Bourdieu et le langage
Pages 89 à 93
Citer ce chapitre
- CALVET, Louis-Jean,
- NAVARRE, Maud,
- Calvet, Louis-Jean.
- Calvet, L.-J.
- M. Navarre
https://doi.org/10.3917/sh.navar.2023.01.0089
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- Calvet, L.-J.
- M. Navarre
- Calvet, Louis-Jean.
- CALVET, Louis-Jean,
- NAVARRE, Maud,
https://doi.org/10.3917/sh.navar.2023.01.0089
C’était le 30 octobre 1977, à Limoges, où Pierre Bourdieu avait été invité à prendre la parole devant l’Afef (Association française des enseignants de français). En préparation à cette réunion, les enseignants avaient élaboré un questionnaire dans lequel P. Bourdieu avait sélectionné une interrogation : peut-on enseigner l’oral ?
À partir de cette question, il développait une série de digressions en forme de coups d’épingle. Pourquoi, demandait-il d’abord, dans certaines situations de communication, ressentons-nous un coup de force impliqué dans la prise de parole en situation d’autorité, dont le meilleur exemple est la situation pédagogique ? Enseigner l’oral, mais quel oral ? Et l’oral, n’est-ce pas ce qui s’enseigne dans la rue, qu’on n’a donc pas besoin d’enseigner ? Ne risque-t-on pas d’opposer écrit à oral comme distingué à vulgaire ? Et qui va définir quel oral enseigner ?
P. Bourdieu poursuivait en expliquant que, contrairement à ce que croit la linguistique interne, le langage employé dans une situation donnée ne dépend pas seulement de la compétence, au sens chomskyen, mais aussi du « marché linguistique » : « Toute situation linguistique fonctionne donc comme un marché sur lequel le locuteur place ses produits, et le produit qu’il produit pour ce marché dépend de l’anticipation qu’il a des prix que vont recevoir ses produits. » Et bien sûr, sur le marché scolaire, le prix que l’on peut espérer du produit-langue, c’est une bonne note.Publié dans la revue Le Français aujourd’hu…
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