1. L’ idée d’ humanité et la pluralité des cultures
Pages 10 à 31
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- TERESTCHENKO, Michel,
- Terestchenko, Michel.
- Terestchenko, M.
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Un des traits saillants de la pensée contemporaine, en particulier dans le domaine des sciences humaines (Claude Lévi-Strauss, Edgar Morin, etc.), est la négation de la conception métaphysique de l’homme et de l’idée même d’humanité. Il n’y a pas de nature humaine universelle; l’homme est un être essentiellement culturel et historique.
La mise en évidence de cette historicité conduit à relativiser la tradition philosophique et morale propre à l’Europe. L’Europe n’est pas le lieu de naissance, il y a quelque deux mille cinq cents ans en Grèce, d’une raison promise à l’universalité : c’est une civilisation parmi d’autres civilisations, un ensemble culturel au sein d’autres ensembles culturels, lesquels ont chacun une égale dignité en valeur.
La première apparition du « relativisme culturel qui va éclore dans les sciences humaines contemporaines est, après les Essais de Montaigne, l’œuvre de Herder (1744-1808) dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Cet auteur présente une critique très articulée des principes fondamentaux des philosophes des Lumières, en particulier l’idée de nature humaine universelle et la croyance en un progrès de l’esprit dans l’histoire.
Face à l’universalisme de l’idée de nature humaine, Herder invente le concept moderne de peuple, de culture, qui sera au centre de la pensée anthropologique contemporaine. Cette réhabilitation du différent, du spécifique, du particulier concret en face de l’universel abstrait sera également un des thèmes marquants de la philosophie des contre-révolutionnaires français (notamment J…
Date de mise en ligne : 29/07/2024
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