L’Aufklärung : un mythe, une tâche. La critique d’Adorno et de Horkheimer
- Par Guy Petitdemange
Pages 152 à 176
Citer ce chapitre
- PETITDEMANGE, Guy,
- Petitdemange, Guy.
- Petitdemange, G.
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Notes
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[1]
M. Horkheimer, Th. W. Adorno, La Dialectique de la Raison. Fragments philosophiques, traduit de l’allemand par Éliane Kaufholz, Gallimard, 1974 (désormais Dialectique). Cet ouvrage écrit lentement pendant la guerre ne parut en allemand qu’en 1947. M. Horkheimer, Éclipse de la Raison, traduit de l’anglais par Jacques Debouzy, suivi dans le même volume de « Raison et conservation de soi », traduit de l’allemand par Jacques Laizé, Payot, 1974. Cet ouvrage est une reprise de cours anciens. Dans la préface, Horkheimer souligne la proximité d’Adorno : « Il serait difficile de dire en quel esprit, le sien ou le mien, les idées prirent naissance. Notre philosophie n’est qu’une seule et même chose. » (P. 11.) Ici nous nous arrêterons principalement à ces deux volumes. Dans la préface de 1909 à la Dialectique, les auteurs reconnaissent le poids extraordinaire sur leur réflexion des événements des années de guerre. Mais la distance n’entraîne pas une modification radicale des perspectives ni d’orientation : « Il s’agit pour nous d’une critique de la philosophie qui, en tant que telle, ne veut pas sacrifier la philosophie. » (P. 10.)
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[2]
La référence à Homère est constante : « […] aucune œuvre n’apporte un témoignage plus éloquent des imbrications de la raison et du mythe que celle d’Homère, qui est le texte fondamental de la civilisation européenne » (Dialectique, p. 60).
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[3]
Dialectique, p. 48.
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[4]
Éclipse…, p. 199.
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[5]
Hölderlin, Hymnes, élégies et autres poèmes, Flammarion, 1983, int. p. 8. Traduit par Armel Guerme, introduction, chronologie, bibliographie et notes par Philippe Lacoue-Labarthe. Cet ouvrage comporte une étude d’Adorno sur Hölderlin, « Parataxes », très originale et très critique à l’égard de l’interprétation de Heidegger.
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[6]
Cours donné au Collège de France, publié par le Magazine littéraire, mai 1984, p. 39. En fin de texte, Foucault reconnaît à son tour poursuivre le travail de l’École de Francfort, entre autres.
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[7]
Dialectique, p. 25. « La devise reste : unité. Ce que l’on continue à exiger, c’est la destruction des dieux et des qualités. »
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[8]
Le mot apparaît plusieurs fois. Éclipse…, p. 234, par exemple.
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[9]
Dialectique, p. 39.
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[10]
Luce Giard a consacré un bel article à cette attention constante et courageuse à l’histoire présente chez Horkheimer : « Horkheimer ou le courage de la pensée », Recherche sociale, no 72, octobre-décembre 1979, p. 49-66.
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[11]
Dialectique, p. 57.
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[12]
Dès Les Débuts de la philosophie bourgeoise de l’histoire en 1930 (traduit de l’allemand par Denis Authier, Payot, 1974), Horkheimer évoque ce vers quoi ira, après une phase marxisante, la théorie critique. Dans le dernier chapitre de l’ouvrage classique de Martin Jay, L’Imagination dialectique. Histoire de l’École de Francfort (1923-1950), Payot, 1977, l’auteur signale à maintes reprises ces préparations lointaines.
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[13]
Miguel Abensour, « La théorie critique : une pensée de l’Exil ? », Archives de philosophie, avril-juin 1982, p. 179-201. Ce numéro introduit par Alain Renaut et Luc Ferry contient des études détaillées sur Horkheimer, Adorno et Habermas. Cf. aussi la présentation d’ensemble proposée par Esprit, mai 1978, p. 43-159.
