Chapitre d’ouvrage

5. La dictature nutritionniste

Pages 109 à 130

Citer ce chapitre


  • Lemoine, M.
(2021). 5. La dictature nutritionniste. Petite philosophie des régimes : ou comment conquérir sa liberté alimentaire (p. 109-130). Hermann. https://shs.cairn.info/petite-philosophie-des-regimes--9791037006745-page-109?lang=fr.

  • Lemoine, Maël.
« 5. La dictature nutritionniste ». Petite philosophie des régimes ou comment conquérir sa liberté alimentaire, Hermann, 2021. p.109-130. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/petite-philosophie-des-regimes--9791037006745-page-109?lang=fr.

  • LEMOINE, Maël,
2021. 5. La dictature nutritionniste. In : Petite philosophie des régimes ou comment conquérir sa liberté alimentaire. Paris : Hermann. Hors collection, p.109-130. URL : https://shs.cairn.info/petite-philosophie-des-regimes--9791037006745-page-109?lang=fr.

Notes

Il existe une tendance à réduire un aliment à ses nutriments (voire à un seul des nutriments qu’il contient) et que le philosophe, sociologue et politiste Gyorgy Scrinis a théorisée sous le nom de « nutritionnisme ». Scrinis définit le nutritionnisme comme une idéologie réductionniste qui a dominé, en particulier depuis les années 1960, les sciences de la nutrition, la publicité et, in fine, a beaucoup influencé la manière dont nous percevons les aliments, comment nous les choisissons et ce que nous attendons d’eux. Certains d’entre nous sont ainsi devenus « nutricentriques », c’est-à-dire qu’ils n’envisagent plus les aliments que sous l’angle de leurs caractéristiques nutritionnelles.
Le nutritionnisme pousse à la « polarisation » des aliments en « bons » ou « mauvais », souvent à l’aune d’une caractéristique unique, de manière manichéenne. Typiquement, seront considérés comme mauvais des aliments avec une proportion élevée de lipides, mais d’autres seront catalogués comme bons s’ils contiennent peu de calories ou bien s’ils sont d’origine végétale plutôt que d’origine animale – sans analyse plus poussée. Le nutritionnisme transforme ainsi notre rapport à l’alimentation en nous faisant privilégier sa dimension fonctionnelle (ce à quoi elle sert) par rapport au plaisir – ou déplaisir – que nous éprouvons à manger. Il fait aussi paradoxalement courir le risque d’une alimentation déséquilibrée, parce que nous n’avons jamais qu’une connaissance partielle de nos besoins nutritionnels et que nous péchons par excès de précaution…


Date de mise en ligne : 13/03/2025

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