ». Pour d’autres espèces d’espaces Penser, produire, pratiquer l’espace en arts numériques, Hermann, 2025. p.8-16. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/pour-dautres-especes-despaces--9791037046062-page-8?lang=fr.

  • CHATELET, Claire,
2025. Introduction. In :
  • CHATELET, Claire,
  • DRONET, David
  • et BROU, Luc,
Pour d’autres espèces d’espaces Penser, produire, pratiquer l’espace en arts numériques. Paris : Hermann. Recherche & création, p.8-16. DOI : 10.3917/herm.chate.2025.01.0008. URL : https://shs.cairn.info/pour-dautres-especes-despaces--9791037046062-page-8?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.chate.2025.01.0008


Notes

  • [1]
    Ces propos sont issus de la notice « Prière d’insérer » (George Perec, Espèces d’espaces, Paris, Galilée, coll. « L’espace critique », 1974).
  • [2]
    « L’espace de notre vie n’est ni continu, ni infini, ni homogène, ni isotrope. Mais sait-on précisément où il se brise, où il se courbe, où il se déconnecte et où il se rassemble ? On sent confusément des fissures, des hiatus, des points de friction, on a parfois la vague impression que ça se coince quelque part, ou que ça éclate, ou que ça se cogne » (ibid.). L’idée d’un « espace courbe » est également explorée par Jean-François Lyotard qui, dans Discours, Figure, insiste pour laisser la place « au lieu figural par excellence, au champ de la vision que l’attention focalisée refoule et qui comporte autour de la petite zone de vision distincte (zone fovéale) une vaste frange périphérique à espace courbe.» (Paris, Klincksieck, 1985, p. 157).
  • [3]
    Contrairement aux technologies de réalité virtuelle qui, via le visiocasque, tendent à occulter l’espace physique (logique d’immersion), les technologies de la réalité mixte visent à faire co-exister deux espaces simultanément (logique de superposition ou d’enchevêtrement).
  • [4]
    On renvoie à la célèbre conférence de Michel Foucault, « Des espaces autres », conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967. Texte reproduit dans la revue Empan, n° 54, 2004/2.
  • [5]
    Nous empruntons ici le titre d’un ouvrage du géographe Jacques Lévy, Le Tournant géographique. Penser l’espace pour lire le monde, Paris, Belin, 1999.
  • [6]
    C’est en ces termes que Bruno Latour envisage la représentation : « le mot “représentation” ne peut avoir d’autre sens que de rendre à nouveau présent à la sensibilité, et donc aux sens, la liste des êtres dont on dépend et la variation des épreuves qui les rendent explicites. » (Bruno Latour, « La mondialisation fait-elle un monde habitable ? », Territoire 2040, Prospectives périurbaines et autres fabriques de territoire, Revue d’étude et de prospective, DATAR, n° 2, 2009, p. 9-18).
  • [7]
    Au sens étymologique de « laps » : du latin lapsus « mouvement de glissement, d’écoulement » (Centre National de Ressources Textuelles et Linguistiques).
  • [8]
    Pour une analyse de l’évolution du concept en philosophie, voir notamment E. Casey, The Fate of Place. A Philosophical History, Oackland (États-Unis), University of California Press, 2013 ; L. Brunet, « La conception leibnizienne du lieu et de l’espace », Laval théologique et philosophique, n° 35(3), 1979, p. 263-277 ; B. Lévy et N. A. Kaloyeropoulos, La Théorie de l’espace chez Kant et chez Platon, Genève, Ed. Ion, 1980 ; J.-F. Pradeau, « Être quelque part, occuper une place. Topos et Chôra dans le timée », Les Études philosophiques, n° 3, 1995, p. 375-399 ; J.-F. Riaux, « L’Espace comme “forme a priori de la sensibilite” », L’Enseignement philosophique, n° 66, 2016/4, p. 9-25 ; G. Bachelard, La Poétique de l’espace, Paris, Puf, 1957 ; M. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception (1945), Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2013.
  • [9]
    B. Bourdelais, P. Lepetit, « Histoire et espace », in F. Auriac, R. Brunet (dir.), Espaces, jeux et enjeux, Paris, Fayard & Fondation Diderot, 1986, p. 15-26.
  • [10]
    On pense par exemple ici à l’espace latent propre aux œuvres générées par des modèles d’intelligence artificielle.
  • [11]
    M. Guérin, « Le concept de topoïétique », Philosophiques, n° 24 (1), 1997, p. 133.
  • [12]
    Ibid.
  • [13]
    G. Didi-Huberman, La Demeure, la souche. Appartements de l’artiste, Paris, Éd. de Minuit, 1999 (quatrième de couverture).
  • [14]
    W. Benjamin, Paris, capitale du xixe siècle : Le Livre des passages, Paris, Éd. du Cerf, 1997.
  • [15]
    H. K. Bhabha, The Location of Culture, London (Grande-Bretagne) & New York (États-Unis), Routledge, 1992.
  • [16]
    M. Augé, Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Seuil, coll. « La Librairie du XXIe siècle », 1992.
  • [17]
    M. Foucault, op. cit., p. 15.
  • [18]
    Le terme « expérience » est entendu au sens de John Dewey, c’est-à-dire comme épreuve et confrontation transformatrice (J. Dewey, L’Art comme expérience [1934], trad. coordonnée par J.-P. Cometti, Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2010).
  • [19]
    D. Harvey, « Between Space and Time : Reflections on the Geographical Imagination », Annals of the Association of American Geographers, Vol. 80, n° 3, 1990.
  • [20]
    M. Foucault, op. cit., p. 12.
  • [21]
    M. Castells, « Informationalism and the Network Society », in Pekka Himanen (dir.), The Hacker Ethic and the Spirit of the Information Age, New York (Étast-Unis), Random House, 2001, p. 155.
  • [22]
    P. Virilio, L’Espace critique, Paris, Christian Bourgois, 1984, p. 18.
  • [23]
    C. Moujan, « L’expérience de l’entr’espace », Interfaces numériques, n° 2, 2013/2, p. 210. Voir également l’article de la chercheuse en ouverture de la première partie du present ouvrage.
  • [24]
    Cité par Norberg-Schulz C., in Existence, Space and Architecture, New York-Washington (États-Unis), Praeger Publishers, 1971, p. 17.
  • [25]
    J. Dewey, op. cit., p. 107.
  • [26]
    J. Dewey, « Knowing and the Known », in The Later Works, 1925-1953, vol. 16, 1949-1952, Carbondale (Étast-Unis), Southern Illinois University Press, 1989.
  • [27]
    J. Foucart, « Pragmatisme et transaction. La perspective de John Dewey », Pensée plurielle, n° 33-34, 2013/2. En ligne : <https://doi.org/10.3917/pp.033.0073> (consulté le 15 mai 2025).
  • [28]
    F. Jullien, Entrer dans une pensée, suivi de L’Écart et l’entre, Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2012, p. 230.
  • [29]
    D. Haraway, When Species Meet, Minneapolis (Étast-Unis), University of Minnesota Press, 2007, p. 35.
  • [30]
    « Le problème véritable n’est pas de savoir si l’espace existe en soi […]. Mais il est de savoir en quoi consiste la spatialisation, l’ordonnancement des étants dans un espace, la présentation […] d’un monde où des étants se trouvent disposés ici ou là. En quoi consiste cette spatialisation, c’est-à-dire de manière radicale : que signifie cette spatialisation » (Gunnar Declerck, « Physique de l’espace et phénoménologie de l’espace », in Philosophia Scientiæ, vol. 15, 2011/3, p. 199).
  • [31]
    H. Maldiney, Art et existence, Paris, Klincksieck, 1986 et du même auteur, Regard Parole Espace, Lausanne, L’Age d’Homme, 1973.
  • [32]
    « L’œuvre comme monde “ramasse” le monde, le sauve du morcellement », écrit Sylviane Agacinski, à propos de la distinction opérée par Worringer, entre œuvre d’art (Kunstwerk) et morceau d’art (Kunststück). (« Espace de l’œuvre », Le Cahier - Collège international de philosophie, n° 5, avril 1988, p. 93-107).