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[14]
Cité par M. Jay, p. 330. Lukàcs marqua profondément ces auteurs, mais, à son corps défendant, le mouvement fut loin d’être à sens unique. Cf. la remarquable étude de Rainer Rochlitz, Le Jeune Lukàcs. Théorie de la forme et philosophie de l’histoire, Payot, 1983, notamment la fin : « Vers la dialectique négative » (p. 366-370). Cf. aussi Nicolas Tertullian. « Lukàcs, Adorno et la philosophie classique allemande », Archives de philosophie, avril-juin 1984.
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[15]
Cf. l’étude de Jean-Marie Vincent, La Théorie critique de l’École de Francfort, Galilée, 1976, 153 p.
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[16]
Éclipse…, p. 183.
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[17]
L’expression est de Jean-Luc Nancy dans une étonnante méditation sur Kant, L’Impératif catégorique, Flammarion, 1983, notamment « Le kategorein de l’excès », p. 7-32.
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[18]
Éclipse…, p. 186.
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[19]
Éclipse…, p. 20. « Raison objective », et « raison subjective » sont l’objet de très longues analyses dans cet ouvrage.
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[20]
Ibid., p. 21.
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[21]
Éclipse…, p. 186.
-
[22]
Ibid., p. 186.
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[23]
Ibid., p. 235. Cf. « Hegel et le problème de la métaphysique », Les Débuts de la philosophie bourgeoise de l’histoire en 1930, p. 139-158.
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[24]
Adorno lui a consacré un très beau livre, Trois Études sur Hegel, Payot, 1979. Bloch, Marcuse aussi.
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[25]
Débuts…, p. 141.
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[26]
Ibid., p. 146.
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[27]
À l’inverse, voir l’analyse subtile du temps chez Bergson faite par Horkheimer : « La métaphysique bergsonienne du temps », 1934, repris dans L’Homme et la Société, juillet-décembre 1983, p. 3-39, introduite par Philippe Soulez.
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[28]
Débuts…, p. 144.
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[29]
Ibid., p. 154.
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[30]
Ibid., p. 150.
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[31]
Dialectique, p. 41.
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[32]
Ibid., p. 21.
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[33]
Éclipse…, p. 71.
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[34]
Dialectique, p. 22.
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[35]
Ibid., p. 25.
-
[36]
Ibid., p. 41.
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[37]
« Aucune des catégories du rationalisme n’a survécu. L’esprit, la volonté, la cause finale, l’élaboration transcendantale, les principes innés, la res extensa et la res cogitans font à la science moderne – plus encore qu’à Galilée les lubies de la scolastique – l’effet de revenants. La raison elle-même apparaît comme un fantôme surgi d’une habitude de langage. » (Éclipse…, p. 201.)
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[38]
Éclipse…, p. 27-28.
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[39]
Ibid., p. 68.
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[40]
Sur cette interminable et violente discussion avec la logique actuelle, cf. Th. W. Adorno, K. Popper, De Vienne à Francfort. La querelle allemande des sciences sociales, Bruxelles, éd. Complexe, 1979. Voir aussi l’excellente mise au point de Walter Euchner, « Conflit de méthodes dans la sociologie allemande », Archives de philosophie, 1970, p. 177-221.
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[41]
Éclipse…, p. 74.
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[42]
Ibid., p. 283.
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[43]
« Dans leur philosophie morale les positivistes, en véritables épigones des Lumières du xviiie siècle, se révèlent disciples de Socrate, qui enseignait que le savoir produit nécessairement la vertu, alors que l’ignorance implique nécessairement la méchanceté. Socrate tenta d’émanciper la vertu de la tutelle de la religion et plus tard cette théorie fut soutenue par un moine britannique : Pélage. Il doute que la grâce soit une condition de la perfection morale et maintient que la doctrine et la loi sont les fondements de celle-ci. » (Ibid., p. 92.)
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[44]
Ibid., p. 183.
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[45]
Dialectique, p. 45.
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[46]
Dialectique, p. 22.
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[47]
Ibid., p. 21.
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[48]
Ibid., p. 45.
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[49]
Ibid., p. 58-92, 93-129 respectivement.
-
[50]
Ibid., p. 125.
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[51]
Ibid., p. 96.
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[52]
Ibid., p. 106.
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[53]
Ibid., p. 110.
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[54]
Cf. Éclipse…, chap. iii, « La révolte de la nature ».
