5. La dictature nutritionniste
- Par Maël Lemoine
Pages 109 à 130
Citer ce chapitre
- LEMOINE, Maël,
- Lemoine, Maël.
- Lemoine, M.
Citer ce chapitre
- Lemoine, M.
- Lemoine, Maël.
- LEMOINE, Maël,
Notes
- [1]
-
[2]
Pour davantage de renseignements sur les sels minéraux, voir : < https://www.vidal.fr/sante/nutrition/corps-aliments/sels-mineraux-oligoelements.html>.
-
[3]
Claude Fischler, « Gastronomie et gastro-anomie. Sagesse du corps et crise bioculturelle de l’alimentation moderne », Communications, 31, 1979, p. 189-210, en ligne : <https://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1979_num_31_1_1477>.
-
[4]
Exemples pris par Marion Nestle dans Food Politics. How the Food Industry influences Nutrition and Health, University of California Press, 2007.
-
[5]
En Europe, l’EFSA a remis les pendules à l’heure sur le niveau de preuve faible (voire inexistant) de la grande majorité des alicaments, et continue son travail systématique à ce sujet. Le sujet a été couvert dans la grande presse. Voir par exemple le dossier de Sciences et Vie : <https://www.science-et-vie.com/archives/omega-3-bifidus-fibres-minceur-alicaments-le-dossier-verite-23642>.
-
[6]
Par exemple, une étude – NutriNetSanté – est actuellement en cours, réalisée sur une vaste population d’adultes volontaires suivis pendant plusieurs années. Son objectif est d’étudier le rôle spécifique des facteurs nutritionnels quant à l’apparition (ou non) des maladies les plus répandues en France – cancers, maladies cardio-vasculaires, diabète de type 2, dyslipidémies, hypertension artérielle…. Cette étude est basée sur des questionnaires internet, donc nécessairement soumise à critique, mais très utile cependant. Voir : <https://etude-nutrinet-sante.fr/>.
Il existe une tendance à réduire un aliment à ses nutriments (voire à un seul des nutriments qu’il contient) et que le philosophe, sociologue et politiste Gyorgy Scrinis a théorisée sous le nom de « nutritionnisme ». Scrinis définit le nutritionnisme comme une idéologie réductionniste qui a dominé, en particulier depuis les années 1960, les sciences de la nutrition, la publicité et, in fine, a beaucoup influencé la manière dont nous percevons les aliments, comment nous les choisissons et ce que nous attendons d’eux. Certains d’entre nous sont ainsi devenus « nutricentriques », c’est-à-dire qu’ils n’envisagent plus les aliments que sous l’angle de leurs caractéristiques nutritionnelles.
Le nutritionnisme pousse à la « polarisation » des aliments en « bons » ou « mauvais », souvent à l’aune d’une caractéristique unique, de manière manichéenne. Typiquement, seront considérés comme mauvais des aliments avec une proportion élevée de lipides, mais d’autres seront catalogués comme bons s’ils contiennent peu de calories ou bien s’ils sont d’origine végétale plutôt que d’origine animale – sans analyse plus poussée. Le nutritionnisme transforme ainsi notre rapport à l’alimentation en nous faisant privilégier sa dimension fonctionnelle (ce à quoi elle sert) par rapport au plaisir – ou déplaisir – que nous éprouvons à manger. Il fait aussi paradoxalement courir le risque d’une alimentation déséquilibrée, parce que nous n’avons jamais qu’une connaissance partielle de nos besoins nutritionnels et que nous péchons par excès de précaution…
Date de mise en ligne : 13/03/2025
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
5,99 €
Acheter ce chapitre
10,00 €