Dans cette tentative d’épuisement de l’espace que constitue Espèces d’espaces, Georges Perec appréhende l’espace comme « un doute » qu’il convient d’interroger, car « [n]ous cherchons rarement à en savoir davantage et le plus souvent nous passons d’un endroit à l’autre, d’un espace à l’autre sans songer à mesurer, à prendre en charge, à prendre en compte ces laps d’espace », explique-t-il en présentation de son ouvrage.
Prendre en charge l’espace, le remettre en jeu, à partir des arts numériques, tel est précisément l’enjeu de cet ouvrage collectif issu d’un colloque international qui s’est tenu en mai 2024 à l’ésam Caen/Cherbourg. Les textes regroupés dans ce volume proposent donc d’interroger la notion d’« espace », dans une perspective décloisonnée qui fait se croiser chercheuses et chercheurs, artistes, commissaires d’exposition, designers… Prolongeant la pensée perecquienne, il s’agit ici d’explorer comment l’espace se courbe, se fissure, éclate, cogne, se rassemble, se confond, devient autre, dans des œuvres et des pratiques artistiques où les technologies numériques sont tout à la fois un procédé de création et un instrument de réflexivité, sur soi, sur l’autre, sur l’environnement, sur le monde, car penser l’espace est une manière de lire le monde, et le représenter une manière de le rendre sensible et donc vivable, selon Bruno Latour. Il s’agit aussi de voir comment l’on passe d’un espace à un autre (physique, simulé, représenté, perçu, vécu ; médiatique, symbolique, politique ; fictionnel, réel…), comment l’on expérimente des « laps d’espace », comment enfin, ces mouvements de glissement, d’écoulemen…


Date de mise en ligne : 05/03/2026

https://doi.org/10.3917/herm.chate.2025.01.0008

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