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[55]
Cette proximité contemporaine, cet attrait obscur du mythe ont été magistralement exposés par W. Benjamin, notamment dans son étude sur Goethe, « Les affinités électives de Goethe », Mythe et Violence, Denoël, 1971, p. 161-261. Mais le thème du mythe parcourt toute son œuvre sans qu’il soit aisé de le définir. L’une des meilleures approches : Winfried Menninghaus, « Science des senils. La théorie du mythe chez Walter Benjamin », Walter benjamin et paris, Cerf, 1986, p. 529 et suiv. Du même auteur, Walter Benjamins Theorie der Strachmagie, 1980.
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[56]
« “Tu vois, mon fils : ici l’espace et le temps se confondent (Du siehst, mein Sohn / Zum Raum wird hier die Zeit).” Ces paroles qu’au premier acte Gurnemanz adresse à Parsifal, tandis que la scène se transforme sous les yeux du spectateur, offrent sans doute la définition la plus profonde qu’on ait jamais donnée du mythe. » (Claude Lévi-Strauss, Le Regard éloigné, Plon, 1983, p. 301.)
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[57]
Dialectique, p. 33.
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[58]
Ibid., p. 27.
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[59]
« En tant que souverains de la nature, le dieu créateur et la raison organisatrice se ressemblent. L’homme ressemble à Dieu par sa souveraineté sur l’existence, par son regard qui est celui d’un maître, par le commandement qu’il exerce. » (Ibid., p. 27.)
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[60]
« Ce que le primitif ressent comme surnaturel n’est nullement une substance spirituelle qui s’opposerait à une substance matérielle, mais la complexité de ce qui est de l’ordre de la nature, par opposition à un élément pris individuellement. » (Ibid., p. 32.)
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[61]
Ibid., p. 30.
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[62]
Ibid., p. 70.
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[63]
Ibid., p. 49.
-
[64]
Ibid.
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[65]
Éclipse…, p. 212-213. Cf. aussi, parmi d’autres mentions : « Pour la Raison comme pour le protestantisme, celui qui se contente de vivre sans référence rationnelle à l’autoconservation régresse vers un stade préhistorique » (Dialectique, p. 45), ou « Le stoïcisme – qui est la philosophie des bourgeois… » (ibid., p. 106).
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[66]
Ibid., p. 24.
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[67]
Sur la question très complexe du rapport final à Marx, voir la page laconique de M. Jay, L’Imagination…, p. 293.
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[68]
Dialectique, p. 73.
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[69]
Éclipse…, p. 228. Cf. aussi la remarque sur le secret interdit jeté par la raison sur la jouissance : « Toute jouissance révèle une idolâtrie : elle est un abandon de soi à quelque chose d’autre. » (Dialectique, p. 114.) Peu de philosophes ont tenté d’explorer d’aussi près la place laissée à la femme et le sens de cette place.
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[70]
Cf. le chantier si original que sont « Éléments de l’antisémitisme », au sous-titre significatif : « Limites de la Raison », Dialectique, p. 177-215.
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[71]
Ibid., p. 207.
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[72]
Cf., entre autres, « L’homme et l’animal », Dialectique, p. 268-277.
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[73]
Cité par Jay, p. 293. Aussi : « La philosophie bourgeoise – il n’en est pas d’autres, car le penser (das Denken) fait son apparition dans les villes – est par essence rationaliste. » (Éclipse…, p. 200.)
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[74]
J. Habermas, Profils philosophiques et politiques, Gallimard, 1974, p. 242.
-
[75]
M. Blanchot, L’Écriture du désastre, Gallimard, 1978. Cf. le numéro spécial d’Exercices de la patience, no 2, hiver 1981, consacré à M. Blanchot. L’une des reprises les plus aiguës et méticuleuses de cet effort critique est peut-être celle de J.- F. Lyotard dans son ouvrage : Le Différend, Minuit, 1984.
-
[76]
Éclipse…, p. 169.
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[77]
« Tout comme la science, la magie poursuit des buts, mais elle les poursuit au moyen de la mimesis, non en se distançant progressivement de l’objet. » (Dialectique, p. 28.) Cf. aussi Éclipse…, p. 122-125 et p. 185 : « Le langage reflète les intenses aspirations des opprimés et le sort de la nature. Il libère l’instinct mimétique. » Il est probable que cette notion provienne des recherches très compliquées de W. Benjamin sur ce thème, à propos du langage précisément.
