Chapitre 12. Sur les traces de Levinas et de Bauman, les outils de gestion et l’éthique de la rencontre
- Par Yoann Bazin
Pages 281 à 301
Citer ce chapitre
- BAZIN, Yoann,
- Coordonné par GILBERT, Patrick
- et MOUREY, Damien,
- Bazin, Yoann.
- Bazin, Y.
- Coordonné par P. Gilbert
- et D. Mourey
https://doi.org/10.3917/ems.gilbe.2021.02.0281
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- Bazin, Y.
- Coordonné par P. Gilbert
- et D. Mourey
- Bazin, Yoann.
- BAZIN, Yoann,
- Coordonné par GILBERT, Patrick
- et MOUREY, Damien,
https://doi.org/10.3917/ems.gilbe.2021.02.0281
Notes
-
[1]
Nous entendons la médiation ici au sens de l’introduction d’intermédiaires (signification de medium en latin) entre les personnes ou entre les actions.
-
[2]
Célèbre système de contrôle interne de General Electrics qui obéit à une logique d’amélioration continue en mesurant le nombre d’erreurs commises par million d’opérations. Tous les employés sont ensuite classés en fonction de leur score : champions, maîtres ceinture noire, ceintures noires et ceintures vertes.
La conception de l’éthique proposée par Emmanuel Levinas n’est pas normative, elle ne définit pas le bien et le mal, ce qu’il faudrait faire ou ce qu’il faudrait éviter. Comme il le dit lui-même dans Totalité et infini, l’éthique « ne se borne pas à préparer l’exercice théorique de la pensée » (Levinas, 1961/2000, p. 15). On pourrait même dire avec Aasland (2007, p. 220) que « Levinas ne propose pas de nouvelles théories éthiques ». Pour autant, sa conception n’est en rien une perspective « faible » qui rendrait tout acceptable au nom d’un relativisme ou d’une absence de critères. L’approche levinassienne part en effet d’une critique radicale de la manière dont la philosophie occidentale s’est développée :« L’idée eschatologique du jugement (contrairement au jugement de l’histoire où Hegel a vu à tort la rationalisation de celui-là) implique que les êtres ont une identité “avant” l’éternité, avant l’achèvement de l’histoire, avant que les temps soient révolus, pendant qu’il en est encore temps, que les êtres existent en relation certes, mais à partir de soi et non pas à partir de la totalité […]. L’expérience de la morale ne découle pas de cette vision, elle consomme cette vision, l’éthique est une optique. Mais “vision” sans image, dépourvue des vertus objectivantes synoptiques et totalisantes de la vision, relation ou intentionnalité d’un tout autre type. »
La thèse défendue ici, dans le prolongement des travaux de Levinas, suit un chemin de crête escarpé : les outils de gestion, en tant que médiation entre les êtres humain…
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