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[78]
Cf. Marc Jiménez, Vers une esthétique négative. Adorno et la modernité, Sycomore, 1983, 422 p.
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[79]
Nombreuses sont les allusions à l’art, notamment p. 35-36 de la Dialectique.
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[80]
Dialectique, p. 40.
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[81]
Th. W. Adorno, Minima Moralia. Réflexions sur la vie mutilée, traduit par Éliane Kaufholz et Jean-René Ladmiral, Payot, 1980, p. 47.
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[82]
Éclipse…, p. 169-193.
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[83]
Ibid., p. 174.
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[84]
« Les idoles passent. Seul reste le vide qu’elles avaient souillé, et le savoir qui boucle ses innombrables cercles autour du vide que s’est réservé Dieu, et devant lequel le mouvement de notre esprit s’arrête. » (Emmanuel Berl, À contretemps, Gallimard, 1969, p. 216.)
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[85]
Éclipse…, p. 74. « La maxime de Kant, “la voie critique seule est toujours ouverte”, qui renvoyait au conflit entre la raison objective du dogmatisme et le raisonnement subjectif de l’empirisme anglais, s’applique plus pertinemment encore à la situation présente. » (Ibid., p. 180.) Un long paragraphe de la Dialectique (p. 54-56) synthétise cette tâche critique.
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[86]
Cf. la très belle conclusion de « L’homme et l’animal » (Dialectique, p. 277), où c’est le souvenir de la nature, plutôt que la nature elle-même, qui devient l’ennemi de la domination.
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[87]
Éclipse…, p. 189.
-
[88]
Ibid., p. 192.
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[89]
« La philosophie n’est pas une synthèse, une science fondamentale ou magistrale, mais elle est une entreprise de résistance à la suggestion, un choix délibéré en faveur de la liberté intellectuelle et réelle. » (Dialectique, p. 265.)
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[90]
Thèse soutenue par M. Jay, p. 268. Cf. aussi : « La réconciliation de la civilisation et de la nature que le christianisme a tenté d’obtenir prématurément au moyen de sa doctrine du dieu crucifié resta aussi étrangère au judaïsme qu’au rigorisme de la Raison. Moïse et Kant n’ont pas prêché le sentiment, leur loi froide ne connaît ni l’amour ni le bûcher. » (Dialectique, p. 122.) Une étude sur le rôle des religions et du christianisme dans ce vaste procès de la raison serait nécessaire et fort instructive.
Il est fort douteux qu’à lire La Dialectique de la Raison écrite par Adorno et Horkheimer ou l’Éclipse de la Raison du seul Horkheimer, l’historien y retrouve autre chose que des traces aléatoires de ce que fut au xviiie siècle l’Aufklärung. D’abord à l’optimisme matinal qu’éveille toujours un usage renouvelé de la raison s’opposent ici une critique tous azimuts de cette raison même et l’épreuve d’une impasse presque définitive. De plus, les Lumières y sont concentrées en leur foyer, une image de feu qui illumine mais aussi brûle, immense, lent et unique soleil, levé au temps d’Homère, sinon avant déjà, et qui, en bout de course, sombre sur l’horizon ou du moins est éclipsé par des ténèbres préapocalyptiques. La métaphore solaire ressemble même à l’éblouissement atomique dans « Le concept d’Aufklärung », texte inaugural inépuisable de la Dialectique : « Avec l’extension de l’économie bourgeoise marchande, le sombre horizon du mythe est illuminé par le soleil de la raison calculatrice dont la lumière glacée fait lever la semence de la barbarie. » Horkheimer n’est pas moins catégorique sur l’hypothèse catastrophique dès l’ouverture de l’un de ses articles les plus percutants, « Raison et conservation de soi », écrit en 1942 à la mémoire de Walter Benjamin, mort deux ans auparavant, publié seulement en 1970 : « Les concepts de base de la civilisation occidentale sont sur le point de s’effondrer… Le moment est venu de se poser la question jusqu’à quel point ces concepts sont encore tenables…
Date de mise en ligne : 16/09/2022
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